‹ Contribution à l'étude de l'étiologie et de la pathogénie de l'appendiciteChapitre 12 sur 26 · ME · texte numérisé non relu

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D’abord les lésions de l'intestin existent rarement en même temps que celles de l’appendice. MM. Potain et Dieulafoy l'ont prouvé par une statistique.

Une seule espèce de lésions existe souvent en même temps dans l’intestin et dans l’appendice : ce sont les lésions de l’entéro-colite.

M. Beaussenat a montré cette concordance des lésions en expérimentant sur le chien. Il fait manger à des chiens de la viande avariée, il obtient ainsi des lésions d’entéro colite et des lésions d’appendicite.

Cela prouve, en effet, que l’entéro-colite peut exister en même temps que l’appendicite, mais cela démontret-il que l’appendicite est le résultat du voisinage de l’entéro-colite, Non, assurément on peut tout aussi bien soutenir que l’affection a été communiquée à l’appendice par la circulation générale.

Un autre argument vient aider à démolir cette théorie : si l’on admet la propagation de proche en proche dans l’entéro-colite il faut l’admettre aussi pour la tuberculose et la typhoïde, Or, .on sait que les lésions de la tuberculose . ne se propagent pas de haut en bas puisqu'elles sont toujours plus prononcées au niveau de la valvule iléo-cæcale qu'au-dessus dans l'intestin grêle.

La propagation par voisinage n’est pas admise dans la typhoïde et la tuberculose. En effet, à l’autopsie on trouve souvent des lésions anciennes cicatrisées à moitié ou entièrement, et à côté on ne trouve aucune nouvelle lésion, c’est fort loin de là souvent que se sont produits les désordres graves qui ont amené le décès. Pourquoi donc admettre pour l’entéro-colite un système de propagation qui n'existe pas dans la tuberculose et dans la typhoïde ?

Puisque nous voyons des lésions concomitantes de l’appendice et de l’intestin dans la tuberculose et dans la fièvre typhoïde, les symptômes appendiculaires devraient être fréquents. Or, ces lésions sont manifestes. Leur silence est expliqué par l’absence de péritonite, comme MM. Tripier et Paviot l’ont prouvé. Mais comme notre façon clinique d'apprécier l’inflammation appendiculaire se réduit malheureusement aux syndromes douloureux, nous voyons donc que, à supposer qu’une entéro-colite, quelle que soitsa nature, puisse se propager à l’appendice, elle ne devrait pas créer le syndrome douloureux appendiculaire. Donc, cette pathogénie par propagation n’est pas soutenable.

Au surplus, les médecins placés pour observer des cas nombreux d'entéro-colite pseudo-membraneuse sont tous unanimes pour déclarer que jamais ils n’ont été frappés de la coïncidence de l’appendicite comme complication de cette affection.

Nous allons rechercher si, dans la troisième doctrine, nous trouverons de quoi motiver les accidents de l’affection que nous étudions.

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