STAGNATION DES LIQUIDES
Pour qu’il y ait staguation des liquides physiologiques ou pathologiques dans le vermium, il faut qu’il y ait ou rétrécissement, ou obstruction du conduit appendiculaire-:
Les causes de rétrécissement peuvent être nombreuses : c’est d’abord la tuméfaction et l'inflammation de la muqueuse qui, œdématiée, fermerait en partie le canal (Trèves).
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Le rétrécissement peut être fibreux ; à la suite d'une appendicite antérieure une cicatrice peut se former ; ce mécanisme serait analogue à celui des rétrécissements de lurètre; d'autre part, on peut envisager l'hypothèse d’une péri-appendicite antérieure qui, par ses brides et ses adhérences péritonéales, diminuerait la lumière du canal (Dieulafoy).
Mais toutes ces hypothèses de rétrécissement sc basent sur uue inflammation antérieure et, par conséquent, ne . donnent en aucune facon la cause primitive, la cause de linflammation qui a rétréci le canal.
L’explication de l’appendicite par l’obstruction de la lumière du canal appendiculaire est celle qui a réuni le plus de défenseurs. Pendant longtemps cé fut la seule donnée.
M. Talamon et de nombreux auteurs ayant rencontré souvent des corps étrangers dans le vermium, leur ont donné Le rôle prépondérant dans la pathogénie de la maladie.
Ces corps étrangers sont de différentes nature.
Ils peuvent venir du dehors comme des pépins de raisin, des noyaux de cerise, des arêtes de poisson, des épingles, des fragments d’écailles d’huitres, d’os, ete...
Ils peuvent également provenir de l’économie, caleuls biliaires, concrétions fécales (enthérolites). Mais les calculs le plus fréquemment observés sont formés dans l’appendice même par la sécrétion des glandes de Lieberkuhn; «ils sont, dit M. Pillet, absolument semblables à ceux des glandes salivaires. »
Les calculs sont composés de sels minéraux, carbonates, phosphates de chaux, sels de magnésie, chlorures, sulfates, etc, etc.
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Les calculs qui proviennent de l'intestin peuventcontenir des matières fécales, des débris de toute nature.
Ces calculs ou corps étrangers, d’après M. Talamon, oblitèrent l’orifice de l’appendice, la sécrétion muqueuse continue, le liquide s’accumule, la compression que cette collection liquide exerce sur les parois en diminue la vitalité en arrêtant la circulation des vaisseaux. Alors interviennent les microbes, toujours nombreux dans l’intestin, mais impuissants contre les éléments cellulaires en temps normal. Grâce à cette diminution de la vitalité, les microbes triomphent sans peine de ces éléments, ils multiplient comme en un vase clos, ils pulullent de proche en proche, détruisent, ulcèrent, perforent et pénètrent dans le péritoine.
Cette théorie, fort séduisante au premier abord, est loin d'expliquer tous les cas.
L’autopsie a démontré que les corps étrangers manquent souvent; M. Renvers n'en a trouvé que 179 fois sur 459; M'e von Mayer, sur 40 cas observés, a trouvé plus de 20 fois la lumière du vermium vide, 11 fois il !y avait des calculs généralement demi-mous et dans 2 cas seulement la lumière était obstruée. Du reste, les calculs, dans les cas observés par Me von Mayer, se trouvaient plutôt dans les appendices presque normaux. |
M. Rochaz prétend que lorsque les calculs font défaut, cest qu’ils sont tombés dans le péritoine ou dans le cæcum.
M. Dieulafoy fait très justement observer que, pour que les calculs tombent dans le péritoine, il faut qu'il y ait perforation. |
Or, toutes les appendicites ne sont pas perforantes ;
LE Se ensuite, pour pénétrer dans le cæcum, il faudrait que la valvule de Gœærlach soit franchie et la lumière de la valvule est extrêmement petite; d’autre part, certains calculs offrent des dimensions considérables: il en est de la grosseur d’une prune.
