PATHOGÉNIE
On décrit des endocardites infectieuses primitives, mais il n’est pas prouvé qu'elles soient dues à un microorganisme capable de traverser sans lésion préa- -lable les épithéliums, intestinal ou pulmonaire par exemple ; le plus souvent on pourrait trouver à leur origine des suppurations anciennes, telles que les suppurations uréthrale où salpyngienne. La porte d'entrée à l'agent infectant est parfois si peu importante qu'elle n’attire pas notre attention. D'ailleurs, dans la plupart des cas, il est impossible de douter de l’origine secondaire des lésions endocarditiques. Ce sont ces cardiopathies secondaires que nous étudions.
Il n’y a pas une endocardite infectieuse, comme on Pa cru trop longtemps en faisant de cette maladie une entité morbide. 11 y a des endocardites infectieuses ; elles sont multiples et Hanot a dit que «l’étiologie clinique doit céder le pas à l’étiologie bactériologique ».
Ce sont, plutôt que le microbe de la maladie primitive, les agents d'infections surajoutées qui donnent aux lésions de l’endocarde leur caractère de gravité. EL cés infections sont d'autant plus malignes qu'elles se déve-
loppent sur un sujet plus jeune, débilité, moins capable de défense et de lutte. Nous ne saurions trop, dans l'étude que nous faisons, insister sur ce fait. À l'énergie d'assaut de l'agent bactérien, il faut ajouter la faiblesse de l'organisme atteint. Il y à une réceptivité morbide, et c'est ce qui fit dire à un grand praticien cette paroke qui semble paradoxale: « Si l’on se portait bien, on n'aurait à redouter aucune maladie infectieuse.» :
D'une façon générale, les endocardites infectieuses dues à l’action pathogène de la maladie causale sont aiguës mais relativement bénignes. Au contraire, quand elles proviennent d’une infection surajoutée, elles revétent le caractère le plus malin ; on les a décrites sous le nom d’endôcardites ulcéro-végétantes ou infectantes, ou encore toxiques.
Le rhumatisme articulaire aigu a été considéré la plupart du temps comme incapable de donner naissance à ces infections cardiaques malignes. L’endocardite rhumatismale devait tendre fatalement à la régression, à la chronicité et, quand une endocardite infectieuse survenait à la suite d’un rhumatisme, on l'attribuait à une infection surajoutée. Combien d’endocardites infectieuses rhumatismales n'ont pas ainsi été décrites dans leur vrai sens clinique.
Nous avons pu conslaler, d'après le cas que nous relatons, que l’endocardite, même sans grosses végélalions, méme sans ulcérations, peut étre, malgré tout, une endocardile infectante el Ér d'origine rhumatismale.
Quant à la pénétration de l’agent pathogène jusqu’à la paroi interne du cœur, le mécanisme paraît très simple. Par suite d’une maladie infectieuse généralisée, ou
la faveur d’une érosion muqueuse ou cutanée, à la
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