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lion aqueuse à 1/500. C'est ce mode de coloration que nous avons employé d’une façon constante dans nos recherches, en suivant la technique indiquée par notre maitre dans ses diverses communications.
Les prises de sang ont élé pratiquées par piqüre superficielle du lobule de l'oreille chez des malades à jeun ou n'ayant pris eur repas que quatre où cinq heures auparavant.
La facon d'étaler le sang sur lame n'est pas indifférente ; les leucocytes polynuciéés ne doivent pas être traumatisés par le frotlis, mais il faut qu'ils ne soient pas rétractés : on met une gouttelelte de sang sur une lame, à l'aide du bord d'une seconde lame on l’élale rapidement de telle façon qu'elle occupe une surface de # ou 5 centimètres carrés, que l'enduil n'attaque pas les bords du porte-objet et que la plus grande partie de sa surface puisse être recouverte par la lamelle ; lenduit doit sécher immédiatement, un léger réchauffement préalable de la lame facilile la dessiecalion immédiate.
L'élalement parfait du sang sur le porte-objet est assez délicat à effectuer, il est d’ailleurs pour la numéralion et l'examen des leucocytes d'une importance capitale. Si l'on n’est pas très exercé, on peut recourir pour élaler la gouttelette de sang soit à une carte de visite, à une cflilure de pipette, à une feuille de papier à cigarette, maisle premier rodus faciendi est plus simple et plus sûr. Les frotlis obtenus non plus sur lames mais sur lamelles, par glissement, donnent aussi d'excellents résultats. Nous conseillons surtout, avee M. Sabrazès, de recourir à un mode d'oblention des frottis, plus facile et plus sûr, puisque la capillarité intervient seule dans le processus d'étalement. La goutteletle de sang est déposée vers l'extrémité droite d'une lame de verre neltoyée à l'alcool et à l'éther, «on incline sur la goulle ct vers la droite le bord d’une autre lame qui croise la première: la goutte s'insinue par capillarité dans l'angle dièdre que forment les deux lames; on fait glisser le bord de la seconde lame sur la face de la première de droite à gauche, la goutte de sang entrainée par capillarité forme un enduit très fin qui sèche immédiatement. La couche de sang ne doit pas déborder la
lame ; les globules blancs refoulés pour la plupart à la périphérie du frotlis s'y retrouvent facilement, nullement endommagés. Pour l'étalement du sang sur lame, on utilisera également avec avantage le frotteur à bord légèrement excavé de Wright.
Il y à avantage à ne pas uliliser les frotlis immédiatement après leur obtention ; il est préférable d'attendre une heure et plus pour que la dessiccation soit parfaite et que les leucocytes fixés par celle soient devenus indéformables vis à vis du colorant; les préparations faites depuis une semaine et plus sont moins favorables que celles qui ne datent ee de quelques heures ou de quelques jours.
La solution de bleu faite avec du bleu de méthylène dit médicinal et avec de l’eau distillée est titrée en principe à 1/500, point n'est besoin du reste qu'elle ait exactement ce titre; une trace de formol peut amencr une conservation meilleure, mais sans que le réactif y gagne: cette solution se conservera indéfiniment si elle est maintenue aseptique en petits tubes fermés et qu'on y puise avec des effilures de pipelte. Il faut éviter quelques précipités qui peuvent se former et qui tiennent d’une part au bleu lui-même (avoir soin de ne pas agiter le flacon, puiser avec un bout d’effilure de pipette n'ayant pas servi, ni au fond ni à la surface du flacon, mais bien au centre du liquide. Il y a avantage à immobiliser, par colläge sur la table, le flacon contenant la solution de bleu, il se produit ainsi une décantation naturelle cet continue de la solution): d'autre part, lorsque le sang a un sérum opalescent, un fin nuage d'hémoconies peul se soulever; mais, en somme, ces très légers précipités sont facilement refoulés vers les bords de la préparation lorsque la lamelle est appliquée hermétiquement sur la lame: en tout cas, s'il en reste quelque trace, ils ne gènent nullement pour l'apprécialion des leucocytes.
Sur les frottis on renverse prudemment une lamelle scrupuleusement neltoyée et sur laquelle on vient de déposer une goultelette de la solution de bleu, goultelette qui doit s'étaler tout de suite uniformément, sans pression; elle doit être juste
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suffisante pour colorer, sans baigner pour ainsi dire les éléments du sang.
Pour la technique de ces manipulations, nous renvoyons aux notes publiées par M. Sabrazès, dans lesquelles un grand nombre de petits détails sont indiqués.
Quant au mode d'examen des préparalions, si elles ont été faites a retro, c'est la périphérie des froilis qui fournira le maximum de leucocytes, rendant ainsi très rapide leur décompte ; si l’on a procédé autrement, on parcourra les divers segments de la préparalion en comptant à mesure, en employant toujours un objectit à immersion huileuse et un grossissement d'au moins 600 diamètres.
