‹ Contribution à l'étude de l'Encéphalite épidémique polymorphe: Chez l'enfantChapitre 6 sur 32 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Distinction entre l’encéphalite épidémique polymorphe chez l'enfant et les encéphalites aiguës non suppurées de l'enfance.

Spécificité de l’encéphalite épidémique.

MM. Comsy, Guinox et d’autres auteurs considèrent que l’encéphalite épidémique à forme léthargique et les autres formes de la dite encéphalite ne sont que des manifestations nouvelles ou seulement des formes mieux observées depuis quelques années de l’encéphalite aiguë non suppurée des enfants.

Ils font rentrer toutes ces encéphalites dans le grand ensemble des encéphalopathies aiguës infantiles.

Nous reconnaissons qu'il y a des ressemblances évidentes entre ces diverses affections, d’abord à la période de début, à la phase aiguë de la maladie, au moment où celle-ci s’installe brutalement, mais surtout à la période des séquelles plus ou moïns éloignées.

Ces analogies s'expliquent par ce fait que, au point de vue anatomo-pathologique, ce sont les mêmes régions de l’encéphale qui sont presque toujours atteintes dans cette catégorie d'affections : cependant, la nature des

lésions n’est pas la même.

La majorité des auteurs tend de plus en plus à considérer comme tout à fait distinctes l’une de l’autre l'encéphalite aiguë non suppurée et l'encéphalite épidémique polymorphe.

Des controverses remarquables et intéressantes ont été livrées à ce sujet dans plusieurs sociétés médicales entre les partisans de l'unicité des encéphalites et les tenants de la spécificité de l’encéphalite épidémique. Notre rôle n'est pas de les reproduire ici.

Qu'il nous soit permis d'insister seulenient sur la localisation très spéciale el la nature très originale des lésions de l’encéphalite polymorphe, se cantonnant plus particulièrement sur le locus niger de Sæmmering, Îes noyaux gris de la base du cerveau, la substance grise juxta-épendymaire et les noyaux des muscles moteurs de l'œil.

En dehors de nombreux cas de contagion manifeste d'encéphalite dite épidémique, de nombreux travaux ont prouvé qu'il existait vraiment un virus spécifique de la dite encéphalite. Cette affection a pu être transmise par inoculation, et le virus paraît bien en être constant, semblable à lui-même dans ses effets, tandis qu'on n'a jamais rien observé de semblable pour les encéphalites aiguës non suppurées dont les causes sont excessivement variées (maladies infectieuses de toute sorte : rougeole, scarlatine, grippe, oreillons, infections diverses du tube digestif et même inoculations intra-utérines).

Même au point de vue clinique, il est certain qu'il existe des différences dans la symptomatologie des deux affections ; ces différences peuvent n'être que des nuances, mais n’en persistent pas moins, Elles prennent surtout une netteté singulière dans certaines modalités de

l'évolution ultérieure des deux maladies. Il est évident que le syndrome parkinsonien encéphalitique est bien pathognomonique de l'encéphalite épidémique ; nous en dirons autant des myoclones rythmiques, de la sialorrhée, de l’insomnie nocturne avec agitation qui n'avaient jamais été signalées auparavant. Pour notre part, avec la majorité des auteurs, nous considérons l’encéphalite dite épidémique comme une affection bien à part, spécifique et c'est d'elle seule et de ses manifestations chez l'enfant que nous nous occuperons dans ce travail.

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