CHAPITRE VII
Séquelles de l’encéphalite épidémique polymorphe chez l'enfant,
Nous nous sommes décidé à ne considérer comme séquelles véritables de l’encéphalite polymorphe que l'épilepsie et les troubles intellectuels consécutifs à cette affection. Ces manifestations pathologiques n'apparaissent qu'assez tardivement après le début de la maladie et ont en général une évolution fatale sans espoir d’amélioration notable. On signale bien, dans quelques observations, une certaine rétrocession des symptômes, mais il n'y à pas eu de cas de guérison absolue, complète, tandis qu'on à constaté des améliorations considérables et même la disparition des symptômes morbides dans la plupart des syndromes que nous avons décrits précédemment. Voyons un peu quelle est l'allure de ces séquelles encé-
phalitiques chez l'enfant.
Epilepsie post-encéphalitique.
L'épilepsie est une séquelle des plus fréquentes de l'encéphalite polymorphe chez les enfants. Elle est signalée dans un très grand nombre d'observations. Elle peut
se traduire soit par de simples absences ou des crises lar-
vées, soit par la grande crise classique, généralisée à tout le corps.
Elle peut survenir tous les jours et se reproduire même plusieurs fois par jour, aboutissant à un véritable état de mal. Elle survient la plupart du temps plusieurs mois après le début de l'affection, souvent un an après la phase aiguë et après une période de régression ou de calme qui faisait croire à une guérison complète. Nous ne tenons compte bien entendu que des crises épileptiques ou épileptiformes survenant chez des enfants qui n'en n'avaient jamais présenté avant leur atteinte d’encéphalite.
Ces crises épileptiques s’accompagnent très souvent de troubles intellectuels et psychiques qui aggravent singulièrement le tableau des séquelles de l’encéphalite.
Parmi nos jeunes malades du service, M... Marcel (Obs.
n° II) a présenté des crises assez bizarres, mais qu'il est difficile d'attribuer à de la véritable épilepsie. Lorsqu'il était fatigué de marcher, l'enfant ressentait une sensation d’étouffement et tombait sans connaissance pendant quelques minutes, mais sans phase tonique, ni elonique, sans morsure de la langue, sans incontinence des urines, ni aucun autre symptôme comitial, Ces crises ont d'ailleurs disparu dès que l'enfant s’est reposé ou n'est sorti qu'accompagné d’une personne qui le soutenait.
Par contre, P... Jeanne (Obs. n° VD a présenté des crises f\Ypiques d’épilepsie qui ont débuté par de simples absences, environ six mois après la phase aiguë de somnolence : ces absences, d’abord espacées, se sont rapprochées dans le temps et se sont transformées en crises très nettes, survenant presque tous les jours, se renouve-
lant même dans la journée, tantôt légères et de courte
durée, tantôt plus fortes et plus longues. Ces crises s'accompagnent de changement de caractère très net avec instabilité, irritabilité.
MM. Denxcuau et BLanc ont cité l'observation d’une fillette de 9 ans chez qui l'affection a débuté par de l'épilepsie généralisée avec émission involontaire d'urines, convulsions toniques, puis cloniques généralisées, morsu-' re de la langue, extension bilatérale des orteils, torpeur consécutive aux crises. Ces crises épileptiques furent remplacées progressivement par des mouvements choréiformes. Issue fatale.
Cette dernière observation nous à paru particulièrement intéressante, car elle nous montre que l'épilepsie peut apparaître dès le début de l’encéphalite, à la phase aiguë et non pas seulement comme une séquelle de l’affection.
C'est cependant plusieurs mois après le commencement de l'encéphalite que l’épilepsie fait de préférence son apparition, mais le mécanisme n'en a pas encore été élucidé.
L'’encéphalite épidémique, à la phase initiale peut s’accompagner d'un certain état méningé qui peut se traduire par de la raideur, du Kernig, des vomissements, de la photophobie et la lymphocytose du liquide céphalorachidien. Il s'agirait ainsi d’une méningo-encéphalomyélite. Est-ce cette irritation méningée qui, passant à l'état chronique. ou laissant après elle des lésions persistantes, organisées, une épine irritative, serait le point de départ des crises épileptiques P |
Ou bien est-il préférable d'envisager l'hypothèse de gène circulatoire par rétrécissement du calibre des vaisseaux provoquant une ischémie plus où moins intense