OBSERVATION XII
Mademoiselle D, 97 ans. — Acromégalique.
Réglée à 14 ans, mais toujours irrégulièrement.
Il y a 12 ans environ, les règles demeurent de plus en plus irrégulières, s’espaçant de 3 à 6 mois, s’accompagnant de céphalée intense, surtout nocturne. —
Il a 8 ans suppression complète de ses règles.
En même temps la malade se rend compte que ses pieds grossissent. Impossibilité de trouver de chaussures à sa mesure. Ù
La mâchoire se déforme progressivement obligeant à,
deux reprises la réfection d’un appareil dentaire.
Ses mains augmentent de volume.
Sa voix devient masculine. , :
Ses cheveux deviennent cassants et tombent.
Le système pileux se développe anormalement - (moustache, barbe, poitrine, pubis).
Le thorax se bombe. Les seins diminuent.
Augmentation du poids.
Tout l’habitus extérieur se modifie, occasionnant des
ennuis. La malade est prise à diverses reprises pour un
homme déguisé.
Il y a 18 mois s’est aperçu que l appétit et la soit augmen-
un nr so
intervention chirurgicale pour hémorrhoïdes. AE
“EE Un régime alimentaire sévère fait disparaitre le sucre des urines en juin 4919.
En octobre suivant le glucose réapparait.
et mains épaissis, augmentés: de volume, en battoir. —
... gée. — Menton proéminent. — Lèvres épaisses. — - Un peu + d’œdème des paupières.
Les cheveux sont devenus rares sur la partie antérieure
du crâne. La malade est obligée de porter perruque. Mous- —— tache et barbe assez pes Système pue assez déve-
21, Moppé sur le poitrine... | Es Celui du pubis est modifié dans la topographie. $ H affecte un type masculin. Le sternum fait une saillie assez ones en avant. De temps à autre œdème des malléotes. Le L'examen ràdiographique montre un marqué de la selle turcique. PAU Urines : 3 litres 75. ; A. :
Sucres : 372 grammes par 2% heures.
Soif ardente et appétit très TDR -Le pouls est à 72, petit.
La peau est moite. La malade se que . tre sensible au froid.
* Après absorption d'extrait de pancréas fs sucre passe de . 372 grammes à 44 grammes par 24 heures.
8 jours après remonte à 243 grammes.
— = 226 — : — 134 — La malade suit un régime alimentaire assez sévère.
PouLs ET PRESSION
4° Epreuve de l’adrénaline. — Injection intra-musculaire de 1°: d’adrénaline, sans absorption de sucre. ;
même temps or On trouve du sucre dans les urines à. l'occasion d'une 4
En juillet 1918 la malade suit un traitement hypophyeair ‘ sans-amélioration notable. so
Etat actuel. — Voix masculine. —- Taille leve. ee Pieds
Bras et jambes sont hypertrophiés. — Face élargie et allon-
Len ee Avant l'injection Sd Tr AR PE es F Pouls::"65::Mx:16,5: Mn: 14 072 Après l'injection : ANNE Par En Fi
Au bout de 5 minutes — Ba au 46 CEA D 40 0 — DUR 68. 46 1 140%:
be a RS STARS A0 6 SR CE. (etes PT RE NU te) — 41 ee NE Ole R ULnE itde rt L| 2 SO Ne 0 D ER TI ee rt RE Re MP AV Rd A PP TO E EN 1 RE Re D be 45 — Pacte L'AIQUR HAT EN | PET se PR et de Es 44
Réaction de Gætsch positive.
Relèvement du pouls de 11 pulsations.
2 Epreuve de l'ypophase: — Injection de 1°" d’extrait Choay sans repas.
Avant l'injection :
“Pouis > 62°Mxt17 "Man: 12
Après l'injection :
Au boutde 5 minutes — 64. — 18 — 12 DEMO Ve mt NÉ SAONE Hd 42 me dre ERA TN Se MOD EE PEN ENS Re ee” 7e DE SN O8 AT BON MAS RAS TA Tr D Rp Ste LE RAD NS RARES RS TE A UN AE er es nn Eee
Epreuve négative.
Le pouls a plutôt tendance à augmenter. La tension monte au lieu de baisser. , Cette observation d'acromégalie était intéressante ‘à étudier au point de vue adrénaline et hypophyse. Comme notre malade présentait une glycosurie marquée, nous n’avons donné’aucun repas d'épreuve.
ÉPREUVE DE L'ADRÉNALINE.
