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« corps muqueux de Malpighi, au fond d'un espace < interpapillaire. En se multipliant, les éléments cellu- « laires de la dépression interpapillaire forment un « bourgeon à cône épithélial qui s'avance vers la pro- « fondeur. La tumeur épithéliomateuse résulte de lac- « cumulation de plusieurs cônes semblables qui s’al- « longent, se bifurquent, se ramifient et s'enfoncent « entre les faisseaux conjonctifs du derme sous-jacent. « Au voisinage des bourgeons épidermiques, les folli- « cules sébacés se montrent altérés. Ils s'allongent, « s'élargissent, se déforment et se transforment en amas « épithéliaux, qui ressemblent aux cônes de la néofor- « mation interpapillaire. » On le voit, il avait été frappé de cette dégénérescence des follicules sébacés et de leur transformation en amas épithéliaux. Assurément, il s'agissait d’un de ces épithéliomas de notre second groupe, où l'on trouve encore des globes épidermiques, mais où la Kéralinisation de ces globes ne se produit pas et où, en tout cas, on trouve une dégénérescence des éléments sébacés. Ce sont les épithéliomas nés au voisinage d’une glande sébacée et dont l'évoluton n'est pas une évolution cornée, mais une évolution sébacée.
ne nous à pas été donné d'examiner histologiquement une tumeur de ce groupe. Nous ne saurions donc trop insister à ce sujet; nous sommes simplement persuadé que bien des épithéliomas de la verge, enregistrés sous l’étiquette d'épithéliomas pavimenteux lobulés, ressortissaient de cette catégorie. Ce qui nous le fait surtout supposer, c'est, d'une part, l’évolution lente de cette forme d’'épithélioma et d'autre part cette sécrétion
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sanieuse, félide, d'origine sébacée. Voyons-nous des épithéliomas pavimenteux ordinaires donner une sécréion pareille ? Nous ne le crovons pas: en tout cas, il est certain que l’évolution dun épithélioma pavimenteux corné nest pas celle-là. I y à toujours récidive ou à peu près toujours et pourtant les auteurs s'accordent pour reconnaitre que les récidives" sont plus rares que dans les autres régions. Dans les cas que Demarquay cite et où il avait observé une récidive, il décrivait un épithélioma à évolution nettement cornée, avant débuté sur la peau du pénis. De plus, dans un épithélioma à évolution cornée, les ganglions se prennent très vite et si on ne les enlève pasen totalité, il y a récidive rapide. Ici, au contraire, nous trouvons que les ganglions se prennent lentement dans presque toutes les observations que nous avons lues. En tout cas, cette évolution lente du côté des ganglions ne coïncide Jamais avec l’âge de la tumeur.
C’est pour ces raisons que nous croyons à ce second groupe d'épithéliomas sébacés ayant pris naissance au voisinage d'une glande et caractérisés par leur lente évolution, leur sécrétion fétide résultant des produits élaborés et aussi par la marche peu rapide de l'invasion ganglionnaire. Ainsi, nous restons fidèle à la belle théorie de la spécificité cellulaire qui reconnait à chaque tumeur une évolution spéciale, un caractère spécial, un air de famille en d’autres termes, rapprochant toujours la tumeur de la cellule initiale qui lui a donné naissance. |
Pour les épithéliomas de la verge, développés dans une glande sébacée el à évolution purement sébacée,
nous pouvons être bien plus affirmalif, puisque nous avons pu-en examiner un cas {vpique. Macroscopiquement, à la coupe de la tumeur, on trouve une grosse couche de tissu cellulo-graisseux entourant partout les végétations en chou-fleur. La tranche de section du néoplasme donne une surface grisâtre, granuleuse avec quelques hémorragies interstitielles. On dirait un gâteau de riz ; en pressant sur la surface de section, on donne issue par expression à de petites masses blanchâtres comparables à des grains de semoule. Au centre on voit les corps caverneux et l’urèthre qui ne sont touchés que si la lésion évolue déjà depuis très longtemps.