M. Dieulafoy conclut que le calcul est formé sur place, mais qu’il y a deux espèces d’appendicites : les appendicites calculeuses et les appendicites non calculeuses. Mais il y a toujours rétrécissement ou oblitération du canal qui se transforme en un vase clos où pulullent les microbes.
Cette théorie de M. Dieulafoy ne nous paraît nullement justifiée. En effet, M. Dieulafoy argumente en se basant sur les expériences de M. Klecki.
Ce dernier a isolé une anse intestinale par le moyen d’un anneau de caoutchouc créant ainsi une sorte de « vase clos » artificiel.
Le contenu de cette anse intestinale aurait êté extrèmement virulent. M. Dieulafoy part de cette expérience pour prétendre que le degré d'infectiosité augmenté des microbes leur permet de passer dans le péritoine.
De nombreux faits viennent à l'encontre de cette interprétation :
D'abord MM. Roger et Josué contredisent absolument M. Klecki. Partant de la loi pathologique bien connue, « dans les foyers clos purulents les microbes s’atténuent progressivement et finissent par disparaître », ensuite, expérimentant sur l’appendice lui-même transformé en vase clos, ces auteurs ont constaté que le deuxième ou le troisième jour la virulence du contenu diminue.
De plus, MM. Roger et Josué n’ont pu déterminer en
Ep FES aucun cas une inflammation notable par simple rétrécise sement.
Il nous semble, en outre, que M. Dieulafoy n’explique pas da tout avec cette théorie les cas nombreux où il n’y à pas d’obstruction. Comment alors les liquides pourraicntils stagner dans un conduit ouvert ?
Mème en admettant que cette stagnation existe, il n'est nullement prouvé qu’elle augmente . virulence des microbes.
MM. Monod et Vanverts citent un cas d'observation personnelle dans lequel l’appendice enlevé à froid ne présentait ni obstruction ni inflammation ; à peine reconnais sait-on unc légère vascularisation superficielle, due probablement à des crises antérieures de date récente qui avaient motivé l'intervention. L'examen microscopique ne donvait aucune trace de lésions ; l’examen bactériologique fut également négatif.
Mlle von Mayer en faisant l'examen éd ebe a eu dix-sept fois sur quarante un résultat nécatif.
Que devient, dans ces cas observés, la théorie du vase clos ?
Mais un autre argument est plus convaincant encore :
L’appendice peut être transformé en vase clos sans qu’il y ait d’appendicite ou crise appendiculaire.
À l’autopsie on a trouvé des tumeurs oblitérant le canal, ou des appendices étranglés dans un collet herniaire sans que les observations puissent faire penser à une appendicite.
MM. Tripier et Paviot présentent un cas où l’appendicite à pu être produite par un corps étranger sans qu'il y ait eut crise appendiculaire, cependant la maladie était
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grave; à l’autopsie cn remarqua les traces d'une infection générale : des abcès métastatiques du foie, des poumons, etc.
M. Brun,dans vingt observations-n'a trouvé des calculs que deux fois, huit fois il n’y avait ni oblitération, ni calculs, cinq fois le canal était cbliléré, mais il n’y avait aucun symptôme d'infection.
M. Dieulafoy répond par une hypothèse, il prétend que le canal peut se rouvrir ct laisser repasser le calcul.
M. Bran riposte que cette hypothèse n’est guère soutcnable dans les cas où les appendices ont été réséqués le deuxième jour de la maladie, et lorsqu'on à trouvé dans ces appendices ni calculs, ni oblitération.
Cette opinion pathogénique de M. Dieulafoy, bien que soutenue comme vraie dans la majorité des cas par MM. Reclus, Delbet, Legueu, Monod et Vanverts, ne nous semble nullement satisfaisante, nous préférons avec MM. Laveran, Walter et Jalaguier croire que les lésions signalées par M. Dieulafoy sont, non pas la cause, mais la conséquence de l’appendicite. Nous espérons le démontrer dans la suite de ce travail.
Rejetons donc la théorie du vase clos et de l’appendicite calculeuse comme cause habituelle de l’appendicite. - M. Reclus donne une autre application des causes de l’'appendicite. C’est la propagation des lésions de lintestin à l'appendice. |