INTRODUCTION
Les auteurs qui eurent le mérite d'identifier en France les premiers cas autochtones de fièvre de Malte nous donnérent de ses diverses manifestations cliniques une description si exacte et si complète qu’elle pouvait paraître définitivement fixée. Maïs les maladies changent de type avec le temps. Ch. NicoLLE nous à appris que « les maladies infectieuses évoluent, qu’il y a tendance chez beaucoup à perdre leur caractère de maladie générale pour donner lieu à des localisations sur certains organes ». La fièvre ondulante illustre mieux que toute autre affection cette remarque du grand biologiste. Nous assistons depuis quelques années à des modifications singulièrement-impressionnantes de son contexte clinique. On sait aujourd’hui que la septicémie mélitococcique à type de fièvre ondulante est loin de représenter chez l’homme l’unique manifestation de l'infection brucellienne. Le tableau clinique d’une septicémie tenace, essentiellement polymorphe réalisant la symptomatologie d’un état infectieux grave, tel que nous le trouvons dans les premières descriptions, ne répond plus aux cas les plus fréquemment : observés. Au contraire, les déterminations viscérales figu- - rant, à titre accessore, dans la liste des symptômes anor- “maux; symptômes locaux ou associés de CANTALOURE, SyYMP-
tômes secondaires du Professeur RoGER, représentent le phé-
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nomène essentiel de l'infection mélitococcique. Parfois, ces déterminations apparaissent isolées, constituent l'unique manifestation clinique de la mélitococcie. Quelques unes, dotées d’une autonomie clinique indiscutable, ont été successivement identifiées et ont pris place dans le cadre des formes viscérales de la mélitococcie; telles les formes nerveuses et méningées, les formes hépatiques individualisées et très complètement décrites par les Professeurs H. ROGER, RIMBAUD, JANBON, LAMARQUE. |
« Les manifestations circulatoires, écrivait M. le Professeur RIMBAUD, ne méritent pas encore d’être classées parmi les formes viscérales de la mélitococcie. Elles se détacheront peut-être un jour aussi nettement que les formes nerveuses ou les formes hépatiques ». depuis qu’ont paru ces lignes, un certain nombre de cas indiscutables d’endocardites mélitococciques ont été publiés. Nous possédons à leur sujet des notions suffisamment précises pour estimer que la cardio-mélitococcie est appelée à prendre place aux cotés des autres déterminations viscérales de la fièvre de Malte.
L'existence de l’endocardite mélitococcique paraitrait bien incertaine si l’on s’en tenait exclusivement à la brièveté de sa mention dans les diverses classifications. Elle ne figure pas dans les traités classiques. En 1910, CANTALOUBE observe que la fièvre de Malte «n'aime guère le cœur ». A la même époque LAGRIFFOUL, ROGER et SARRADON reconnaissent « les souffles anémiques fréquents, l’endocardite exceptionnelle ». En 1923, NaTrAN-LARRIER indique comme signe de diagnostic différentiel du rhumatisme d’avec la fièvre de Malte « l'absence des déterminations péricardoendocarditiques » chez cette dernière. Cependant HuGuEs en 1897 en avait signalé trois cas, mais en 1903 Havyar la met en doute; et tandis qu’en 1910 nous avons une observation de SARRADON, en 1929 une de Clarence de la CHAPELLE