CHAPITRE PREMIER
LES ENDOCARDITES MELITOCOCCIQUES SECONDAIRES
Ces formes correspondent à des localisations ultérieures du mélitocoque sur des lésions endocardiques préexistantes. Toutes le: observations rapportées sont celles de malades porteurs d’une sténose ou d’une insuffisance valvulaire ancienne ou bien qui présentaient dans leurs antécédents une maladie de BouiLLAUD authentique. Tels sont les cas signalés par HuGues en 1897, ou celui de Scorr et SAPHIR en 1928 et ceux qui font l’objet de la plupart des observations présentées depuis eette date.
GaTÉ et RavauLr relatent une observation d’endocardite aigué rapidement mortelle chez un homme de 38 ans. Le malade est examiné une première fois le 18 février 1928. On constate des signes nets d’endocardite aortique d’origine indéterminée.
Au milieu du mois de septembre 1928, le malade cst atteint d’une infection qui présente les caractères cliniques de la fièvre de Malte. A noter qu’il a consommé une quartité considérable de lait et de fromage de chèvre. Après un séro-diagnostic négatif, une hémoculture donne lieu au dé-
veloppement d'un micrococcus mélitensis.
Quelques jours plus tard, se manifeste une endocardite infectieuse aiguë à forme septicémique et cardioplégique. La rate est hypertrophiée, une éruption purpurique très nette apparait sur l'abdomen et sur la racine des membres. Rapidement une asystolie irréductible s’installe avec tout son cortège de signes périphériques.
Le 12 octobre le malade succombe au milieu des symptômes de la grande urémie. ;
Inéficacité de toutes les thérapeutiques mises en œuvre, (stock vaccin, autohémothérapie, tonicardiaques).
Dans l’observation de PuEcx, P. RiMBAUD, GUIBERT et RAVOIRE, il s’agit également d’une forme polyviscérale à marche et terminaison rapides .
En voici le résumé:
Cultivateur âgé de 25 ans,’ habitant la Lozère, entre à l'hôpital le 17 octobre 1932. Il présentait depuis le début du mois d’août des douleurs dans les jambes, des douleurs lom-
baires, et de l’asthénie. Cependant le malade peut continuer son travail en ne s’alite que huit jours avañt son hospitalisation.
On note dans ses antécédents, il y a trois ans environ, une infection aiguë d'apparence benigne, qualifiée par le médecin traitant de <rhumatisme articulaire aigu ». On constate sur la face externe des membres inférieurs, de nombreuses taches purpuriques de type pétéchies. Le cœur est volumineux, la pointe bat dans le septième espace intercostal. On entend un double soufle aortique et un souffle mitral.
Râles ronflants et sibilants aux deux sommets des poumons. Quelques frottements pleuraux au sommet droit et à la base gauche.
Le foie et la rate sont augmentés de volume.
Comme le malade a consommé:en juillet et août du fro-
Sr
mage de chêvre, on pense à la possibilité d’une mélitococcie,
Un séro-diagnostic est positif jusqu’à 1/320°.
L’ensemencement sanguin donne une culture de mélitensis.
Le Bordet-Wasserman est légèrement positif dans le sang.
Vers le 20 octobre apparaissent des complications rénales graves. Elles se traduisent par des œdèmes importants, par de loligurie, des hématuries; par une albuminerie qui morte à 0 gr. 20 le 25 octobre et une azotémie à 1 gr. 70 le Îer novembre.
Un traitement arsénical est institué avec une extrême pru: dence en même temps qu’on donne au malade des extraits hépatiques. Il est vite interrompu devant laggravation constante de la maladie.
Le malade de plus en plus prostré et asthénique tombe dans le coma le 7 novembre et meurt le lendemain.
À l’autopsie on trouve un foie volumineux (2 kg. 680) avec de nombreux petits foyers congestifs. La rate est énorme (1 kg. 250). Les reins sont gros et congestionnés. Ils présentent de nombreux foyers hémorragiques.
Le cœur est très hypertrophié, surtout dans le ventricuie gauche (poids 650 gr.). Péricardite sèche discrète.
A l’ouverture les ventricules sont légèrement dilatés. Les valvules aortiques et mitrales sont perforées et sont le siège de végétations extrêmemen nombreuses et de consistance assez dure. Ces végétations sont constituées par un exsudat hémo-fibrino-leucocytaire très dense, avec des territoires en nécrobiose. L’endocarde est pâle, épaissi sur la grande
valve de ia mitrale.
Chez un malade de GOUNELLE et WARTER, une endocardite apparaît au cours d'une ffièvre de Malte qui montrait une évolution particulièrement sévère. L’affection débute au