‹ Contribution à l'étude de l'évolution de la formule hémoleucocytaire dans la tuberculose humaine: son utilisation pour le pronosticChapitre 15 sur 46 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

doivent être désignés sous le nom de grands mononucléés ; certains auteurs les appellent sp/énocytes, en raison de ce fait que la pulpe splénique serait leur principal centre de production. Leur noyau ovalaire, le plus souvent excentrique, se colore assez bien par les colorants basiques et le bleu de méthylène ; le protoplasma, dépourvu de granulalions, se colore moins que le noyau. Le sang normal contient 2 à 4 °/, de ces grands mononucléés. Leurs formes müres et de vieillissement sont les éléments dits de passage d'Ehrlich que nous préférons désigner, avec M. Sabrazès, du terme plus précis de grands mononucléés à noyau mullilobé. À noter que ces lobes peuvent se séparer complètement. Ces formes polynucléées se distinguent des neutrophiles en ce que leur cytoplasma non granuleux a un spongioplasma nettement basophile. On peut trouver dans ces mononucléés, comme aussi dans certains lymphocytes, de très rares grains colorés, surlout mis en évidence par la solution de Giemsa et que l’on désigne du nom de granulalions azurophiles ; la plus haute expression de celte particularité morphologique se trouve dans les grands mononucléés du sang du cobaye (plasmosomes métachromatiques). Il existe dans le sang 3 à 4°/, de ces grands mononucléés mullilobés ; les deax variélés sont douées de mouvements amiboïdes. Les grands mononucléés (monocytes de Pappenheim) seraient des formes de vieillissement des grands lymphocytes, Iymphoblastles.

5° La nomenclature a surtout varié en ce qui concerne les grands éléments lymphocytiformes ou lymphocytoïides. Ehrlich les appelait : grands lymphocytes. Il s’agit en réalilé de cellules originelles des globules blancs, qu'il vaut mieux qualilier de leucoblastes. Leur distinction en lymphoblastes et en myéloblastes n’est guère possible ; leurs formes de transition vers les myélocytes qui en émanent sont désignées du nom de promyélocytes neutrophiles ou éosinophiles. Il semble bien que les globules rouges nucléés aient, comme forme originelle, une cellule à part, lymphocytoïde sans doute, mais à noyau radié, dépourvu de nucléole. Les grands éléments 1ÿmphocytoïdes mesurent de 12 à 15 y, leur noyau très avide de colorant, arrondi

ou très légèrement échancré, volumineux, est pourvu de un à deux nucléoles. Le protoplasma, assez exubérant, est fortement basophile, moins toutefois que le noyau ; noyau et protoplasma sont vivement colorés par la solution hypolonique de bleu.

Les leucoblastes vieillis ont un noyau qui s’incisure el acquièreut ainsi le type de la cellule dite de Rieder.

6° Les 2nas{sellen, dont le noyau se colore très bien par le procédé de M. Sabrazès alors que les autres méthodes le colorent lrès mal, sont connues aussi sous le nom de Zeucocytes basophiles, qu'il vaut mieux ne pas employer pour éviter les confusions. Leurs dimensions n’excèdent pas 7 à 10 4 ; leur nombre dans le sang normal ne dépasse pas 0,5 °/.. Elles représentent, semble-t-il, c’est du moins lopinion qui lend à se faire jour, des formes de vicillissement avec dégénérescence mucinoïde des lymphocytes.

HI. Evaluation de la valeur nucléaire. — J. Arneth divise les leucocytes neutrophiles du sang en cinq classes, d'après le nombre el la forme des noyaux.

Il décrit les Lypes suivants avec leurs variétés :

1° Noyau unique : 4) rond (myélocyte) ; b) échancré: c) étranglé.

2° Deux noyaux : a) deux noyaux arrondis ; 4) deux noyaux en boyau plus ou moins conlourné; €) un noyau rond, un noyau en boyau.

3° Trois noyaux : 4) trois noyaux ronds; 4) lrois noyaux en boyau; €) un noyau rond, deux noyaux en boyau; d) deux noyaux ronds, un noyau en boyau.

