‹ Contribution à l'étude de l'emploi du plasma sec, humain, normalChapitre 19 sur 20 · RES · texte numérisé non relu

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le rapport potassium/calcium, le calcium étant dépresseur et le potassium excitateur du sympathique. Le choc résulterait, d’après lui, de la dépression du tonus sympathique et de l’excitation du nerf pneumogastrique; de bons résultats auraient été obtenus.

La théorie nerveuse est pourtant contredite par des expériences telles que celle de PHEMISTER, basée sur l’excitation électrique des nerfs cardio-aortiques et non suivie de choc (hémodilution, à la place de l’hémoconcentration habituelle).

En l’état actuel de nos connaissances sur la physiopathologie du choc, toute conclusion formelle est donc impossible; on peut seulement affirmer que la notion étiologique est le facteur le plus important des différents chocs et que, dans tous les cas, on retrouve ces caractéristiques essentielles :

1° La diminution du volume sanguin;

2° La chute du débit cardiaque et de la circulation périphérique;

3° L’acidose sanguine;

4° La diminution de la concentration en oxygène des sangs veineux et artériels;

5° L’hémoconcentration;

6° Et enfin un critère essentiel : la curabilité par reconstitution de la masse sanguine, pourvu qu’elle soit effectuée précocement. Cette notion, de beaucoup la plus féconde, permet une réanimation dont les résultats se sont révélés admirables; elle a révolutionné le traitement du choc à ses deux phases. Tous les soins doivent donc être apportés à la correction la plus parfaite et la plus précoce possible de ce trouble essentiel que constitue la chute du volume sanguin. Nous ne saurons jamais exprimer avec assez de force ce que le traitement du choc par les dérivés du sang, jusque dans les postes les plus avancés, représente de nouveau dans sa conception et dans sa réalisation, d’efficace dans ses résultats par rapport aux méthodes employées autrefois.

Pourquoi notre choix s’est-il porté sur le plasma américain ? Et d’abord de quels liquides dispose-t-on pour reconstituer cette masse circulante ?

1° Les solutions artificielles cristalloides : Très nombreuses : sérum physiologique à 8 p. 1.000, glucosé à 5 %, sérums salés ou sucrés, sérum de Binet, Normet, solutions de Ringer, Tyrode, etc.

Elles doivent toutes être proscrites dans le traitement du choc, pour les raisons suivantes :

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— elles ne séjournent pas dans les vaisseaux, donc n’élèvent que temporairement la T. A.;

— en cas de choc hémorragique, elles ne font que diluer les globules rouges;

— en cas de choc non hémorragique, elles diluent les protéines sanguines, abaissent la pression osmotique, donc favorisent l'issue des albumines à travers les membranes capillaires.

2° Le sang total : Ne conserve toutes ses indications que dans le choc post-hémorragique, ce qui porte sa quantité totale employée au tiers de celle du sang blanc. En effet :

— sa conservation est délicate (même en ce qui concerne le sang citraté); $

— sa transfusion est toujours minutieuse;

— elle exige des épreuves de groupage longues, souvent incertaines (facteur Rh, donneurs universels dangereux, agglutines froides, etc...);

— sa masse de globules rouges n’est pas souhaitable dans l'hémoconcentration.

3° Les dérivés du sang (sérum ou plasma) : Se recommandent par :

— leur haute teneur en protéine, pression osmotique élevée qui les fait rester en circulation;

— leur facilité de transport et conservation;

— leur rapidité et simplicité d'administration.

Le sérum, n'étant pas dilué, contient plus d’albumine que le plasma et donnerait un nombre plus élevé de réactions. Mais c’est surtout la préparation réalisée par l’U. S. Army qui pose lPindication du plasma sec humain normal dans les conditions propres au combat :

— conservation excellente jusqu’à cinq années et malgré des variations de température aussi importantes que celles connues au cours de cette guerre sous toutes les latitudes.

— facilité et sécurité dans le domaine de l’asepsie, en ce

qui concerne son emploi dans les formations avancées.

Au Field-Hospital, les indications réciproques des sangs blanc et rouge peuvent ainsi se résumer :

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1° Choc hémorragique :

— hémorragie récente, peu importante : plasma; — saignement continu ou prolongé, perte globulaire importante : sang total + plasma.

2° Choc non hémorragique : sang blanc (plasma) : Dans ces conditions, nous n’avons jamais observé les réactions que tous les manuels de transfusion se plaisent à étudier longuement, en particulier ce syndrome frisson-hyperthermie, dont la pathogénie est si obscure. Comment, d’ailleurs, faire la place du plasma dans la légère élévation thermique qui suit des attritions tissulaires aussi importantes que celles de la guerre de blindés ?

En résumé, l’hémorragique, le blessé grave ne meurt plus sur le terrain ou au poste de secours. Le transport, ce facteur déclanchant si important et si grave du choc, voit ses effets funestes considérablement diminués. Le plasma, administré sur le lieu même de la blessure par le médecin de sous-groupement, permet au chirurgien du platoon de recevoir, non plus un moribond, mais un sujet dont l’état général permettra de merveilleuses réussites chirurgicales.

Voilà ce que nous avions le devoir de faire connaître à nos camarades qui n’ont pas eu l'occasion de profiter de cette terrible expérience que constitue la guerre de blindés.

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