‹ Contribution à l'étude de l'Encéphalite épidémique polymorphe: Chez l'enfantChapitre 5 sur 32 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

Il y a très peu de temps que l'on a différencié définitivement l'encéphalite épidémique polymorphe, chez les enfants, de l’encéphalite aiguë non suppurée de l'enfance.

Les deux affections ayant été très longtemps confondues, force nous est de décrire simultanément leur histoire jusqu’au début de l'épidémie de ces dernières années. Depuis ‘une cinquantaine d'années, en effet, maintes affections protéiformes s'accompagnant de paralysies oculaires, de somnolence ont été observées et décrites sous des appellations différentes. Elles semblent n'être en réalité que des cas sporadiques isolés d’encéphalite épidémique. :

I à fallu la grande épidémie de 1916-17 et années suivantes pour qu'on pût synthétiser les données déjà acquises et se faire une idée plus exacte de la symptomaiclogie de cette terrible affection.

Nous ne parlerons que pour mémoire de la « Maladie du sommeil » de TusinGue, qui sévit de 170g à 1711, de

la « Chorée électrique » de Duginr (1846-1848), qui est en réalité une forme myoclonique de l’encéphalite, à pronostic très sombre, et de la « Nona » qui exerça ses ravages en Italie en 1889-1890.

Dès l’année 1868, Hayem, sur le terrain de l’anatomie pathologique, avait posé la question de l’encéphalite et, à partir de 1880, WERNICKE el STRUMPEL apprennent à reconnaître les polio-encéphalites supérieures et finférieures qui, par leurs symptômes ophtalmoplégiques et la somnolence, se rapprochent de l’encéphalite léthargique actuelle. Plusieurs cas sont rapportés par STRUMPEL sous le nom de « polioencéphalite aiguë des enfants ». En 1898, RouvirLois, dans sa thèse sur le Syndrome de Parkinson chez les jeunes sujets, cite une observation concernant une enfant de 9 ans et demi (observation XIV, page 62) qui paraît tout à fait typique comme syndrome parkKinsoniert post-encéphalitique et dans laquelle il signale déjà le signe de la roue dentée de SouqQuEs, symptôme qu'il attribue à « une raideur intermittente qui donne une yraie sensation de crémail- 1ère)

Avant l’article de ComBy sur l’encéphalite aiguë des enfants dans son traité des Maladies de l'enfance, en 1906, et les mémoïres publiés par lui dans le Bulletin, médical et dans les Archives de médecine des enfants, plusieurs observations d’encéphalite chez les enfants avaient été publiées à l'étranger par PRIGKETT, BATTEN, Coxcerri, Weyz et d’autres auteurs entre 1900 et 1906.

En France, c’est à Ravmonp et à ses élèves PniciPre, CESTAN, CHARTIER que nous devons les travaux les plus

remarquables sur lencéphalite aiguë et sur les séquelles

tardives, chez l'adulte, de l’encéphalite aiguë du jeune âge.

CoMBy, à son tour, recueillit à cette époque plus de vingt observations d’encéphalite aiguë chez les enfants. Sur ces vingt cas, huit observations où la somnolence est mentionnée peuvent se rapporter à l'encéphalite léthargique et présentent, en outre, cet intérèt perticulier de montrer, chez cinq de ces enfants, la persistance d’un déficit mental. Gorpow, en 1913, à rapporté quatre cas d’une « maladie fatale des enfants », associée à une parotidite interstitielle et caractéris'e cliniquement par la fixité des yeux, la dilatation des pupilles, la rigidité musculaire, les convulsions et, chez trois, une somnolence très marquée : On pourrait avec assez de vraisemblance, rattacher ces faits à l'encéphalite polymorphe. Guixox et Trisouzer publièrent aussi, en France, de belles observations d’encéphalite aiguë infantile, ainsi que PÉHU et GARDÈRE, en 1915.

Après ces Cas sporadiques de plus en plus nombreux, nous arrivons aux Cas d’encéphalite dite léthargique signalés à Vienne par von Economo en 1916-1917, en Angleterre et en France par CRuCHET d’abord, puis NeTTER et ensuite une foule de médecins européens et américains.

Disons tout de suite, quoiqu'il ne s'agisse pas de cas infantiles que, dès les années 1915 et 1916, Crücuer, de Bordeaux, étudie un grand nombre de cas étiquelés « encéphalomyélite », cas correspondant aux premières manifestations de l'épidémie encéphalitique en France.

Dans notre pays, c’est Nerrer qui a eu le grand mérite de mieux faire connaître l’encéphalite aiguë dans le

monde médical.

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Les observations se multiplient alors de telle façon que l’encéphalite épidémique, avec toutes ses modalités et ses séquelles, apparaît comme un véritable protée.

Depuis ces trois dernières années, les observations et les communications les plus intéressantes et les plus diverses n’ont fait qu'affluer au sein de toutes les sociétés médicales, en France et à l'étranger. I suffit d’ouvrir n'importe quelle revue médicale ou de consulter la bibliographie de tout ouvrage ayant trait à l’encéphalite pour s'en convaincre.

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