L. 28 ans. 10-12-39 18 Appendicite
LDAGEE
Comme l’indiquent les deux tableaux précédents, nous avons choisi dans deux hôpitaux complémentaires des infirmières, des hommes composant le détachement et des malades sans fièvre et soumis au grand régime. La comparaison de ces tableaux et leur étude nous a fourni des renseignements intéressants et nous a permis de dégager quelques considérations capables d’améliprer, croyons-nous, nôn pas au point de vue quantitatif mais bien qualitatif, la nourriture des
troupes en campagne.
1° Les deux formations sanitaires que nous avons choisies se trouvent dans la même ville : elles reçoivent des malades et des blessés provenant des mêmes corps de troupe, donc ayant reçu avant leur entrée à
l'hôpital la même nourriture. Les carences devraient
donc être sensiblement les mêmes que nous considé-.
rions les hommes de l'hôpital 1 ou 2. Or, alors que dans l’hôpital complémentaire 1 la proportion de carencés est de 30 % environ, cette proportion s'élève à 70 % dans l’hôpital complémentaire 2. Et pourtant dans les deux formations, les hommes ont reçu la méme quantité de pain, de viande, de légumes, de vin: dans les deux formations, les rations pondérales ont élé scrupuleusement observées. Mais, et c’est Ia un point capital, il ne suffit pas de distribuer en quantité déterminée des aliments même de toute première qualité et préparés d’une manière parfaite, il-faut faire un choix parmi ces aliments et établir une ration alimentaire en tenant compte non seulement du nombre de calories qu’elle renferme, mais aussi de la quantité de vitamines qu’elle apporte à l’organisme.
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Et si l’on veut tenir compte de ces différents facteurs, on se rend compte du rôle considérable que joue Pofficier d’approvisionnement dans l’armée, rôle auquel il est souvent insuffisamment préparé.
2° Les infirmières sont moins carencées que les hommes du détachement et que les malades, quoique prenant leurs repas à l'hôpital et consommant la méme nourriture. Mais nous avons remarqué que les infirmières absorbent régulièrement des quantités assez importantes de fruits qui viennent ainsi apporter un appoint notable de vitamines C.
3° Nous avons pratiqué l'épreuve de Rotter sur certains malades chez lesquels l’affection pour laquelle ils sont soignés constitue une prédisposition certaine à la carence en vitamines C. C’est ainsi que nous relevons un temps de décoloration de 25° chez un malade atteint de la fièvre de Malte, 16° chez un autre soigné depuis longtemps pour une dysenterie amibienne, 16’ chez un éthylique avéré (ce qui vient confirmer le rôle du foie dans la carence en vitamines C), 26° et 19 chez des soldats atteints de fracture avec consolidation difficile. Pour ces malades, il est bien évident que pour rétablir l’équilibre, il faudrait des quantités considérables de vitamines, quantités que le régime méme le mieux équilibré serait impuissant à apporter.
4° Enfin, en règle générale, nous avons constaté que les malades entrés depuis peu à l'hôpital sont plus carencés que ceux hospitalisés depuis quelque temps déjà. La nourriture des corps de troupe apparaît donc comme présentant une déficience en vitamine C plus
importante que la nourriture de l’hôpital.