ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES
CA
La première chose à connaître sur ces enfants est de
TT L'ÉE savoir d'où ils sortent: ce qu'étaient leurs parents, le milieu social où ils ont grandi, l'éducation intellectuelle et l'éducation morale qu'on leur a données.
Ce qu'étaient les parents, au point de vue santé physisique d'abord, au point de vue santé morale ensuite. Les deux étant souvent étroitement hées. Nous entrons là dans le vaste champ de l’hérédité : hérédité physique et hérédité morale.
a) Héréditè physique. — Tuberculose. — Mon père est bien portant, nous dit le petit Paul B., âgé de 14 ans, arrêté pour vol à l'étalage, ma mère est morte l’année dernière à l'hôpital, elle toussait depuis longtemps, et on dit que c’est ça qui l’a emmenée. Nous avons été onze enfants, mais il y en a cinq qui sont morts tout petits; je suis l’avant-dernier. Je suis allé en classe jusqu’à 12 ans, et depuis deux ans je travaillais chez un imprimeur.
Il y a quatre ans j'ai eu la danse de Saint-Guy et suis resté pour cela à la Charité pendant trois semaines. J'ai bien souvent mal à la tête et je tousse l'hiver.
A l'examen physique de cet enfant nous notons : une brachycéphalie assez marquée, indice céphalique 84,5, de l'asymétrie cranienne dans les deux sens. Les bosses frontales sont proéminentes, il y a d’autres signes de rachitisme, entre autres un aplatissement de la cage thoracique. L'enfant a des végétations adénoïdes. Il est de petite taille, d'aspect maladif. C’est un mythomane.
Fiche anthropométrique (1) :
Taille .... 1,425 Tête, longueur. 17,5 Pied gauche 23,0
Envergure 1,43 — largeur... 14,8 Médius — 9,7 buste... 10,77 —) 18.4 ie 12,4 Auricul. — 6,9 Oreille droite .. 5,7 Coudée — 38,0
(4) Nous expliquerons plus loin l'importance que nous attachons à la fiche anthropométrique que nous reproduisons à la fin de chacune de nos observations.
Voilà donc un enfant, né d’une mère tuberculeuse, ayant perdu cinq frères et sœurs en bas-âge, sans doute atteints de la même affection, et lui-même chargé héréditairement de multiples tares bacillaires, qui ne sera jamais qu'un être faible et maladif.
La tuberculose étend ses ravages dans tous les mieux de la société, mais c'est surtout dans la classe pauvre qu'elle fait des victimes toujours plus nombreuses, c'est dans les taudis qu'elle frappe des familles entières, favorisée dans son œuvre par le manque absolu d'hygiène, aidée encore par l'alcool.
Sur la centaine d'enfants que nous avons examinée, nous avons relevé 19 fois des antécédents bacillaires nets chez le père ou la mère de l'enfant, chez les deux parents à la fois, dans quelques cas. D'une telle union ne peuvent sortir que des êtres amoindris dans leur résistance physique.
Comme le dit Emile Laurent (1) : « On sait combien les tuberculeux engendrent d’efféminés, de ces êtres indécis, indéfiniment juvéniles, aux formes grêles, aux muscles pauvres, à la barbe rare, rebuts de la nature avare, faibles d'esprit et de volonté, proies faciles pour le vice et le crime. »
Nous n'en citerons que deux ou trois autres cas pour exemple :