Pression. — Pendant les 15 premières minutes la
tension maxima augmente, pour revenir ensuite . lentement à son taux normal. La réaction signalée
par GϾtsch parait donc positive. .
Pouls. in Le pouls augmente de dl pulsations!.
ÉPREUVE DE L'HYPOPHYSE
Pression. — Augmente dans les 10 premieres minutes puis revient à son taux He La minima varie pétr:
Pouls. — Le pouls suit une marche irrégulière,
mais cependant indique une tendance à l’augmenta-
tion puisqu'au bout de 25 minutes les pulsations avaient augmenté de 6 et de 8 après 50 minutes. Nous ne pouvons chez cette malade qu'enregistrer
les résultats de nos deux épreuves. Etant donnée la
diversité des glandes endocrines mises en jeu dans ce cas particulier, il nous paraît difficile d'en tirer une conclusion et une comparaison avec les observations précédemment citées. ï Néanmoins en synthétisant cette observation nous pouvons y relever les quatre points principaux suivants :
4° L'augmentation du volume “ l'hypophyse
indiquée par la radiographie de la selle turcique ;
% Les troubles ovariens qui ont précédé l'appart
tion des symptômes généraux ; :
3° L'augmentation de volunie de la glande thyroïde ; 4 La glycosurie abondante.
Cette glycosurie est-elle dûe al hyperfonctionne-
ment de l’hypophyse ou à lhypofonctionnement
68 Le du pancréas ou di est-elle dûe aux deux réunies,. la seconde conditionnée par la. première. Ce : dernier. point de vue pouvant se soutenir puisque
“p ingestion d' extrait pancréatique fit tomber la gly-
cosurie de 372 Sranmes à 44 arammes es 94 heures, £ A+ & L : TE MEN
F. — Pelade décalvante aiguë d’origine émotionnelle OBSERVATION XII
Monsieur He, 18 ans. Pelade décalvante totale.
En février 1916 à la suite de bombardements violents ressent une vive émotion. En remontant de la cave où il. ‘s'était abrité, tous ses cheveux restent dans sa casquette. 48 heures après tout son sy stéme pileux a complètement disparu.
Deux mois après tous ses cheveux ont repoussé.
Dans l’année qui suit, à la suite de nouveaux bombardements, tous ses cheveux tombent de nouveau, sans repousser.
Etat actuel. — Petit malade, glabre sur tout le corps, à peine quelques Que de poils sur le sommet du crâne. Pous ET PRESSION Epreuvé. de l’adrénaline. — - Injection intra-musculaire
15" d’adrénaline après repas de 100 5" de sucre.
Avant l'injection : de Pouls : 105: Mx:12 Mn: 7 Après l'injection :
Au bout de 5 minutes. — RE À Li te en leu te D MAS ed V6 De = 80 1 10 ue 6 LE 20 2 080 ADD C6 25 AT Me nt ae 7:30 ARE NO ee RS eg = 35 He ie: MOD A 06
= ADF — 5400. —: A" 6 2 RE Et EE CRAN D LEE En
pre
Chen à la fin de P épreuve.
| Gætsch négatif. A
2 Epreuve de l hu
Avant l'injection : sie Ne Pouls': 92 Mx%43 Mn: 8 Après l'injection : Den k Eu:
Au bout de 5 minutes. LA OA AS 44. RQ — 10 RENE NOBu AD ee 7S — 15 — 98 — 12 — 8
=." .,20 Et 08 ERA ES STE =: 25 AO 11 MA ARNTE ALERTE
i 30 NS LS ee AD mt To RS D RE Et dt SRE nt O PAST us 45 NÉS EN OSEO 5 AT IT D Li 55 — 84 — 105 — 7
La tension baisse, mais le pouls se relève.
En raison de l'origine émotive nette et de la systématisation complète de la dépilation qui indiquait que le trouble portait sur l’ensemble de l'appareil
endocrinien réagissant les 3 portions du système pileux, c’est-à-dire sur les sécrétions internes de la thyroïde, de l’hypophyse et des testicules, il était intéressant de nous rendre compte comment notre malade réagissait aux épreuves de l’adrénaline et de l'hypophyse. é
ÉPREUVE DE L’ADRÉNALINE
Pression : La pression suit une courbe descendante nette.
Pouls : Le pouls baisse de 25 pulsations au bout de 25 minutes pour dépasser ensuite. son chiffre normal de 10 pulsations environ. :
Glycosurie : Présence de sucre dans les urines à la fin de Pépreuve, :
Pme EPneuve DE L' HYPOPHYSE
… Pression : Suit une courbe descendante après
‘avoir nettement augmenté dans les 5) premières
minutes. La baisse atteint jusque 3,5 degrès.
