STATISTIQUES
La diphtérie, personne ne le conteste, prend tous les jours une extension plus considérable. Au commencement du siècle, elle n’apparaissait que sous forme d’épidémies 'solées, plus fréquentes dans les grands centres de population. Depuis une quarantaine d’années, elle a changé d’allure. Endémique dans la plupart des grandes villes de l’Europe, elle tend à s'étendre tous les jours davange à la population des campagnes.
Et, comme le font remarquer Laveran et Teissier, le virus diphtérique, quel qu’il soit, au lieu de perdre de sa virulence dans son extension, dans ses réinoculations successives, y semble puiser au contraire une activité toujours croissante. Car il est indéniable que dans tous les grands centres où des statistiques ont élé dressées, à mesure qu'’augmente la morbidité par la diphtérie, s’accroît considérablement le pourcentage de la mortalité ; en même temps que le bacille se dissémine, il semble
acquérir plus de virulence.
Personne ne nous en voudra d'’insister sur la marche
toujours croissante de la diphtérie, de nous étendre,
RE ve
preuves à l'appui, sur son action de plus ep plus meurtrière, notre intention étant précisément de faire ressortir par un tableau comparatif de la propagation et de la
mortalité diphtériques, la haute importance que nous
attachons à la question de l’étiologie, c'est-à-dire de la
provenance et de la diffusion des germes diphtériques.
Cette question de l’étiologie doit être le point de mire des recherches des hygiénistes, si l’on veut opposer un remède efficace à l’envahissement progressif de la redoutable maladie (Haushalter).
Jetons un coup d'œil rapide sur les statistiques, nous verrons ainsi l’effrayante mortalité à laquelle atteint la diphtérie dans ces derniers temps.
Rare à Paris, il y a une cinquantaine d'années, puisque de 1840 à 1850, pendant un espace de dix ans, il n’y eut que 112 décès par croup, la diphtérie atteignit :
En 1860 le chiffre de 210 décès.
En 1874 la mortalité par diphtérie a quadruplé, le rapport de M. Besnier constate 1008 décès.
Depuis cette époque, la mortalité a encore doublé : En 1877 il y a à Paris 2393 décès par diphtérie.
En 1882 le nombre de décès est à peu près le même,
En 1888 nous relevons dans le Bulletin officiel municipal de la ville de Paris :
1239 décès, rien que dans les trois hôpitaux d'enfants de la ville.
Depuis 1888 la mortalilé par diphtérie semble un peu
se modérer surtout en ce qui concerne les adultes :
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