Sur des froltis ainsi colorés, l'établissement de la formule hémoleucocylaire est facile à élablir : on voit nettement les hémalies pâles mais-à contour net; les hématies granuleuses se détachent très bien el nellement sur les autres; les plaquettes sanguines gonflées dans ce milieu hypolonique sont vivement imprégnées par le bleu; les lypes leucocylaires, gonflés, prennent avidement ce bleu, mais restent nuancés de telle façon que leurs caractères respectifs sont conservés. Le cyteplasme des lymphocytes s'élale dans sa zone périnueléaire, le chromoplasme étant reloulé en marge; les grands mononucléés el leurs formes de différenciation se distinguent des précédents par leur volume et par leur protoplasma plus clair. Les leucocytes polynucléés neutrophiles montrent leurs granulations en bleu très pâle, leur noyau est très foncé; les grains éosinophiles, beaucoup plus gros que les précédents, ont un ton verdâtre: ceux des maslzellen, une métachromasie violette autour d’un noyau bien coloré. Brel un œil exercé, sur de telles préparations, très simples, bien réussies, a rapidement une impression d'ensemble sur un sang donné. L’éclairage artificiel (bec Aüer et lentille convergente) favorise, surlout lorsqu'on diaphragme, le décompte des divers types leucocylaires en mellant en lumière les granulalions.
Ce procédé de coloration a le grand avantage de permettre, et cela sans hésitation, la différenciation des mononucléés
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multilobés ou formes dénommées à tort, par Ehrlich, de passage ou de transition, des leucocytes polynucléés neutrophiles ; de même Îes mastzellen ne peuvent être méconnues par ce procédé tandis que le triacide d'Ehrlich et l'hématéine-éosine ne les colorent pas et qué les autres procédés ne les mettent pas à coup sûr en évidence. Pour ce qui est de la technique du noyau des neutrophiles, l'avantage de la coloration au bleu, c'est l'intensité immédiate de la coloration de ces noyaux. Or, certaines des techniques jusqu'ici recommandées ne donnent parlois que des ombres nucléaires, par suite de l'aléa et de l'incertitude de ces colorants, dont la formule est soumise à des oscillalions tenant soit à la provenance du produit, soit à la qualité de l'eau distillée employée, elc.; on peut dire qu'avec la coloration au bleu de méthylène on n’a jamais de « ratés ». Pour ces examens des polynucléés, il est indispensable que les noyaux n'aient pas de dentelures artificielles: on les évitera, si les préparations sont absolument sèches, un peu «attendues », non chauflées et mises au contact d’une goultelette de bleu juste suffisante pour les colorer sans les déformer.
Pour quelques-uns de nos examens de sang et surtout pour la différenciation des éléments cellulaires de frottis de moelle osseuse, pulpe splénique, etc., nous avons encore employé avec grand avantage la double coloration à l’éosine-bleu de méthylène récemment indiquée par M. Sabrazès. Nous avons employé de préférence la technique suivante, recommandée par nolre maitre dans ses communications : Sur des froltis, praliqués ad libilum, suivant les divers tours de main usuels, à la surface d’une lame, simplement bien desséchés, non fixés, on renverse une lamelle chargée d'une goutte de solution alcoolique d’éosine(1) et immédiatement par-dessus d’une goutte de bleu de méthylène à 4 pour 500. On obtient ainsi une magnilique vue d'ensemble des diverses particularités morphologiques du sang. Il
(4) Formule de la solution d’éosine pour le procédé de Gram : Solution saturée d’éosine pure française dans l'alcool
importe de mettre plus de bleu que de rouge pour que les noyaux tranchent vivement. La proportion de rouge est-elle un peu forte, les granulations neutrophiles ressortent extraordinairement, les noyaux restant d'un bleu pâle. On appuiera bien d'emblée la lamelle sur la lame : le précipité pulvérulent, très léger et non gênant, minime dans les conditions de dilution de l'éosine et de bleu de méthylène indiquées par la formule, est refoulé hors du frottis. La coloration instantanée mais progressive est complète au bout de cinq à dix minutes : les préparations ainsi traitées, quelques instants ou même plusieurs heures après l'obtention des froilis, sont on ne peut plus favorables pour le décomple des espèces et variétés des globules blancs, ainsi que pour l'examen des froltis d'organes hématopoiétiques et spécialement de moelle osseuse. On fait sur des lames dégraissées à l'alcool et à l’éther des empreintes par décalque, on passe rapidement sur le segment de moclle osseuse une des faces de la lame et sur l’enduit bien étalé et desséché qui en résulte on dépose la lamelle où l'on vient de superposer la goultelelte de rouge et la goutte de bien. On obtient de cette facon instantanément de magnifiques images des myéloblastes, des myélocytes neutrophiles, des éosinophiles, des mastzellen, des mégacaryocytes, des globules ronges nucléés, etc.; les vésicules graisseuses, les inclusions macrophagiques, les bactéries apparaissent aussi très nettement.
Veut-on des préparalions persistantes? On laisse à l'air libre la goulte de bleu se dessécher entre lame et lamelle: dès que la préparation est sèche, on détache la lamelle sans difficulté. Le froltis sera dès lors examiné soit directement à l'immersion, dans une goutle d'huile de cèdre, soil après montage dans le baume sous lamelle.