Microscopiquement, on trouve des papilles arborescentes, très hypertrophiées, au-dessous ‘d’une couche assez forte de tissu cellulo-adipeux. Le développement des papilles dermiques est en général énorme ; audessous, dans le derme, apparaissent de vastes nappes épithéliales à contours limités très complètement par du tissu conjonctif peu dense. Bard nous dit à ce sujet dans son article sur les tumeurs épithéliales : « Les « cellules ont les caractères habituels aux cellules épi- « dermiques, mais elles se colorent plus vivement par « les réactifs que celles des épithéhiums cornés ; elles « sont moins nettes et les cellules centrales des bour- « geons subissent l'évolution caractéristique, de telle « sorte que les globes cornés des premiers sont rempla- «cés dans les seconds par une zone centrale sébacée. » Il ajoute que c’est là la forme habituelle mais non exclusive des épithéliomas de la verge et qu'il en à observé aussi des exemples à la lèvre et à la joue. Les plus superficielles des nappes cellulaires ont, en effet,
yre une consltution homogène et sont formées par un entassement de cellules analogues à celles des glandes sébacées normales; mais, à mesure que l’on regarde plus profondément, on voit qu'au centre de ces néoformations glandulaires il se produit une dégénérescence des amas épithéliaux et lon a une cavité glandulaire avec
.des cellules assez nettement différenciées et au centre
de la matière sébacée. En certains points le groupement des cellules a disparu et l'on ne voit que quelques éléments cellulaires, à noyaux peu nets et peu colorés, perdus dans de larges amas de sébum. Les divers lobules du néoplasme sont séparés les uns des autres par du {issu conjonctif dont les caractères varient suivant que l’on passe de L'état typique que l’on observe à la périphérie, à l’état tout à fait atypique plus au centre de la tumeur. Ce tissu conjonctif de soutènement est, en effet, à plusieurs stades d'évolution. À la périphérie, tout autour des néoformations bien reconnaissables, on a un tissu conjoncüf presque adulte avec des fibres larges et des éléments cellulaires fixes en assez grand nombre, ramifiés et anastomosés entre eux. À mesure qu'on descend et que l'on constate la dégénérescence de plus en plus prononcée des néoformations épithéliales, le tissu conjonctif n'apparaît plus que sous la forme de prolongements grèles qui se faufilent entre les amas dégénérés qui se touchent presque; on se trouve en présence d'éléments cellulaires plus jeunes, moins nettement différenciés. Bientôt même ils disparaissent au milieu de la substance sébacée. En aucun point de la tumeur on ne trouve de globes épidermiques ayant subi la dégénérescence cornée. La paroi des vaisseaux est
souvent réduite à un endothélium simple: ces vaisseaux sont jeunes, à l’état embryonnaire et souvent même sont remplacés par de vastes lacunes permettant d'expliquer les hémorragies fréquentes causées par le grattage. En traitant par l'acide osmique, on ne voit pas la réaction noire habituelle de la substance sébacée mais une coloration brune moins foncée, preuve que le sébum est de type plus jeune que le sébum normal.
Les ganglions, nous l'avons vu au chapitre de la symptomatologie, se prennent lentement. Sur une coupe on retrouve l'invasion du tissu ganglionnaire par les mêmes néoformations qui subissent elles aussi la dégénérescence sébacée et d’une facon très nette.
L'hésitation ne nous est pas permise pour ranger la tumeur que nous avons observée dans le groupe des épithéliomas. Le diagnostic d'adénome n’est pas ici à discuter. Il est évident que nous avons affaire à une tumeur maligne. Tous les éléments des tissus peuvent évoluer, nous le savons, et dans le sens bénin et dans le sens malin. Si l’on a des formations typiques adultes à évolution et sécrétion normale, on a un adénome, c’est le cas de la loupe ordinaire ; si l’on: a des néoformaions de plus en plus atypiques avec dégénérescence et désorientation cellulaire, c'est à un épithélioma que l'on à affaire. Il en est à ce sujet des tumeurs sébacées ce qu'ilen est de toutes les tumeurs ; nous n'avons pas besoin d'entrer dans des redites pour voir que la tumeur qui nous à occupé est bien un épithélioma sébacé de la verge.
Nous avons retrouvé dans cette tumeur tous les caractères macroscopiques el microscopiques précédemment
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décrits à propos des dégénérescences épithéliomateuses sébacées observées dans le service de M. le professeur Poncet. Nous allons voir maintenant que son évolution rappelle celle des épithéliomas sébacés des autres régions et que de la nature de la dégénérescence de la tumeur nous pourrons lirer un pronostic relativement bénin.