OBSERVATION XI
Victor J., 16 ans. Père 45ans, alcoolique et brutal. Mère séparée d'avec son mari qui la battait. Trois enfants, il est le seul survivant.
Elevé à Lyon, il sait lire et écrire. N'a jamais eu de maladie grave. Arrêté pour vol et complicité, il s’est laissé entrainer, prétend-il, par des camarades. Mais il fréquentait la bande des Brotteaux, il en porte tatoué sur l’avant-bras gauche le signe
DÉAG EE distinctif : deux points. On le surnommait le « Totor des Brotteaux ». Il courait les bars et les cinémas avec des filles de mœurs
douteuses.
Rien de particulier au point de vue physique. MANIERE 1,545 Tête, longueur. 17,7 Pied gauche 24,4 Envergure.. 1,98 — dlargeur.,. 14,8 Médius — 10,3 Buste 210078 MEME TE TS AT AUTEUL ESS 0
OBsERVATION XII
Marius C., 15 ans. Père ferblantier, buveur et méchant. Mère bien portante.
Il va en classe jusqu’à 13 ans, sait lire et compter, écrit mal. À volé déjà plusieurs fois des lapins qu'il allait vendre au marché.
Son père, nous dit-il, l’abrutissait de coups, c'est pourquoi l'enfant se sauvait de chez lui.
Arrêté à Lyon, ses parents l'ont réclamé, mais le père faisant de la contrebande d’allumette, buvant et battant l'enfant, on ne rend pas le jeune detenu.
Marius C. porte sur le bras gauche une étoile et un haltère tatoués il y a deux ans, un cœur traversé d'un poignard sur le bras droit, un poignard sur la jambe gauche. Celui qui l’a tatoué est en prison avec lui, c'est un récidiviste tout couvert lui-même de tatouages.
L'enfant avoue se soûler environ tous les quinze jours avec du vin. Il s'y entend aussi pour « étrangler un perroquet (boire une absinthe) sur le zinc avec les copains ». Ces temps derniers il fréquentait les Eden-bars de Lyon et courait les rues.
C’est un débile mental, un indisciplinable.
Tale. 1,618 Tête, longueur. 18,0 Pied gauche 26,5 Envergure.. 1,66 — largeur .. 14,55 Médius — 11,0 Buste. 200 008 VRP 12,9 Auricul. — 8,8
Oreille droite .. 6,0 Coudée — 44,4
Bear |
Nos aurions ainsi toute une kyrielle d'observations analogues à rapporter, dont l'énoncé varierait fort peu.
Partout nous retrouverions un père ou une mère alcoolique, tous deux se battant et frappant leurs enfants. Ceux-ci malngres, souffreteux, avec l'intelligence obtuse que nous avons notée déjà et ce dégoût pour le travail, cet instinct terriblement développé vers le mal chez des enfants de cet âge, l'impulsion irrésistible à la boisson qui leur fait déjà tout sacrifier au Dieu alcool qui mine leur santé et achève de dissiper le reste de leurs facultés mentales. D'ailleurs, la résistance à l'alcool de ces tarés héréditaires, loin d’être augmentée, comme on aurait pu le croire, est sensiblement amoindrie, et nous avons rencontré de ces malheureux enfants qui nous avouaient qu'il leur en fallait bien peu pour être soûls. Par. avance ils sont condamnés à demeurer les tristes victimes des vices héréditaires. Il leur faudrait, pour lutter contre la passion lamentable qui les mine, une force de volonté souveraine, mais le dipsomane est essentiellement un débile de corps, un faible de volonté. 11 leur faudrait au moins une direction sûre et sévère, une discipline imposée qui demeure constante et inflexible, mais personne re s'inquiète de ces enfants nés dans une atmosphère de dépravation dont chacun se détourne avec dégoût. Et le mal accomplit son œuvre et chaque Jour la déchéance devient plus irrémédiable.
Qu'on nous permette de citer une observation encore qui montrera par un exemple frappant ce que deviennent à l'âge adulte, les enfants atteints par l'irrésistible mal de la dipsomanie.