OBSERVATION
(Hôpital Laënnec. — Service de M. CLAISSE.)
âgé de 30 ans, menuisier, entre à l'hôpital le 26 novembre 1920 pour essoufflements et palpitations. Rien de particulier dans ses antécédents héréditaires et collatéraux. Comme antécédents personnels, il accuse seulement en 1907 une crise légère de rhumatisme arti-
- cülaire pour laquelle il n'aurait même pas été obligé de s'aliter.
Le début de la maladie remonte à un mois et demi avant son entrée à l'hôpital. Le malade s'aperçoit d’un ædème malléolaire apparaissant le soir et disparaissant entièrement par le repos de la nuit. Cet ædème s’accompagne de douleurs dans tout le membre inférieur, non localisées aux articulations, ne gênant pas leurs mouvements et disparaissant également par le repos. En
CH même temps l'appétit du malade diminue; son entou-
rage s'aperçoit qu'il pâlit, lui-même se sent très faligué, mais peut néanmoins continuer son travail. Il va
consulter un médecin qui lui conseillé simplement le #2
repos. Dans la suite, apparaît “un peu de dyspnée d'effort qui augmente progressivément au point de le gêner beaucoup dans son fravail. NW ve
Le 25 novembre, dans le courant de la journée, le malade éprouve une certaine difficulté à remuer les membres. Le soir, il se sent très fatigué et souffre davanage des jambes; l'œdème malléolaire est beaucoup plus marqué que d'habitude. Le léndemain matin, la douleur persiste dans les jambes et envahit les membres supérieurs où elle se localise aux articulations : ce sont des douleurs fugaces qui envahissent RE Ur
toutes les articulations du bras, restant localisées trois -
ou quatre heures à chacune d'elles. AE malade entre alors à l'hôpital.
À l'examen à l'entrée, on constate que le ne s un peu cyanosé. La température est à 39°5. Les appa-
reils digestif, nerveux ne présentent rien d’anormal. Les articulations des membres inférieurs et supérieurs sont
douloureuses, mais il n'existe aucun gonflement. Tous |
les mouvements sont douloureux.
La pointe du cœur, un peu déviée à droite bat dans le.
espace intercostal gauche, un peu à droite et endessous du mamelon. À jour frisant, on voit des batte-
ments de là paroi thoracique. A la palpation, on sent un |
frémissement Systolique à da pointe. L'auscultation montre un souffle sysiolique de la pointe en jet de vapeur à propagation axillaire. Le 2 bruit est claqué. Le pouls est pelit et la tension artérielle est de 14/4. On porte le diagnostic de crise de rhumatisme articulaire aigu. Le malade est mis au salicylate de soude : 6 cr
par 24 heures, et les douleurs disparaissent en deux È
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jours en même temps que la température tombe à 37°. Le 28 décembre au soir, la température remonte à 39°, redescend le lendemain à 37° 5 pour remonter à 39° le soir. Puis la courbe est irrégulière, se tenant dans l'en-
- semble entre 38° el 39°, Fréquemment le soir, la ten-
péralure monte de 1° à 2°, atteignant 39° 5 et même 40° pour retomber le lendemain matin dans les environs de 38°.
Le 2? décembre, on pratique une hémoculture sur bouillon qui tardivement, au bout de trois jours, est positive et montre du streptocoque pur. Get examen à été vérifié à l'Institut Pasteur par le Docteur Dumas qui l’a pleinement confirmé. |
Le diagnostic d’endocardite infectieuse à, évolution lente est alors posé.
On suspend le salicylate et l'on donne { gr. 50 d’urotropine par jour; on pratique une série de trois injections d’or colloïdal et à partir du 9 décembre, on donne 0 gr. 10 de Collargol en potion. À parür du 10, on com-
mence des injections de sérum antistreptococcique à
raison de une tous les deux jours. Ces injections amènent presque chaque fois une réaclion assez violente se produisant cependant assez lardivement et pendant laquelle la température monte à 39° el 39° 5. On commence par un quart de em el on augmente‘de un ‘quart à chaque imjeclion pour alteindre finalement L em 5. A ce moment l'intensité des réactions fait arrûter les piqures.
Le 28 décembre on pratique un examen du sang qui donne les résullats suivants : richesse en hémoglobine au Fallqwist, 60; globules rouges, 3.186.600; valeur globulaire, 0,80; globules blancs, 7.140; se répartissant ainsi : polynucléaires, 72 %, mononucléaires, 12 %, Iymphocytes, 16 %.
La réaction leucocytaire est donc très faible, On com-
mente alors des injections de néorhommol à raison d’une injection intramusculaire tous lés deux joûrs au : 4 moment même où l'on suspend les injections de vaccin. La température cesse d’osciller et se tient entre 37° | et 38°. Le malade se. sent d’ailleurs beaucoup mieux ; 5e : il est toujours très fatigué, mais peut se lever un peu dans l'après-midi. Les signés physiqiés restent les A4 mêmes, le pouls suit la courbe thermique. LISE Le 6 janviér, nous avons pratiqué une nouvelle hémo- É 4 | culture; nous avons ensemencé 10 ém® de sang ‘sur 3 ee bouillon mixte et sur milieu T. Au bout de 72 heures, le 4 : liquide examiné au microscope nous à montré du: strép- ES Ft tocoque en abondance sur les deux milieux. LEA ÉS+ 1) . Nous avons injecté 15 cm? du liquide de culture à deux lapins, à l’un par la voie intraveineuse, à l'autre s par la voie hypodermique, à la base de l'oreille. Ils ont ‘été observés pendant huit jours et au bout de ce temps, 2 ‘aucun d’eux n avait présenté de réaction ni génréale, ni “a locale, Aucune élévation thermique n'a été constatée.
Le malade’est {oujours en fraitément à l’hôpial Laën- | nec, son état reste stationnaire, sr 251R