4° Quatre noyaux : 4) quatre noyaux ronds; b) quatre noyaux en boyau; c) trois noyaux ronds, un noyau en boyau; d) un noyau rond, trois noyaux en boyau: e) deux noyaux ronds, deux noyaux en boyau.

»° Cinq noyaux: a) cinq noyaux ronds; 4) cinq noyaux en boyau; c) trois noyaux ronds, deux noyaux en boyau:; d) deux noyaux ronds, lrois noyaux en boyau: e) quatre noyaux ronds un noyau en boÿau; /) un noyau rond, quatre noyaux en boyau.

ESA EEE

J. Arnelh comptait ainsi et dessinail 100 polynucléés el élablissait, d’après les calculs, la « figure leucocytaire neutrophile » du sang examiné.

Normalement, chez l’homme adulle, on compte 5 leucocytes neutrophiles °/, de la catégorie 1; 35 °/, de la catégorie Il; 41 °/, de la catégorie IT; 17 /, de la catégorie IV; et 2 +/, de la catégorie V.

Von Bonsdorff, voulant exprimer en valeur absolue la signilicalion des segmentalions du noyau el de leurs étranglements, accorde la valeur : 1 à chaque segment nucléaire nettement individualisé ou simplement relié à la masse nucléaire par un filament délié; il donne la valeur: 1/2 à chaque étranglement, à chaque échancrure du segment nucléaire. Conservant la division d'Arnelh en cinq grandes classes, il subdivise chacune d'elles en aulant de sous-classes que les segments nucléaires portent d'échancrures: tel leucocyle figurera dans la classe 1 avec le coefficient 2 1/2, si l'unique boyau nucléaire qu'il possède porte 3 échancrures ; Lel autre figurera dans la classe 4 avec le coellicient 5, si parmi ses 4 segments nucléaires l’un d'eux porte une échancrure, etc.

La numération lerminée, il fait un premier lotal, ne comportant que la classification de 100 ou 200 éléments comptés dans les cinq calégories d’Arneth: il oblient ainsi la « figure neulrophile » du sang qu’il examine; puis il fait un second Lolal en additionnant les valeurs exactes des segments des noyaux comptés ; ce second total lui donne la valeur nucléaire du sang examiné. |

Nous inspirant à la fois des techniques d’Arnetlh et de Von

.Bonsdorfif, nous avons, pour faciliter les calculs, opéré de la façon suivante :

Examinant les préparalions de sang pour l'établissement de la formule leucocytaire, nous classons les 100 ou 200 premiers leucocyles polynucléés complés dans les catégories et les subdivisions ci-après.

l' CLasse Il° CLASSE nn A R. Ech Etr 2 3 4 + LP2

III: CLasse IV° CLASSE V° CLASSE ET ere NS ES Re. A ER RCE. NS NE.

DA NOLOGAITZ lee 6 C2 5 6 1/2

Les deux premières subdivisions de la 1° classe renfermant, la première, les leucocytes à noyau arrondi (les myélocytes de J. Arnelh); la deuxième, les leucocytes à noyaux échancrés; la troisième sous-classe, constituée par les leucocytes à noyau unique, étranglé en un boyau plus ou moins contourné et pouvant présenter plusieurs étranglements successifs, se subdivise ellemême au prorata de ces étranglements.

A noter que les subdivisions ullimes de chaque classe (4 et 5 de la deuxième classe ; 5 et 6 de la troisième, elc.) ne conviennent qu'à de très rares éléments leucocylaires ; les premières subdivisions de chaque catégorie et celles où l’on range les demies sont les plus employées. Ayant ainsi réparti 100 à 200 polynucléés, une première numération — qui ne tient compte que de leur nombre dans chaque classe — nous donne l’image neutrophile; une deuxième numération — qui tient compte de leur valeur absolue dans chaque classe — nous donne la valeur nucléaire du sang examiné.

