déjeuner, soupe
2° déjeuner, soupe, œufs ou viande, légume.
Diner, soupe ou potage, viande ou légume, salade, jamais de dessert; pain presque à volonté.
Les viandes sont: bœuf, mouton, veau, poulet.
Boissons : hommes, environ un demi-litre de vin par jour ; femmes, environ 300 centilitres ; tisane de réglisse, quelquefois lait.
Quelles que soient d’ailleurs les variations du coefficient urotoxique causées par ce régime, elles se faisaient toutes dans le même sens, tous nos malades étant soumis au même régime. C’est là un point favorable à l’expérimentation.
& L'influence de l’âge avancé de nos malades ne suffit-elle pas à expliquer la diminution de toxicité observée ? — À cela nous répondrons : 1° que cette objection est inexacte, attendu que parmi nos malades il y a des vieux et des jeunes; 2° que cette diminution n’est
nullement en rapport avec l’âge des malades; 3° qu'il
— 58 2 n’est pas prouvé que les gens âgés aient des urines hypotoxiques.
Pour se convaincre des deux premiers points, il suffit de jeter un coup d’œil sur les tableaux synoptiques qui suivent nos observations; nous y voyons que sur 14 hommes, 8, et sur 26 femmes, 11 n’ont pas encore atteint cinquante ans, âge auquel commence à apparaitre la cata racte sénile ; que d'autre part une femme de vingt-quatre ans avait un Coefficient urotoxique de 83 (obs. XX), un jeune homme de vingt-six anus un coefficient de 328 (obs. XII), alors qu'une femme âgée de soixante-cinq ans avait un coeficient de 375 (obs. XXII) et un homme robuste de cinquante-deux ans celui de 57 (obs. VII).
De plus la diminution de toxicité urinaire n'est pas fonction d’un âge avancé. S'il est vrai que le degré de toxicité urinaire augmente avec le ralentissement de la nutrition, avec la cessation de l’activité musculaire, nous devrions observer chez Les gens âgés une augmentation sensible du coefficient urotoxique. Or, le plus souvent, ce coefficient reste moyen, ou est faiblement abaissé. Trois malades âgés, atteints d'affection autre que la ‘cataracte et que nous avons examinés dans ce but, nons ont confirmé ce fait. |
L'un atteint de kératite, âgé de soixante-six ans, bien portant avait un coefficient de 375, chiffre évidemment trop faible étant donné que le lapin est mort brusquement, après avoir 1eçu déja 130 cc. d'urine, de l'entrée de l’air dans les veines, Un autre âgé de soixante et onzeans, sourd et muet, avec hypopion ct ulcère de la cornée, a accusé un coefficient de 422. Un troisième âgé de soixante-cinq ans, a eu un coefticient inférieur à 185.
AU), = 9 L’élat de santé des malades n'est-il pas la cause de la diminution de leur toxicité urinaire? — Sans
doute cette diminution vient de là, mais en apparence aucun de nos malades ne présentait d’affection capable de faire pressentir une diminution quelconque du coeffi-client urotoxique. |
Nous avons vu quelles conditions nous avons exigés de nos malades, et n'était leur cataracte, ils présentaient tous une santé presque florissante. Chez eux, ni le rein ni l'estomac, ni le tube digestif, ni le foie ne pouvaient en rien être soupçonnés. Nous avons analysé avec soin leurs urines, elles ne contenaient ni sucre, ni albumine ;'les sels minéraux, les phosphates surtout, s’y trouvaient à dose hormale. L'épreuve de la glycosurie alimentaire a été faite presque pour chaque sujet et elle a toujours été négative. Jamais non plus Phypoazoturie n’a été observée. Leur estomac et leur tube digestif fonctionnaient normalement, du moins en apparence ; aucune épreuve, il est vrai, n’a été faite dans ce sens, mais aucun phénomène morbide non plus ne nous à engagé à en faire.
Nous sommes donc disposé à admettre avec M. Frenkel l'hypothèse de modifications plus délicates, soupçonnées à l'heure actuelle, dans la chimie et la physiologie de la cellule vivante, ou même dans l’excrétion rénale, et que seul le réactif biologique érigé en méthode par M. Bouchard est capable de déceler. LA
Telles sont les principales objections que nous avons cru devoir discuter. Il est deux autres points que nous voulons examiner encore. |
- 10° Le premier a rapport au coefficient urotoxique
admis comme normal. — Ghaque cxpérimentateur ayant ce qu’on appelle son tour de main particulier, le chiffre moyen de 464 établi par M. Bouchard, pourrait bien être pour nous un chiffre incxact. Aussi aurait-on pu nous demander de contrôler ce chifire, de faire en un mot des expériences comparatives. Ce que nous n’avons pas fait, d’autres et de plus autorisés l'ont fait avant nous.
. Mairet et Bosc (Loc. cit.) ont fait dans ce but des injections à doses progressivement croissantes de 30 à 90 ce. d'urine par kilogramme du poids du corps, «et ils ont con staté: entre 90 et 70 cc. la mort immédiate et certaine, entre 70 et 45 cc. la mort également certaine mais à échéance variable, au-desscus de 45 cc. la survie toujours Prenant la moyenne de leurs résultats, ils ont admis le chiffre de 67 cc. comme dose toxique normale, ce qui abaisse le coefficient urotoxique à 311.
Roger, dans sa thèse, s’est arrêté au chiffre de 52 ce., ce qui donne un coefticient urotoxique de 400. Mais ce coefricient dépend beaucoup, ainsi que nous l'avons vu, de la vitesse de l'injection ; il est d'autant plus élevé que la vitesse est plus grande. Or, comme nous avons opéré avec une vitesse rapide, c’est au coefficient le plus fort, c’est à celui de M. Bouchard, que nous devons comparer nos résultats.
