‹ Contribution À L'Étude De L'Emploi Des Métaux Colloïdaux Électriques Isotoniques Stabilisés Dans Le Traitement Des Maladies InfectieusesChapitre 9 sur 46 · ER D ER · texte numérisé non relu

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complètement de ces réactifs. Le seul avantage du procédé est d'obtenir une solution relativement concentrée.

Un second mode de préparation a été imaginé par Bredig (1) en Allemagne (1898). C’est la méthode physique. Elle consiste dans l'emploi de l'arc électrique, qui, jaillissant entre deux lames d’un métal donné plongé dans l’eau distillée pure, amène une pulvérisation extrême, ultra microscopique, du métal et la formation d’un système colloïdal.

Cette méthode n’est guère applicable qu’à la préparation d’un système colloïdal obtenu avec les métaux, autrement dit ne sert guère qu'à la préparation des métaux colloïdaux. Ce procédé donne des solutions d’une pureté absolue ; aussi les colloïdes électriques sont-ils les plus intéressants pour le médecin ; ce sont même, prétend M. Iscovesco (2), que ses nombreux travaux ont montré si compétent en la matière les « seuls intéressants ».

« L'emploi de colloïdes chimiques, dit cet auteur, alors que-l’on a à sa disposition des colloïdes électriques, est analogue à ce qu'on ferait si on donnait à un cardiaque une tasse de café au lieu de caféine. »

Ce sont ces colloïdes électriques qui font l'objet de ce travail. Leur mode de préparation mérite donc une étude bien approfondie, d'autant plus que,, simple en théorie, elle se complique dans la pratique d’une foule de difficultés qu'il y a quelques mois à peine, on est parvenu à surmonter. Un point très important sur lequel

(1) Bredig, Zeitschritft, 7, Electrochimie, t. IV, page 514. — Application de l’arc lumineux électrique.

(2).Iscovesco, communication au Congrès de Médecine de Paris, octobre 1907. k

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il faut bien insister (1) c’est que la même solution métallique, obtenue par méthode chimique ou par le courant électrique, n'a pas nécessairement les mêmes propriétés biologiques.

Disons, tout d’abord, quelques mots de l'état physique sous lequel se présente la solution colloïdale obtenue par la méthode de Bredig ; cela pour mieux préciser les difficultés auxquelles on se bute dans la pratique de la préparation.

Les solutions métalliques sont. toujours colorées, chaque métal ayant sa coloration spéciale.

Examinée au microscope, une solution de Bredig, récemment obtenue, n'offre rien de particulier. Mais, avec l’ultra-microscope, c’est-à-dire, comme l’expose si clairement le professeur A. Robin (2), « avec l'éclairage obtenu par la lumière diffusée au moyen d’un prisme à réflexion totale qui amène, dans la goutte du liquide examiné, le rayon émané d’une source puissante, telle qu’une lampe à arc de petit modèle, on aperçoit, sur champ noir, une quantité de points lumineux. Ces points, à peine perceptibles, représentent la lumière diffusée par les fines particules métalliques en suspension dans le liquide, particules de l’ordre de centième de micron et, souvent, plus fines encore, de sorte qu'on peut les considérer comme se rapprochant des dimensions moléculaires ».

On a, du reste, élégamment comparé l'aspect de la préparation à un ciel étoilé, et, dit le professeur Robin, « cette ressemblance est d'autant plus saisissante, que

G) Foa, Différence entre le Collargol, agent chimique et l'Électrargol, agent physique. (Giornale della R. Ac. di Torino V. XIII.) (2) Albert Robin. — Les Ferments métalliques, Ruff, éditeur, 1907.

chaque grain est animé d’une sorte de scintillement, d'un mouvement vibratoire, d’un mouvement brownien, d’autant plus vif que le grain est plus petit ».

Nous aurons à parler, plus tard, de l'importance de la petitesse des grains, importance mise en relief par les expériences de Victor Henri et M'° Cernovodeanu.

Cette dimension des grains qui concrétise, pour ainsi dire, l’activité d’une solution colloïdale, est éminemment variable. Elle dépend pour chaque métal en particulier de Ia force électro-motrice, de l'intensité du courant électrique, de la longueur des étincelles, de la longueur et de la forme des électrodes métalliques. Des variations très minimes de ces conditions amènent des résultats notablement discordants dans la grosseur des grains et la coloration de la solution.

