EVOLUTION ET. PRONOSTIC
Par son évolubion, par son pronostic sévère dès le début, l'endocardite dont la description a été faile au début de notre ouvrage s’est classée d'elle-même dans les endocardites infectieuses.
Ici encore il ne peut s'agir de ces endocardites graves à forme typhoïde ou pyohémique qui aboutissent à la mort en deux ou trois semaines, parfois quelques jours, mort relativement lente par septicémie, mort rapide ou même foudroyante par embolies ou oblitérations valvulaires, les formes typhoïdes étant un tant soit peu moins violentes el se terminant par le collapsus cardiaque.
Mais l’endocardite infectieuse subaiguë comporte elle aussi un pronostic fatal et, si certains auteurs ont publié quelques cas de guérison, l'absence de contrôle anatomique permet de douter de ces guérisons. Comment admettre ces formes atténuées, présentant le minimum de symptômes infectieux et susceptibles sinon de guérir, du moins d’aboutir à des lésions chroniques ? Cela parait irrationnel.
Les formes subaiguës d’endocardite infectieuse ont ordinairement une marche lente et trainante ; rarement
LHPRQURE la mort survient par asystolie ou insuffisance cardiaque. Mais, quand le malade n’est pas enlevé par suite d’accidents mécaniques on asphyxiques, il succombe dans Île marasme, parfois deux mois, parfois six mois après l'apparition de la maladie. On a même vu des cas évoluant en une année.
L'endocardite aiguë simple rhumatismale, si l’on en exceple les faits exceptionnels d’endocardite embolique et maligne, a toujours un pronostic plus ou moins bénin. Dans linflammation simple, quand # n’y a pas eu de souffles cardiaques, l’évolution se fait vers la «resttutio ad\integrum ». Quand les souffles ont fait leur apparition, ont persisté pendant plusieurs mois, ce retour'à l’état normal est peu fréquent, quoiqu'on l'ait observé après un ou même deux ans de traitement. Le
plus souvent, les lésions tendent à la chronicité et, si
elles sont très accentuées, le malade est soumis au lent supplice de la cardiopathie valvulaire constituée. Toujours plus grave chez les enfants en raison de la fréquence de la péricardite concomitante, l'infection cardiaque rhumatismale peut acquérir une grande intensité et, dans ce cas, l’orilice aortique est plus profondément et plus souvent atteint que l’orifice mitral, mais il est très rare que celle endocardite devienne septique et prenne le caractère de malignilé que nous avons observé.