LA FORME COMMUNE DE L'ACTINOMYCOSE CARDIAQUE
Comme nous l'avons rappelé dans l'introduction, la forme commune de l’actinomycose cardiaque, connue depuis longtemps, se caractérise avant tout par des lésions du péricarde et du myocarde.
A. — ETIOLOGIE
La fréquence des lésions cardiaques serait assez grande au cours de l’actinomycose. La plupart des statistiques antérieures à 1930 mentionnent l’existence d’une atteinte du cœur dans un tiers des cas d’actinomycose.
C’est une affection beaucoup plus fréquente chez l’homme que chez la femme, qui survient surtout à l’âge moyen de la vie, on connaît cependant quelques cas chez des enfants.
B. — PATHOGENIE
La forme de l’actinomycose dont nous nous occupons dans le présent paragraphe est toujours secondaire à des lésions d’actinomycose existant dans d’au-. tres organes. Le processus peut atteindre le cœur par deux voies, à savoir la voie sanguine ou la contiguité,
MAÉTAT SE
extension d’un processus actinomycosique d’un organe voisin.
a) L’actinomycose cardiaque hématogène survient en l’absence de lésions d’actinomycose du poumon ou du médiastin. Dans ces conditions, l’hypothèse d’une propagation de l’agent par voie sanguine semble obligatoire, puisque tous les auteurs s'accordent pour nier une propagation par voie lymphatique, en se basant sur le caractère tout à fait exceptionnel des adénopathies et des lymphangites actinomycosiques.
Le mode de pénétration du parasite dans le sang peut se faire de diverses manières. Dans certains cas, il y a lieu d'admettre l’effraction directe à travers la paroi d’une veine. Les observations de PONFICK, de LUNING et HANAU, de ABÉE mentionnent des thromboses actinomycosiques des veines jugulaire, sus-hépatique et cave inférieure.
D'une manière générale, la pénétration se ferait de préférence au niveau des vaisseaux de petit et moyen calibre. BENDA décrit en détail des lésions capillaires et veineuses, avec endophlébite thrombosante. LETULLE et HUFNAGEL mentionnent également des endartérites et des endophlébites des vaisseaux de petit et moyen calibre.
b) L’actinomycose cardiaque par contiguïté est due à la propagation de lésions plus ou moins avancées d'organes voisins, tels que le poumon, la plèvre, le médiastin ou l’œsophage. Il va de soi que l'intensité respective des lésions peut être très variable suivant les cas. La continuité des lésions est souvent assurée par des adhérences importantes, qui fixent la base du cœur à la plèvre. Il arrive que les lésions originelles soient déjà cicatrisées au moment où celles du cœur sont en pleine évolution. Le cas de LETULLE et HUF- NAGEL en est un exemple.
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