‘Pouls : Le pouls se relève de 8 pulsations au bout de 25 minutes aprés avoir baissé de 8 au début de P expérience. RS
Glycosurie : Néant.
De ces deux épreuves, nous pouvons retenir que
l'adrénaline donne une lègère augmentation du pouls
avec glycosurie indiquant par là que notre petit
malade est sympathicotonique, ce qui paraît bien
avec l'origine émotionnelle de son affection et que
-Phypophyse donne. à peu près les réactions d’un sujèt normal.
G. — Epilepsie endocrinienne chez une malade hypothyroïdienne
Nous terminons la:série de nos observations par un cas publié par notre maître le Professeur Etienne
et le Docteur Richard médecin consultant à Royat.
Il s'agit d'une femme de 33 ans presentant depuis. 8 mois des crises épileptiformes généralisées qui coïncident avec l'apparition des règles et s’accompagnent de phénomènes sympathiques. Cliniquement cette malade est hypothyroïdienne. Son corps thyroïde n'est pas perceptible, ses cheveux sont secs et cassants, les sourcils raréfiés à leur partie externe ; elle a le matin un peu de bouffisure de la face, et est extrêémement frileuse.
ice et dou. nettement que + malade à était .
une ete AR DR Aa D LOS AT Fe radiographie Montre une salle turcique à nette- oo ni augmentée de volu DUR Ne De
… Dans ce cas où. l'insuffisance thyroïdienne était
bien. marquée puisqu’ un traitement thyro- -ovarien. ce
guérit la malade, il. est intéressant de noter. que la réaction del hypophyse a donné des résultats oppo-
puisque ici le pouls s ‘est accéléré au lieu de l’abaissement constaté dans nos preraières observations. Fe
Se 5£
| Nous terminerons notre travail en synthétisant sur un graphique les résultats obtenus par l'injection d adrénaline et d’ hypophyse. Nous avons choisi notre observation II de goitre exophtalmique (goître Basedowifié) chez laquelle nous avons pu rencontrer RASE des résultats typiques au complet. à
| sés. à ceux constatés dans Je goître exophtalmique me
CESR ES Eur + è $ PES ARE VA Ë Ÿ '
AGE me injection Fe extrait | hypophysaire be Poor paraît. déterminer nettement uné hypo- tension passagère, en opposition avec l'hypertension Ho à Ja suite d'injection d'extrait total EARDEr HEURE A Se À de
Aie — Dans: la ee de. Basedow, l'épreuve de VPadrénaline et de l'hypophyse donne les résultats suivants. : : en F
| 4 4 l’adrénaline : D Mcasion aie ou moins marquée ; augmentation de fréquence du pouls. La réaction d’hypertension rapide signalée par .Gætsch paraît avoir une certaine valeur puisque nous l’avons constatée dans la plupart de nos obser- vations. = os es
2° À l'hypophyse : Baisse constante de la pression maxima ; ralentissement constant aussi et souvent considérable du pois
III, — Chez nos malades où les symptômes éveillent l’idée de Basedow fruste, les résultats aux 2 épreuves sont identiques, mais peut-être moins
marqués, à ceux obtenus dans le goître exophtalmique type. ï |
à 7 le
Il est donc possible, quand on se trouve en présence de malades présentant uné symptomatologie à peu près semblable et consistant surtout en tachycardie et instabilité nerveuse, de ranger d'une part ceux dont la réaction les rapproche du type Basedow et d'autre part ceux dont la névrose vaso-motrice ne semble pas liée d’une altération du corps thyroïde.
IN: Dans le goitre simple :
4° L' injection d'adrénaline ne He qu ’une très légère réaction hypertensive.
DE D injection d' hypophyse détermine une ascension du pouls,
V. — Dans les affections endocriniennes, à l’origine desquelles on relève une émotion, l'épreuve de l'adrénaline permet par ses résultats : hypertension et glycosurie, de distinguer les malades dits sympathicotoniques, |
VI. — Dans un cas d'insuffisance thyroïdienne, la réaction à l’hypophyse a montré une accélération
du pouls.
+ Lo œ Éd sad dat cv à those: à. à a de où le
+ it
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F. — Pélade décalvante aigüe d’origine émotion-
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Nancy. — Anc. Imprimerie VAGNER, 3, rue du Manège.