IL. Types leucocytaires. — Après l'exposilion nécessaire de la technique des manipulalions des froitis ct de leur coloration, nous croyons ulile de dresser un tableau des variétés de leucocyles, le plus souvent rencontrés au cours de nos examens. Parmi les globules blanes, on distingue :
1° Les leucocytes polynucléés à granulations neutrophiles ou
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polynucléés neutrophiles (nous les désignerons sous ce nom plutôt que sous celui de polynucléaires) proviennent pour la plupart de la moelle osseuse: mesurant de 9 à 42 y, ils ont uu noyau polymorphe, boyau chromatique étranglé ou contourné.
Nous avons vu que depuis les travaux de Pappenheim et de Weidenreich, on s'accordait à donner une signification précise aux lobulations de ces noyaux : les formes les plus lobulées, lesplus découpées, scraient des formes mûres, appartenant à des leucocytes pleinement évolués, aptes au plus haut degré à la phagocytese à l'élaboration des antitoxines et des anticorps ; les noyaux arrondis, échancrés ou élranglés, les noyaux uniques, en un mol, appartiendraient au contraire à des leucocyles encore jeunes, imparfaitement évolués, issus depuis peu de la moelle osseuse, pour réagir à l'action d’une attaque récente, où fréquemment renouvelée. Les étranglements nucléaires aboutissent rarement, du reste, à la séparation complète des segments dans le sang vivant; sur les préparations, les segments multiples du noyau sont unis par des filaments nucléaires excessivement déliés ; bien souvent leur individualisalion est due à des solutions de continuité artificielles. Arneth, von Bonsdorff et les auteurs qui ont basé sur le nombre des segments du noyau des polynueléés la notion de la valeur nucléaire de ces leucocytes accordent la même valeur à lindividualisalion complète des segments du noyau et à leur réunion par un filament nucléaire délié. Le noyau découpé de ces leucocytes se montre très avide de couleurs basiques dites nucléaires, du bleu de méthylène en solution hypotonique en particulier. Leur protoplasma est rempli d'un semis de minimes granulalions neutrophiles (légèrement bleutées par le bleu de méthylène). Le pourcentage des leucocytes polynucléés neulrophiles est de 70 à 72 ‘/, dans le sang normal de l'adulte (Ebhrlich) de 60 °/, d'après M. Jolly; de 66 °}, d'après MM. Leredde et Bezancon ; chez l'enfant de 40 à 50 pour 500; chez le vieillard de 70 à 75 °/,. Ces leucocytes sont doués de contraclilité et se meuvent à la facon des amibes; ils exercent très activement la phagocytose.
SANS 2e
> Leucocytes polynucléés éosinophiles. Leur protoplasma contient un conglomérat de grosses granulations sphériques avides de colorants acides, surtout de J'éosine, se différenciant nettement des granulations neutrophiles par leur régularité, leur grosseur deux à trois fois plus grande et, sur nos préparations au bleu, par leur coloration verdàtre très nette. Sauf ces granulations, il y a identité presque complète entre les leucocytes:et les polynucléés précédents. Remarquons toutefois que la forme seule du noyau, à lobulation régulière (bi ou lrilobé), à expansions nucléaires d'un contour plein et net pourrait suffire à la rigueur pour distinguer les éosinophiles des polynucléés neutrophiles. Ces cellules sont douées de mouvements amiboïdes, sont assez faiblement phagocytaires. Dans le sang normal on compte 1 à 4 ‘/, d'éosinophiles ; chez l'enfant 3 à 5 °/..
3 Les lymphocytes. Leurs dimensions dépassent généralement de peu celles des globules rouges (7 à 8 y). Leur noyau rond relativement volumineux ou très légèrement échancré en un point, homogène, entouré d’un mince liséré protoplasmique, limilé par une membrane nucléaire nelle, abrite un à deux nucléoles ; les couleurs basiques et le bleu de méthylène colorent plus vivement le proioplasma que le noyau. Dans le mince anneau protoplasmique il n'existe aucune granulation ; c’est le réliculum du protoplasma qui se laisse colorer intensément. Dans le sang normal de l'homme adulte, on trouve le plus souvent des Jymphocytes petits (7 y); il existe encore quelques éléments plus volumineux (9 à 10 ;) ou moyens lymphocytes. Leur nombre global est de 22 à 25 °/, dans le sang de l'adulte ; chez le nouveau-né et chez l'enfant, leur nombre est un peu plus considérable. Ils sont considérés comme peu mobiles. Les lymphocytes du sang normal sont à divers stades d'évolution. Les uns sont jeunes (mince bordure cytoplasmique). les autres à un slade de vieillesse (plus large bordure cyloplasmique, moins basophile). Nous n'avons pas cru devoir, dans les numérations, faire des calégories à part dans ces deux variélés à cause des transitions existant entre elles.
4 Les grands leucocytes mononucléés, alias mononucléaires,