Par exemple, nous sommes en présence d'un polynucléé ncutrophile dont le noyau a trois segments complètement

Ne Vis

individualisés ou unis entre eux par de très fins filaments nucléaires ; l’un de ces segments est arrondi, le second a la forme d’un boyau, le troisième présente une échancrure assez profonde, nous classons ce leucocyte dans la catégorie IT avec le coefficient 3 et 1/2. Un second leucocyte a trois segments nucléaires, un des segments est arrondi, un autre est échancré, le troisième présente un étranglement net, nous plaçcons ce polynucléé dans la catégorie ITavec le coellicient 4 et 1/2. Mais, dira-t-6h, pourquoi ne pas lui attribuer le coefficient 5 ? Evidemment, l'appréciation d'un étranglement ou d’une échancrure peut être un sujet de discussion ; nous ferons observer cependant qu'il ne s'agit là que d'une différence de « un demi ».

La méthode de Von Bonsdorff, ainsi modiliée, est donc plus rigoureuse en ses résultats que celle de J. Arneth, qui ne comportait pas cette numération des polynucléés «en valeur absolue ». Bien plus, si au lieu de compter notre leucocyte dans la classe TIT avec le coefficient 4 1/2 nous le plaçons dans la classe [V avec le mème coefficient, nous remarquerons que si « l'image neutrophile » de ce sang est déformée d’une unité, la valeur nucléaire, elle, reste la même et n'est pas atteinte par cette modification.

Pour ces raisons et pour tels exemples qu'on voudra prendre, la classification de Von Bonsdorff, telle que nous l’appliquons, nous parait être un progrès sur la classification originelle de J. Arneth. :

IV. Quotient neutro-leucocytaire. — Si l’on examine l'évolution d’une formule hémoleucocytaire au cours d'une maladie infectieuse aiguë, on se rend compte que les polynucléés neutrophiles d'une part, les divers autres éléments leucocytaires d'autre part subissent des variations en sens contraire. Au début de l'infection, on voit les polynucléés neutrophiles augmenter considérablement, tandis que les lymphocytes, les mononucléés, etc., deviennent moins nombreux ; au déclin de l'infection, au contraire, il est de règle de voir le nombre des polynucléés diminuer tandis que deviennent plus nombreux Îles lymphocytes, les mononucléés, les éosinophiles, ete. ; le rap-

Dupérié 4

port dans lequel ces divers éléments sont entre eux peut être représenté par un chiffre ou quotient neutro-leucocylaire, nom que lui a donné M. Sabrazès. Quoltient obtenu en divisant le nombre des leucocytes polynucléés neutrophiles par la somme de tous les autres éléments de la formule neutro-leucocytaire. A l'état normal et chez l'adulte, ce chiffre est sensiblement égal à 2. Au début d’une maladie infectieuse aiguë, le quotient neutroleucocytaire s'élève du fait de l'augmentation des polynucléés et de la diminution des autres éléments ; si la maladie évolue vers la guérison, les polynucléés diminuant, mononucléés et lymphocytes augmentent, le quotientneutro-leucocytaire diminue et peut s’abaisser au-dessous de l'unité. Si la maladie s'aggrave, les polynucléaires restant très nombreux ou augmentant encore le quotient s'élève pour dépasser 10, parfois, au voisinage de la mort. L'étude de ce quotient se poursuit dans le laboratoire de notre maître ; nous l'avons recherché au cours de chacun de nos examens de sang.

Afin de nous entourer du plus grand nombre d'éléments possibles d'information, nous avons procédé dans la plupart des cas, en même temps qu'à la numération des éléments blanes par millimètre cube, à la numération des hématies et à la détermination du taux de l'hémoglobine. |

Pour la numération des hématies et des leucocytes, nous avons employé l'hématimètre de Hayem avec des appareils de la fabrication de Nachet.

Pour l'appréciation de l’hémoglobine, nous avons employé un hémoglobinimètre de fabrication anglaise dont les étalons sont des rondelles de papier coloré, un peu analogues à celles de l’hémoglobinimètre de Hayem, portées sur une sorte de roue. Les teintes sont graduées de 10 à 120; la teinte 100 correspond à celle fournie par une tache de sang normal déposée sur un buvard spécial. Ce dispositif permet de comparer rapidement les teintes d’une tache de sang donnée aux divers tests successifs de l'appareil rotatif:

Nos recherches ont porté sur la recherche des variations leucocytaires, plutôt que sur la numération des hématies et l'appréciation du taux de l’hémoglobine.

Page 1