‹ Contribution à l'étude de l'étranglement du cordon ombilical par des brides amniotiquesChapitre 9 sur 13 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Anatomie et Pathogénie de ces brides amniotiques enserrant le cordon.

Avant de nous demander comment se sont produites ces brides amniotiques, voyons d’abord leur disposition topographique :

Dans les deux cas de Braun, ces brides allaient de l’amnios au cordon : elles étaient funiculo-amniotiques ; dans le cas de Pinard et Varnier, elles étaient funiculofœtales, s'insérant d’une part sur le cordon, d'autre part sur l’extrémité eflilée d’un doigt, l’annulaire gauche. Dans le cas de Couvelaire elles étaient inter-amniotiques, interposées à deux points opposés du sac amniotique.

La longueur de ces brides est variable, 4 centim. dans le cas de Pinard et Varnier; de 23 centim., non comprise la portion aux dépens de laquelle s'étaient formés les tours et le nœud, dans le cas de Couvelaire.

Quel était enfin Le rapport de ces brides avec le cordon ? Dans la première observation de Braun, il existait à un pied de l’anneau ombilical sur une étendue de trois lignes un entremêlement de nœuds et de brides qui allaient se terminer sur la surface lisse de l’amnios.

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Dans la deuxième observation de Braun, le cordon était entouré depuis son insertion placentaire jusqu'à cinq pouces de l’ombilic d’une bande amniotique dont les tours avaient étranglé complètement les vaisseaux ombilicaux. Dans le cas de MM. Pinard et Varnier, la bride formait autour d’une anse du cordon un nœud très serré qui l’étranglait au point de le rendre filiforme. Enfin, dans l’observation de Couvelaire, la bride était enroulée trois fois autour du cordon, et présentait sur le tour le plus superficiel un nœud. |

En résumé, dansles deux faits de Braun la constriction exercée sur le cordon se répartissait sur une certaine surface, au lieu que dans les faits de Pinard et Varnier et de Couvelaire la constriction était, pour ainsi dire, linéaire.

Comment expliquer la formation de ces brides”?

- Et d’abord Braun avait, pour les deux faits observés par lui, émis une hypothèse qu'il basait sur la constata-

tion suivante : le cordon, depuis le lien de l’étrangle-

ment jusqu'au placenta, était dépourvu de sa membrane amniotique. Il en déduisit que la bride ou, plus exactement, que la bande amniotique avait été formée par un détachement partiel de la gaine amniotique du cordon. Cette bande une fois déroulée, Braun n’avait-il pas reconnu qu'elle se laissait étaler et se continuait avee le revêtement amniotique du cordon ? Restait à expliquer le décollement de cette gaine amniotique du cordon.

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Braun suppose que ce décollement a dû être opéré par à une collection séreuse inter-chorio-amniotique et que la torsion aura été opérée ensuite par les mouvements actifs du fœtus après une rupture préalable de. la membrane amniotique. ù

Gette explication ou plutôt ces explications nous semblent vraiment trop théoriques, trop hypothétiques pour que nous fassions plus que de la signaler. N'est-il pas plus logique et plus exact de rattacher ces brides amniotiques enserrant le cordon aux brides amniotiques 1 vulgaires qui actuellement sont bien connues et dont la 4 pathogénie a été singulièrement éclairée par les travaux 4 de Dareste ? Après Dareste, il nous semble utile de résu= . mer très brièvement ce que l’on sait aujourd'hui sur ces À brides amniotiques, de par les constatations anatomiques et de par l’expérimentation ?

Les brides amniotiques présentent les dispositions les plus variées. Tantôt la bride adhérente à l’amnios-pend = librement dans la cavité amniotique sur une largeur variable pouvant atteindre 15 à 20 centim. Tantôt la longue bride pendante s’insère sur un point quelconque de la peau du fœtus. Tantôt, au lieu de pendre librement dans le liquide amniotique, la bride insérée sur la peau du fœtus est enroûlée autour d’une partie fœtale, le plus souvent un membre, ou les extrémités des membres, ou les doigts. [n’est pas rare, dans ces cas, de voir la partie fœtale comprimée, étranglée par la bride amniotique. Le sillon eutané produit par l étrangement

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de la bride va se creusant progressivement. Les parties molles et le squelette lui-même arrivent à être sectionnés, si bien que le membre ou la partie du membre se trouvent amputés. On est en présence d’une amputation congénitale.

Enfin, il peut se faire que les brides unissent deux parties du corps du fœtus. De même, il en est qui peuvent tout aussi bien unir deux parties opposées du sac amniotique. La bride amniotique de l’observation publiée par Couvelaire en est un bel exemple.

Telle est rapidement résumée la disposition habituelle de ces brides amniotiques. Quelle en est la pathogénie ? - Seanzoni pensait qu'elles étaient le résultat de l’organisation d’un exsudat qui, parti de la face interne de l'utérus, aurait traversé l’amnios. Cette vue de l'esprit n’est plus admise aujourd’hui. |

L'opinion classique à l'heure actuelle est que ces brides sont produites par des adhérences de l’amnios à la peau du fœtus. Mais quel est le mode de production de ces adhérences ?

Deux manières de voir pouvaient être proposées, et elles l’ont été avec autant de vraisemblance l’une que l’autre.

La première manière de voir se base sur l'analogie de ces brides amniotiques avec les fausses membranes, qui se produisent dans les cavités des membranes séreuses, et qui sont le résultat d’un état inflammatoire. IL est banal de rencontrer à la suite de l’inflammation des

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séreuses, plèvre,péritoine, etc.,des adhérences,desbrides

unissant les feuillets de la membrane séreuse. Ces brides

sont constituées par l’organisation d’exudats inflammatoires anciens. |

De même, en assimilant le sac amniotique à un sac séreux, on est autorisé, du moins à priori, à considérer que les brides amniotiques peuvent être le résultat de l’organisation de fausses membranes d’origine inflammatoire. Cette explication semble convenir théoriquement aux faits dans lesquels on aurait lieu de penser que les adhérences se seraient produites à une époque où le fœtus est déjà bien développé.

La deuxième manière de voir fait remonter l’origine des brides amniotiques à un stade très reculé du développement de l'œuf. L’adhérence anormale ne serait plus

le résultat d'une inflammation se produisant au niveau

d’une cavité séreuse déjà normalement et complètement développée, mais bien le résultat d’une anomalie dans le développement du sac amniotique. Gette deuxième manière de voir est celle vers laquelle inclinait plus volontiers Dareste.

Les deux hypothèses sont également soutenables. Ne pouvant pour nos cas trancher la question, nous nous contentons de signaler les deux hypothèses les plus probables.

Quoi qu'il en soit, ces adhérences lâches peuvent, à mesure que l'œuf s’accroit, être tiraillées et s’allonger. On comprend que dans certains cas elles finissent par

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