11° Le second point vise la quantité parfois énorme d'urine que nous avons injeclée. Conment expliqu?r, en effet, qu'on ait pu injecter dans certains cas plus de 6 à 700 cc. d’urine avant de produire la mort? Ce sont là en effet des quan'ités «tellement énormes que, s’il s'était
TE DR agi d'eau distillée, le lapin aurait certainement succombé longtemps avant (Frenkel).
C'est qu'avec l’eau distillée on injecte un liquide qui attaque les globules rouges, les détruit, dissout les hémoglobines ct amène par là la mort de l’animal. Le sérum sanguin, au contraire, peut être injecté à doses colossales, et cela parce que le sérum est un liquide physiologique qui ne modifie en rien le milieu de la cellule vivante et qui par conséquent ne peut agir que physiquement. Entre ces deux extrêmes, l’eau de source chargée de sels ordinaires est moins toxique que l’eau distillée: 158 ce. au lieu de 122 ce. par kilogr. d'animal; le sérum artificiel de Hayem (7 gr. de Na CI pour un litre d’eau) qui se rapproche davantage du sérum sanguin, qui n’agit ni sur les hématies ni sur la fibrine, peut être injecté à doses massives, jusqu’à 3 litres chez les cholériques sans produire l’hémoglobinurie. Avec ce sérum M. Bouchard a pu doubler ct même tripler Ie sang du lapin sans l'in commoder, et MM. Dastre et Loye ont pu réaliser le lavage du sang et des tissus en iajectant à des chiens ou à des lapins une quantité de liquide plus de quatre fois supérieure au volume du sang de ces animaux.
Or, en injectant 790 cc. d'urine à un lapin de 2750 gr. (obs. XVIT), 680 ce. à un lapin de 2090 gr. (obs. XX), 780 cc. à un lapin de 2100 gr. (obs. XXX VI), 625 cc. à un lapin de 1890 gr., nous avons — à la mort près — réalisé avec des urines ce que Dastre et Loye avaient fait avec de l'eau salée. C’est qu’en effet l’urine privée de ses éléments toxiques n’est plus l’urine vraie, excrémentitielle, elle devient une exsudation sanguine, une sorte de lymphe; et c’est à ce titre, croyons-nous, de sérum phy-
po — siologique que l'urine hypotoxique à dû, dans certains cas, être injectée à dose énorme pour produire la mort.
Il nous reste à voir maintenant quelles conclusions nous pouvons tirer de l’examen comparatif de nos observations.
1° Dans presque tous les cas, 37 fois sur 40 (sauf obs. XI, XXXII, XXXIX), le coefficient urotoxique est inférieur à la normale. Sur les 37 cas d’hypotoxicité 12 fois le coefficient est inférieur à 100, 16 fois il varie entre 100 et 200, 6 fois entre 200 et 300, 3 fois seulement il est inférieur à 300 (obs. XII, XIV, XXI).
Cet abaissement énorme est bien la preuve évidente d’une rétention de produits toxiques dans l'organisme.
‘2° Dans un seul cas (obs. XXXIX), celui d’une reli gieuse, âgée de 34 ans, nous avons constaté un coefficient de beaucoup supérieur à la normale. L'examen biologique a été fait à deux reprises et nous avons obtenu les coefficients énormes de 1566 et 3000.
Cette hypertoxicité énorme des urines prouve évidem - ment encore une accumulation de substances toxiques dans le corps.
93° Deux cas seulement font exception. Dans le premier, il s’agit d’un homme robuste de 66 ans, travaillant encore du dur métier de journalier, n’ayant jamais été gravement malade et pour lequel on a fait deux examens qui ont donné les coefficients de 416 et 500 (obs. XI); dans l’autre cas il s’agit d’une femme jeune encore (37 ans), vivant à la campagne, ayant eu trois enfants avec couches nor males et dont le cocfficient a été de 506.
pie Peut-être aurait-il été possible de trouver une cause étiologique à sa cataracte? Nous n’y avons pas réussi,
4° La diminution de toxicité est indépendante de l’âge:
et ne lui est pas proportionnelle, nous l’avons démontré
au paragraphe 9 de ce chapitre; — elle ne dépend pas non plus du sexe, croyons-nous, et quoique nos observa-
tions de femmes soient plus nombreuses que nos observalions d'hommes (26 contre 14), nous n’avons qu’un trop petit nombre de faits pour hasarder une statistique,
0° Elle n’est pas due à une lésion grossière du rein ou
s’accompagnant de rétention de sels minéraux par le filtre rénal ; elle n’est attribuable ni à une maladie organique, ni à l’état du sang, ni à celui du foie.
L’évidence de cette conclusion ressort de la facon dont nous avons choisi nos malades et éliminé tout sujet ne présentant pas les conditions énoncées.
6° Les cataractes observées sont en général des cataractes doubles. Dans nos 40 observations nous ne relevons en effet que 9 cataractes simples : la première chez
un homme âgé de 37 ans, facteur rural (obs. VIIL) ; la
deuxième chez un jeune homme de 22 ans, cultivateur (obs. IX); la troisième chez une ouvrière de 61 ans (obs. XVIII); la quatrième chez cette religieuse dont nous avons déjà parlé et dont le coefficient urotoxique est
très élevé (obs. XXXIX) ; la cinquième chez une femme de 34 ans, ménagère (obs. XL). Dans un seul de ces cas
nous avons pu noter l'influence d'un traumatisme et
encore ce traumatisme ne date-t-il que de trois mois alors que la cataracte remonte à un an et demi.
Cette bilatéralité de nos cataractes nous permet de les
considérer comme cataractes de cause générale.