INTRODUCTION
L'étude des affections de la queue de cheval est récente. Et même elle fut représentée longtemps par un chapitre réduit et schématisé dans les meilleurs traités de médecine et de neurologie. Cette manière de comprendre, si elle a permis des investigations dans ce domaine, en a fortement entravé les progrès.
Aussi bien, cette question est restée à une certaine distance, pour ainsi dire, du praticien; ce qui fait que le nombre de cas publiés n’est pas grand et que les lacunes abondent ; il n’y a aucune cohésion entre les efforts des différents observateurs.
En effet, le problème est compliqué; pour diagnostiquer une affection authentique de la queue de cheval, il faut éliminer avec rigueur celles du cône, tout particulièrement. La sémiologie se constitue lentement, de temps en temps, s'enrichit d’un bon signe différentiel entre les deux ordres de troubles.
D’autres difficultés naissent de la variété clinique et de l’aspect évolutif des maladies de ce domaine.
Mais un fait fondamental est survenu à ce propos ces dernières années. En étudiant les blessures de la queue de cheval, on a pour la première fois, en saisissant le début, l’évolution, les séquelles, fixé l’évolution, la physionomie d’un de ces syndromes.
Bon point de départ, car l’étude en a été très poussée.
He NATOUNE—
La littérature est peu abondante; les ouvrages d’ensemble sont à un tout petit nombre. Nous citerons l’excellente thèse de H. Dufour (1896) qui attire aussi nettement que possible l’attention sur le SypAOme des nerfs de la queue de cheval.
Le remarquable livre de Roussy et Lhermitte, dont plusieurs chapitres sont consacrés à ce même sujet, fait époque; il a fixé de façon solide la sémiologie et la topographie de lésions traumatiques (1918); malheureusement ce travail ne concerne que les blessures, c’est-à-dire un chapitre plutôt restreint de la nosologie du contenu du rachis inférieur.
Le travail contemporain de Guillain et Barré, moins étendu, est beaucoup plus compréhensif, car, le premier, il fait allusion aux complications générales de ces traumatismes,. !)
Tout dernièrement, en Amérique, Parker a publié neuf observations remarquablement analysées de tumeurs du cône et de la queue de cheval (1922).
Mais cette étude nous présente des matériaux bruts et non une construction, car son auteur n’est pas fixé sur le diagnostic des affections de la moelle et dela queue de cheval («the lower part of the spinal cord »); en plus, il ne paraît pas considérer, comme en France, que les affections de ces régions sont plus des maladies générales du système nerveux que des malaises locaux. Néanmoins, la documentation que nous y avons trouvée est vraiment intéressante.
1) Guillain et Barré. — Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 15 mars 1918, p. 272.
— des mêmes — Travaux Neurologiques des guerres. — (Masson 1920) p. 298.