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Donc en chauffant les urines nous n’aurions pas enlevé du calorique à lanimal, mais nous aurions atténué la toxicité des éléments urinaires À peine y avait-il eu compensation. RS
5° La vilesse de 10 centimètres cubes par minute n'est-elle pas trop grande? — On sait aujourd’hui que la vitesse de l’injection a une influence considérable sur la toxicité du liquide expérimenté, du moins en apparence. Plus la vitesse est rapide, plus la toxicité paraît grande et plus le coefficient urotoxique est fort. C’est ainsi que d'après Bouchard 45 centimètres cubes d’urine humaine normale suffisent à tuer un lapin de 1 kilogramme avec une vitesse de 5 centimètres cubes à la minute, tandis qu'il en faudrait 67 d’après Mairet et Bosc avec une vitesse de À centimètres cubes à la minute, et pour expliquer cette divergence de résultat il n’y a pas d'autre raison à invoquer que la différence de vitesse de l'injection; « quand nos injections étaient trop rapides, écrivent Mairet et Bosc, nous obtenions la mort à dose bien inférieure à celle de 67 centimètres cubes, avec 25 centimètres cubes par kilogramme, par exemple. »
Si nous avons accepté la vitesse de 10 centimètres cubes à la minute, c’est uniquement parce qu’elle permet d'opérer vite, ce qui était nécessaire en raison du grand volume de nos injections. Gette vitesse est sans doute une des plus rapides qui aient été employées, mais assurément elle ne l'est pas trop; pour pouvoir nous reprocher à raison la rapidité trop grande de notre-modus faciendi, il faudrait que nos coefticients urotoxiques fussent supé-
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rieurs à la normale, or tous sont iuféricurs; l’objection tombe donc de ce fait.
Les objections qui s'adressent aux malades paraissent tout d'abord plus fondées, mais en somme il est aussi facile de les réfuter.On vous dit (Soc. de Méd. de Lyon, séance du 31 mai 1893): vous avez examiné vos malades dans des conditions spéciales, ce sont des personnes au repos, vivant au régime d’un hôpital; de plus, ce sont des malades spéciaux ; la plupart âgès et dont le fonctionne ment organique laisse peut-être à désirer. Ce sont là quatre autres objections auxquelles nous allons répondre,
6° L'influence du repos a été étudiée par M. Bouchard dès 1884. — Tandis que l’activité musculaire diminue Ja toxicité urinaire, le repos au contraire l’augmente, c’est là un fait qui paraît anormal, étant donné surtout que la toxicité des urines da sommeil qui est un repos de l’activité cellulaire est la moitié moindre de celle des urines sécrétées pendant un temps égal de la veille (Bouchard), mais ce fait s'explique aisément par cet autre que la toxi cité urinaire dépend surtout « des substances organiques incumplèlement oxydées et dont la toxicité diminue à mesure que l'oxydation se fait plus complètement. » (Bou chard.) Cette explication est justifiée par les effets de la vie dans une atmosphère sous pression ; quelques heures passées dans de semblables conditions suffisent à rendre les injections du liquide vésical moins dangereuses. » (Charrin.) = Or, nos malades vivant dans un milieu d’hôpitel, dans une atmosphère toujours plus où moins viciée, et étant soumis à un repos absolu, ne sont-ils pas dans des condi-
nn tions absolument opposées à celles de l’homme qui travaille sous pression ? Oui, mais le défaut d’oxydation est moindre qu'on ne pourrait le croire. L’urée en effet qui est la limite à laquelle tendent les matières albuminoïdes oxydées a été recherchée à propos de chaque malade et dans presque tous les cas elle a présenté un taux normal : minimum {2 grammes par litre, maximum 28 grammes, en moyenne de 15à 21 grammes.
D'ailleurs ce n’est pas là un argument qui puisse avoir prise sur notre démonstration. Si le repos augmente Îa toxicité, vouloir expliquer la diminution de toxicité constatée chez nos malades par l'influence du repos, n’est-ce pas en effet un contre-sens ?
7° Le régime alimentaire fait varier le coefficient urotoxique. — Les preuves en sont faciles à donner, dit Charrin.
Le lait, d’après Schultze, accroit les acides amidés, la globuline, les phosphates, etc. C’est ainsi que les dyspeptiques qui prennent beaucoup de lait ont dans leur urine beaucoup de phosphates et beaucoup d'éléments sulforo niques.
Le régime exclusivement animal augmente l’acide phosphorique et ses sels, favorise la puilulation des microbes du tube digestif, les viandes à l’état frais et surtout les viandes de conserves sont très propices aux fermentalions intestinales ; de même certains poissons, mollusques ou crustacés, de même les jambons salés, le gibier faisandé, et au plus haut degré le veau qui se réduit en gelée, véritable bouillon de culture.
Les herbivores, le lapin entre autres, ont des urines à
à die
sr ee la fois très toxiques et très convulsivantes à cause de la quantité de potasse que contient leur nourriture; il suffit de supprimer la potasse en remplaçant les choux par le lait pour diminuer la toxicité de moitié,
Le régime mixte est celui qui fait le moins varier la toxicité. C'est celui de tout le monde, c’est celui que Bouchard donnait aux sujets qui lui ont servi à déterminer le coefficient urotoxique moyen; c’est celui, donc, que devaient suivre nécessairement nos malades et qu'ils ont suivi en réalité. Ce régime le voici :