‹ Contribution à l'étude de l'étiologie générale de la diphtérieChapitre 9 sur 25 · I9EE · texte numérisé non relu

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« C’est ce qui nous amène à parler du rôle qu’il nous semble juste d'attribuer à la volaille dans la pro luction de la diphtérie chez l’homme, et, bien que certains auteurs soient disposés à admettre le contraire, nous croyons pour notre part qu’il existe déjà un certain nombre de faits, suffisamment bien établis, et qui militent en faveur de ce mode de contagion.

Il est bien entendu qu'il ne saurait être question ici de discuter l'identité du bacille de la diphtérie humaine et aviaire. La bactériologie a neltement dissocié au point de vue purement théorique les deux affections. Elle nous a démontré quelle est la différence entre.le micro-organisme trouvé dans la fausse membrane d’un gallinacé et le bacille de Klebs-Lôffler, l'agent spécifique de la diphtérie de l’homme. $

Quoi qu'il en soit, dit M. Longuet, il y a à peu près unanimité parmi les bactériologisles pour déclarer que l'organisme de la diphlérie des gallinacés et autres, diffère du bacille de Klebs-Lüffler. Partant de là, ils déclarent qu'il n’y a rien de commun entre la diphtérie aviaire et la diphtérie humaine.

« Le mémoire de Roux et Yersin, écrit M. Nocart, en 1889, renverse, et d’une façon définitive, il faut l’espérer, la théorie de l’origine aviaire de la diphtérie de l’homme. |

Les deux affections sont tout à fait différentes et n’ont rien de commun ».

« Pourtant, ajoute M. Longuei, malgré les affirmations. aussi catégoriques de M. Nocart, j'aime à croire que les bactériologistes sont allés trop loin.

« Ne semblent-ils pas, en effet, avoir ignoré, — du moins dans la circonstance présente — ou peut-être “même violé une des lois les plus élémentaires de la bactériologie, celle notamment sur les transformations morphologiques et biologiques des microbes suivant les conditions de milieu : transformations bien mises en relief par les travaux de M. Charrin et les recherches de Klein ».

Pourquoi, lorsque le bacille de la diphtérie aviaire est placé dans certaines conditions spéciales, favorables à sa “transformation, à son perfectionnement biologique, ne produirait-il pas de la virulence comme les autres mic<ro-organismes et ne deviendrait-il pas agent diphtérique aclif ?

C’est là une hypothèse, — nous y reviendrons plus tard — mais comme il est prouvé que le bacille virulent de la diphlérie peut être atténué, au point de ne pouvoir être distingué du bacille appelé pseudo-diphtérique, il n'est pas non plus déraisonnable de supposer que ce bacille pseudo-diphtérique ne puisse jouer, placé dans certaines conditions, un rôle actif. dans l’étiologie de la diphtérie humaine.

Du reste, MM. Pasteur et Chamberland ont admis depuis longtemps et introduit dans la science, d’après de nombreuses expériences de laboratoire, qu'un microbe saprophyte quelconque, placé dans des conditions favurables, peut devenir pathogène. M. Charrin a longuement développé cette théorie. C’est là une idée juste et féconde, elle est admise par la plupart des savants, et rend compte

de bien des faits inexplicables sans elle.

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1! ne fallait donc pas, comme l’ont fait certains bactériologistes, faire du bacille de Klebs-Lôüffler une entité irréductible. Est-ce que lui seul échapperait à cette grande loi des transformations biologiques et des influences de milieu?

La bactériologie reste incomplète si elle se borne à juger la question uniquement d'après les résullats de laboratoire sans tenir compte des expériences bien autrement concluantes de la pratique journalière. La transmission de la diphtérie de l'animal à l’homme, question de fait, doit être jugée par des faits.

« C'est sur ce terrain inexpugnable que nous entendons nous placer et rester, en montrant que cette notion doit être acceptée aujourd’hui, en raison de la multiplicité et de la valeur des observations, comme une des mieux établies et des plus précises de l’étiologie. » (Longuet).

D'ailleurs, notre but n’est pas de démontrer que la diphtérie humaine dérive de celle des gallinacés : nous croyons seulement que l’animal, et principalement l'oiseau de basse-cour, est un des agents principaux de la transmission et de la diffusion de la diphtérie.

D'une étude comparative de la diphtérie humaine et aviaire nous serons amené à déduire qu’il existe sinon l'identité, du moins une ressemblance frappante entre cette affection chez l’homme et chez l’animal. Sans vouloir rejeter en quoi que ce soit les résultats de la bactériologie pure, nous nous reposerons surtout sur les faits cliniques, sur les nombreuses observations que nous avons

pu recueillir à l'appui de notre thèse.

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