TRAITEMENT
Dans le traitement des endocardites, il faut que la thérapeutique se base sur des données précises et s’inspire de la pathogénie et de la physiologie pathologique de la maladie. L'état du malade, l’action des remèdes fourniront aussi de précieuses rene
Si nous sommes à peu près désarmés contre l'endocardite maligne, nous avons de précieux agents contre l’endocardite rhumatismale. Bouillaud employait la saignée, « les émissions sanguines enlevant, disait-il, au cœur une partie de son stimulus naturel et de l’alimentation indispensable à sa nutrition ». Aujourd'hui, quand on la pratique, c’est sur des indications thérapeutiques très nettes, quand il faut diminuer les obstacles à la circulation sanguine, dans les dilatations aiguës du cœur, la congestion pulmonaire. La révulsion précordiale (ventouses scarifiées, pointes de feu, application de glace) n'est admise par [Huchard que dans son action sur la péricardite. Gallavardin lui reconnaît une certaine action ; il préconise aussj l’opium, la belladone, l’aconit, la valériane, pour calmer l’éréthisme cardiaque. |
Il faut dans l’endocardite rhumatismale peu de médi-
caments, mais des médicaments justes. Au point de vue prophylactique, le salicylate de soude est le remède souverain, unique. Associé à la digitale et aux iodures alcalins, il constitue le seul traitement rationnel. Il doit être administré à haute dose, dès le début du rhumatisme, et surtout chez les enfants. Il faut que le traitement soit intensif et prolongé jusqu’à huit et quinze jours après la disparition des douleurs. Son action est d'autant plus intense qu'il est administré plus précocement. Mais, par contre, il n’a d'action curative que dans la première phase de la cardiopathie, période silencieuse, sans signes stéthoscopiques. /
La digitale, à doses sédatives, petites, faibles mais continuées pendant plusieurs jours, est excellente pour calmer l’éréthisme cardiaque. Pour éviter l'intolérance, on peut de temps à autre lui substituer le convallaria, le strophantus, la spartéine, insuffisants d’une façon habituelle.
L'iodure de potassium, par son action hypotensive, est également un médicament précieux. Administré à la dose de trente centigrammes à un gramme par jour, il a une certaine aclion sur les exsudats inflammatoires. Plus actif que l’iodure de sodium qu’on peut cependant employer en raison de son action moins nocive sur la fibre .cardiaque, il doit être prescrit pendant longtemps et l’on a vu, sous son influence, des endocardites rhumatismales régresser après deux ans de traitement.
Les eaux minérales doivent être conseillées. Les unes, comme Aix-les-Bains, Néris, agissent par leur thermalité ; les autres, comme Royat, Saint-Nectaire, par leur action sédative au moyen des bains carbo-gazeux. Bourbon-Lancy nous paraît cependant la station de choix par la thermalité de ses eaux et leur composition chimique ;
Ge sous leur influence, les troubles d’innervation cardiaque disparaissent, le myocarde se fortifie et l'état général s'améliore. Les anémiques, à l’essoufflement facile, tirent de cette cure de merveilleux résultats.
L'hygiène est aussi un des grands facteurs du traitement. Le malade doit observer le repos, être soumis à une alimentation légère, s'abstenir de viande ; il faut qu'il se soumette au régime du lait, des potages maigres el de quelques légumes. Des laxatifs fréquents assurent la liberté de l'intestin ; le sujet atteint d'endocardite doit être ménagé par son entourage qui lui évitera, pour le repos du cœur, toute cause d’excitation morale ou physique.
Dans les endocardites infectieuses, il est difficile de fixer une thérapeutique unique en raison des origines différentes et de l'association fréquente des agents microbiens. Le traitement idéal, efficace, serait dans la sérothérapie ou même dans la leucothérapie. Cette médication a encore bien des progrès à faire, mais quelques guérisons obtenues avec les sérums antistreptococcique et antistaphylococcique permettent les plus grands espoirs.
Nous ne devons pas cependant renoncer à traiter et à soulager le malade. L'efficacité du sublimé, du salieylate, de l’antipyrine est douteuse. La quinine associée au benzoate de soude n'est qu'un traitement palliatif. La digitale modère peu l'excitation cardiaque ; il faut néanmoins l’associer aux diurétiques tels que la théobromine et qui favorisent l'élimination des toxines. Contre l’anémie, l’arsenice, le quinquina peuvent être essayés.
Les bains chauds, la valériane, le bromure de potassium paraissent avoir quelque influence sur l’éréthisme cardiaque. L'alcool, par son action sur le cœur, doit être
proscrit sévèrement. La phénacétine peut calmer l’insomnie, mais les antithermiques, quoi qu’en dise Gallavardin, n’ont aucune action sur la fièvre.’
Toute action paraît done devoir se borner au traitement prophylactique. Le médecin devra bien se garder d'ouvrir la porte à la pénétration des microbes. Il faut donc réaliser autant que possible l’asepsie des plaies, des ulcérations ; il faut lutter contre les suppurations anciennes. Et, malgré tout, cette prophylaxie est souvent illusoire, étant donné les causes multiples et souvént cachées des endocardites infectieuses.
Le traitement des différentes endocardiles élant bien établi, il nous suffira de nous reporter à notre observalion pour constater chez notre malade l'échec de loute médication, la marche toujours continue de l'affection, les symplômes loujours plus accusés de la maladie en dépit de la thérapeutique, l’anémie progressive. Et encore ici nous pourrons dire : Endocardile infectieuse.
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