Aussi la préparation d’une bonne solution métallique colloïdale est-elle, de ce fait même, rendue extrêmement délicate.

Une propriété de ces solutions vient encore augmenter les difficultés de la préparation : nous voulons parler de l'instabilité de ces solutions. Elle consiste en ce fait que les solutions colloïdales sont facilement précipitées par les électrolytes (acides sels ou bases). Les solutions obtenues avec les métaux font partie, en effet, de cette classe de colloïdes vulnérables, de colloïdes instables, par opposition aux colloïdes stables, que sont un très grand nombre de substances constitutives des êtres vivants.

On voit au bout de quelque temps, sous l'influence de traces d’impuretés, les granules ultramicroscopiques de la solution s’agglomérer, tomber au fond du liquide et la solution perd sa couleur primitive : de ce fait le

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métal devient inerte, il a perdu toutes ses propriétés actives. |

Le problème était nettement posé : comment parvenir à conserver indéfiniment, ou tout au moins pendant un temps assez long, et sans rien leur ôter de leur activité, des produits aussi vulnérables ? faute de quoi l'emploi thérapeutique de ces produits devait être rendu impossible.

Netter:(1) qui- fut, en France, le promoteur de l'emploi de l'argent colloïdal chimique, avait renoncé à se servir des solutions électriques à cause de « l’instabïlité fâcheuse que présentaient ces solutions ».

Le problème a été résolu par M. Victor Henri. Une longue série d'expériences a, en effet, démontré que certains colloïdes stables naturels ont la propriété de conférer aux solutions colloïdales de Bredig une véritable « immunité » contre les agents précipitants. On utilise ainsi, cômme le dit le professeur A. Robin, « certains supports.organiques ».

Mais il fallait, dès lors, se demander si la stabilisation n'altérait en rien les vertus de la solution électrique initiale. L

Les avis furent bien partagés. MM. Albert Robin et Bardet (2) ont publié une longue série de critiques coritre cette modification que l’on fait subir à la solution électrique ; pour eux, la solution est ainsi totalement dénaturée. « En “réalité, dit le professeur Robin (3), l'addition d’un stabilisant, qui a pour but de permettre la conservation des solutions métalliques, n’a pour conséquence que de diminuer ou d'éteindre leur activité, » Et

(1) Netter. — Bulletin de l'Académie de Médecine, 1906. (2) Bardet. — Société de biologie, 1907.

(3) A. Robin. — Les Ferments Mélalliques, 1907.

so | plus loin: « l'addition d’un stabilisant agglutine les particules métalliques, comme l’a montré G. Bardet, et ne leur donne qu'une apparence de conservation. Donc, si l’on veut obtenir des résultats satisfaisants, il faut s’en tenir aux solutions de Bredig pures et fraîchement préparées ».

Dans la communication qu'il a faite tout Fécemment au Congrès de Médecine, M. Iscovesco a ainsi apprécié les travaux publiés par MM. A. Robin et Bardet sur l'emploi des solutions pures, non stabilisées, de Bredig :

« Ces recherches ont été discutées tout récemment encore par Ascori et IzARD dans une étude physiologique, parue dans la Biochemische Zeitschrift de Nürnberg, volume 5, page 394. Ils ônt soutenu, appuyés par des expériences faites sur l'homme, que l'emploi des métaux colloïdes électriques non stabilisés est absolument inactif.

« Dans une série de travaux, parus dans le Giornale della R. Accademia di Medicina di Torino 1907, Foa arrive aux mêmes conclusions et considère ces métaux non stabilisés, comme absolument inactifs. Moi-même j'ai montré, dans une série d'expériences, publiées dans une note présentée à la Société de Biologie en juillet de cette année même, que le sérum sanguin précipite instantanément les métaux électriques non stabilisés,’ alors que, au contraire, ces métaux ne précipitent pas du tout ou seulement, au bout de 25 ou 48 heures, lorsqu'ils ont été préalablement stabilisés. Ceci explique donc pour quelles raisons les métaux non stabilisés n’agissent pas.

« Avant Robin, Galeotti et Todde (Le Sperimentale 1902, p. 341) avaient montré que des métaux électriques, préparés suivant la méthode de Bredig, provoquaient chez les animaùx des diminutions de poids etune cachexie grave. »

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