IL. — CAUSE PREMIÈRE
Pour ce qui concerne la nature de l’agent spécifique de la diphtérie, cause première et unique de la maladie, tout le monde est d'accord. ;
Le bacille entrevu par Klebs, étudié et décrit d'une façon remarquable par Lüffler, est bien l’agent de la diphtérie, comme ie bacille d Eberth est celui de la fièvre: typhoïde, comme le bacille de Koch est l’agent pathogène de la tuberculose, etc.
Mais si l’on est d'accord sur la nature du bacille de Klebs-Lüffler et sur sa spécificité, les divergences d'opinions se manifestent aussitôt qu’il s’agit de lPinterprétation de sa transmissibilité.
Quelles sont, en effet, les influences qui agissent sur le développement de la diphtérie ?
Quel est son mode de propagation ?
Comment, el par quelle voie agent spécifique arrive-til jusqu’à l'homme ?
Autant de questions à résoudre.
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IT. — CAUSES PRÉDISPOSANTES.
Je dois confesser, écrit M. Janssens, en 1886, que les investigations les plus scrupuleuses sur les causes de transmissibilité de la diphtérie sont restées jusqu'ici absolument infructueuses. Mais je ne me décourage pas, et je continue mes recherches avec patience.
Aussi, a-t-0on commencé, un peu de tous les côtés, des recherches consciencieuses, et des observations le plus minulieusement contrôlées ont été prises.
Un premier fait découle de ces investigations, c’est, dit le professeur Teissier, une sorte de parallélisme évident entre la diphtérie et les affections aiguës des voies respiratoires. Chaque fois que les décès par affections aiguës des voies respiratoires augmentent, on remarque que les décès par diphtérie augmentent dans la même proportion.
Il résulte de là que les conditions atmosphériques qui influent sur la production des maladies de l'appareil respiratoire ne sont pas sans jouer un rôle important dans Ja dissémination et l’absorption du poison diphtérique.
Déjà Cornil et Babès avaient insisté sur la plus grande fréquence des cas de diphtérie coïncidant avec le grand nombre de déterminations morbides sur l'appareil respiratoire. Ces faits doivent être rapprochés des résultats expérimentaux : à savoir que pour obtenir des résultats
positifs en appliquant sur une muqueuse un liquide
Apr chargé de bacilles pathogènes, il est nécessaire que cette muqueuse présente une solution de continuité ou une plaie.
Ces faits ont été mis en relief par les expériences d'A-
chaime et Roger, et résumés dans la thèse de Claisse (1893).
Parmi les causes secondaires, l'influence de l’humidité et principalement du froid humide paraît particulièrement indisculable, ce qui prouve bien que les conditions atmosphériques qui influent sur la production des maladies des voies respiratoires, jouent un rôle des plus importants dans la dissémination et l'absorption du poison diphtérique.
Pour ne citer qu'un exemple, ne résulte-t-il pas des travaux de Podlinski que les parties spécialement humides de la Russie sont parliculièrement ravagées par la diphtérie, les provinces de Kiew et de Poltava, par exemple.
Dans le seul district de Mijorod, on constate pendant l'hiver de 1879 à 1880, 17000 cas de diphtérie sur 123.000 habilants.
Le froid, par son action sur les voies respiratoires, agit comme cause prédisposante en créant l'opportunité morbide.
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