LES LÉSIONS DE LA QUEUE DE CHEVAL PAR HÉMATORRHACHIS
Ce chapitre concernera des affections que l’on rencontre à chaque pas dans la pratique, surtout à l’occasion d’accidents du travail. Combien d'individus, ayant reçu un choc sur la partie inférieure de la colonne vertébrale, ne vont-ils pas faire des accidents légers qu'ils qualifieront de lumbago, de sciatique, et qui relèvent réellement d’un hématorrhachis méconnu.
Observation. — Mauclaire a rapporté en 1918, à la
Société de Chirurgie, un cas qu’il a suivi en entier et où il a mentionné des symptômes neurologiques précis.
. Il s’agissait d’une jeune fille de 20 ans, blessée le II mars 1017 à Paris d’un éclat de bombe de Gotha. L’orifice était au niveau de Lu, à 3 cm. à droite du sommet de l’apophyse épineuse.
Il y avait paralysie complète du membre inférieur droit et presque complète du gauche. De ce côté gauche, la blessée pouvait fléchir la cuisse sur le bassin.
‘Hypoesthésie cutanée des membres inférieurs, à droite surtout.
Douleurs spontanées très vives au membre droit, surtout à la face antérieure et à la cuisse. Douleurs augmentées par la palpation, même légère, du membre.
Les réflexes tendineux sont normaux, ainsi que les réflexes sphinctériens.
Comme il n’y a aucune urgence, la malade est radiographiée seulement au bout de 4 jours, quand les douleurs sont atténuées. Localisation de l’éclat au niveau de l’union de Ly avec Lin à 7 ou 8 cm. de profondeur.
Le 21 mars, trépanation exploratrice sous contrôle de l’écran. On évacue une grande quantité de sang et enlève de nombreuses esquilles situées dans le canal rachidien au milieu des racines de la queue de cheval.
Mais l’hémorragie devient alors très importante, au point que l’on doit arrêter l’opération, tamponner la plaie et renoncer momentanément à l’ablation du projectile. Le 15 mai, l’éclat sortit spontanément. :
Les troubles moteurs disparurent progressivement; il persista seulement un peu de gêne dans les mouvements du pied. :
Les douleurs spontanées disparurent aussitôt après l’opération.
Les troubles de la sensibilité cutanée disparurent aussi très rapidement. Il persistait le 31 juillet 1918 un peu d’hypoesthésie dans le territoire du nerf cutané péronier. Aucun trouble sensitif au niveau du périnée. Démarche normale.
Il persistait un peu d’atrophie des muscles, du côté droit surtout et un peu d’œdème de ce même côté. Au milieu de la fesse droite, il y eut une petite escarre qui guérit rapidement.
Donc, ces lésions furent minimes, traduites par des accidents qui ont regressé rapidement.
Observation XIV et XV de Conteaud. Société de Chirurgie. 17 avril 1918.
Hématorrhachis légers, aucun symptôme nerveux, mais pendant 5 ou 6 jours le malade XV ne pouvait uriner qu'étant sondé.
Il y eut commotion, puis contusion des racines par l’hématorrhachis, irritation de quelques-unes des racines droites, surtout, par les esquilles.
L'intervention chirurgicale amena rapidement une amélioration des troubles fonctionnels.
L'impotence presque complète au début, s’atténua fort vite.
Les douleurs cessèrent dès après l’opération.
Mais l’amyotrophie et les troubles de la sensibilité objective persistèrent, comme nous l’avons constaté lors de l’étude précédente, consacrée aux blessures.
Quant aux blessés de Couteaud, qui représentent ceux que l’on rencontre bien souvent, l’hématorrhachis devait atteindre les racines sacrées inférieures ; le temps que dura sa résorption il s’accompagna de troubles urinaires. |
Il y a donc lieu de retenir et fixer cette remarque: qu’un traumatisme vertébral inférieur qui, sans s’accompagner de troubles moteurs ou sensitifs vrais, atteint cependant les sbhincters, doit être observé soigneusement; 4 s’agit vraisemblablement d’un hématorachis.
LE RETENTISSEMENT DES HÉMORRAGIES MÉNINGÉES SUR LES NERFS DE LA QUEUE LE CHEVAL.
Les hémorragies méningées spinales sont rares. Le plus souvent elle sont une conséquence de traumatismes. Couvelaire en a vu chez les enfants nouveauxnés, à la suite de l’accouchement.
La pachyméningite spinale s'accompagne rarement de grosses hémorragies, mais plutôt d’hémorragies histologiques ; elle peut coexister avec la syringomyélie, les tumeurs de la moelle et des méninges.
Les signes cliniques de la pachyméningite sont des signes de compression médullaire et radiculaire: douleurs, raideurs, paralysies et amyotrophie, surréflectivité tendineuse, inversion du réflexe cutané plantaire.
Mais, dans les atteintes basses, on constate surtout une grosse kyperesthésie des téguments et des muscles, au point que l’on peut croire à une polynévrite sensitive ou même à une simulation. Des signes de paralysie aiguë peuvent se montrer à la suite d’une hémorragie aiguë, d’un véritable ictus spinal.
Les hémorragies sans arachnoïdiennes spinales sont dues aux traumatismes, à des lésions vasculaires infectieuses ou toxiques. Les hémorragies sous-arachnoïdiennes spinales primitives semblent exceptionnelles; le plus souvent, le sang provient des régions encephaliques.
La désintégration histologique du sang est intéressante et elle produit quelque temps après le début une véritable névrite toxique des racines. Il se passe
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un «ictère hémolytique local» (Guillain et Troisier) analogue à celui que l’on constate dans la plèvre en cas. d’hémothorax traumatique.
Il apparaît d’abord des polynucléaires joe le liquide céphalo-rachidien, puis il y a hémophagie par les cellules épithéliales. Dans la suite, le liquide devient xanthochromique et fort lentement, redevient normal.
Rapportons ici en résumé cette intéressante observation de Vigneras relative à une hémorragie méningée spinale.
L. 25 ans, est pris brusquement de douleurs lombaires irradiant dans les fesses et les membres inférieurs. Elles sont progressives et le contraignent à l’alitement.
Il urine normalement, mais présente de la constipation. Spontanément ou à l’occasion de mouvement, il a des crises de douleurs en ceinture irradiant vers le bas. En outre, on constate de la raideur de la colonne vertébrale, une attitude en chien de fusil, de la cephalée. La motilité volontaire est conservée, les reflexes sont normaux.
On pratique fréquemment des ponctions lombaires; le 1er jour on trouve 500.000 globules rouges par mmc. Ce culot diminue après le roe jour et accentue sa disparition vers le 20e. Mais, par contre, la coloration, faible le rer jour, fonce le roe jour et atteint son maximum le 20e.
Au bout de 6 semaines, le malade quitte l'hôpital, guéri. Mais deux mois après cette sortie, il eut un petit ictus avec des douleurs, présenta un Kernig léger et 390. Tout s'’amende rapidement.
L’élément dominant le tableau clinique de ce cas est la douleur spontanée ou provoquée. Il n’y avait donc qu’une atteinte légère toxique des racines. Tout rentre dans l’ordre sans troubles des reflexes ou de la sensibilité objective. Il s’est agi là d’une névralgie des nerfs spinaux inférieurs, plus particulièrement de la queue de cheval,