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AVANT-PROPOS

Comment traiter de l'infection brucellienne sans évoquer la mémoire du docteur CANTALOUBE, ce praticien de haute classe, qui sut, à l’aide des seules ressources de l'observation clinique, identifier les premiers cas de mélitococcie en France et donner, de cette septicémie polymorphe, une des premières descriptions fidèle et complète? Grâce à lui, ses confrères des campagnes, dont il partagea longtemps la mé: ritoire existence, purent contribuer au progrès de la connaissance de cette maladie essentiellement rurale.

Malgré tout, ces progrès devaient être forcément limités, l'observation clinique se trouvant désarmée devant de nombreux cas sporadiques et endémiques de la Fièvre de Malte, parce qu'impuissante à fournir la précision du diagnostic étiologique. |

La Biologie et la Bactériologie devaient ‘donc nécessairement apporter l'appui de leurs lumières et de leurs disciplines à ces cliniciens dont la remarquable faculté d’observation s’exerçait le plus souvent loin de tout secours scientifique. Ainsi devait s'établir dans ce domaine, la collaboration étroite du clinicien et du savant de laboratoire.

C’est à Montpellier qu’elle fut réalisée par la création du « Centre de recherches sur la Fièvre Ondulante », que dirige depuis 1930, un des maîtres incontestés de la microbiologie française, Monsieur le professeur LiSBONNE. Fondateur et chef du Centre de Recherches de l’Institut Bouisson-Bertrand

de Montpellier, le professeur LisBONNE n'a pas eru devoir limiter son activité scientifique et celle de ses collaborateurs, aux recherches de bactériologie pure sur l'identification des brucella et au perfectionnement des trois grandes méthodes d’invistigation biologique qui représentent à l’heure actuelle le plus précieux procédé de diagnostic de la brucellose humaine.

Au cours de son travail de prospection de la mélitococcie à travers la France, dans ses enquêtes sur place, il a voulu associer à l’œuvre du Centre de Recherches, les médecins des villages et des villes secondaires où sévit le plus volontiers l’endémie. Et il y a réussi. Par la communication de leurs observetions et des faits exceptionnels qu’ils sont à même de découvrir au cours de leur pratique journalière, ces praticiens fournissent au Centre un matériel varié de recherches et de précieux éléments d’information. De son côté le Centre de Recherches met à leur disposition ses moyens scientifiques puissants de travail et de contrôle, tout comme l’enseignement dévoué de ses Maîtres.

Les résultats obtenus ont largement justifié les espoirs fondés sur cette collaboration. En effet, la mélitococcie, mal connue, il y a peu d’années encore, confondue avec les infections septicémiques cryptogéniques, souvent ignorée des médecins, même dans les régions où sévissait depuis longtemps l’endémie brucellienne, est aujourd’hui systématiquement recherchée. De plus, la preuve est faite désormais de la précision toujours plus grande que les praticiens apportent au dépistage et au diagnostic clinique des brucelloses par les envois quotidiens qu’ils font, de tous les points de France, au Centre de Recherches, des échantillons de sang prélevés par eux, ainsi que la proportion considérable des cas d’hémoculture positive.

On nous permettra de souligner que ces succès sont fonclion des connaissances plus précises du mode d'extension

des brucelloses et de la diversité des aspects cliniques d’une maladie en perpétuelle évolution. Connaissances auxquelles l'enseignement de l'Ecole de Montpellier a apporté une immense contribution. Du «Centre de iecherches sur la Fièvre Ondulante » et de la Faculté de Médecine de Montpellier a Jailli en effet une source éminemment féconde de travaux dont on mesurera l’ampleur, en se reportant aux remarquables études sur les Brucelloses parues dans l'Encyclopédie médico-chirurgicale du mois de juin 1931, sous les signatures des professeurs LISBONNE et JANBON et aux nombreuses monographies où se trouve condensée la substance de l’enseignement sur cet important sujet, de nos maîtres montpelliérains, les professeurs RiM£LBAUD, LAMARQUE, CARRÈRE, Via et leurs collaborateurs. Cet ensemble constitue un chapitre entièrement nouveau de la pathologie française et contribue puissamment à enrichir notre patrimoine scientifique.

Mais ce n’est pas seulement la science pure qui doit bénéficier de l'effort concerté du médecin praticien, du savant de laboratoire, des services d'hygiène et vétérinaires, tel que l’a voulu et réalisé le professeur LISBONNE au sein du « Centre de Recherches sur la Fièvre Ondulante » pour lutter contre l'extension des Brucelloses.

Dans un avenir que nous espérons prochain, la reconstitution de notre cheptel détruit sera en bonne voie, tandis que de nombreux Français reprendront enfin le chemin du retour à la terre.

C’est à cette heure, qu’apparaîtra nécessaire une sévère

prophylaxie de cette maladie, qui, atteignant hommes et

bêtes, peut devenir rapidement un véritable fléau national.

C’est alors qu’on se rendra mieux compte de importance primordiale du « Centre de Recherches » et qu'on appréciera plus justement les services médicaux et sociaux qu’il est appellé à rendre par le dépistage précoce et sûr de la Brucellose humaine et animale.

CONTRIBUTION A L’'ETUDE DE L’ENDOCARDITE BRUCELLIENNE DT AIT ee re home naine

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