‹ Contribution à l'étude de l'évolution de la formule hémoleucocytaire dans la tuberculose humaine: son utilisation pour le pronosticChapitre 33 sur 46 · ALVA · texte numérisé non relu

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Le traitement par le sérum de Marmorek n'a pas produit de modificalions hématologiques bien marquées : en période de traitement sérique la polynucléose s'est accrue, le quotient neutro-leucocytaire s'est élevé, la valeur nucléaire seule a subi une élévalion passagère.

En somme, courbe d'aggravation progressive complète.

Oservarion XLITI Tuberculose pulmonaire à forme caséeuse. Mort

Joséphine B..., trente-cinq ans, tapissière, entre le 24 janvier 1910 (salle 5,1it 7), dans le service de M. le Professeur Cassaët ; elle tousse el crache depuis mai 4909.

Le début à été marqué par une laryngite qui a duré jusqu'en août ; rapidement, amaigrissement, sueurs nocturnes et toux abondante 2 hémoptysies à répélition en août 1909. à

Depuis une huilaine de jours souffre d'une douleur très vive occupant tout l'hémithorax gauche, douleur superficielle, réveillée par les frôlements les plus légers, entrainant de la dyspnée et une gênerespiratoire très marquée.

A l’auscultalion, frottements pleuraux superficiels, très nombreux, surtout en avant dans la région précordiale, dans la région axillaire, en arrière à la base gauche.

30 janvier. Les douleurs thoraciques de pleurite ont cédé rapidement après applicalion de ventouses sèches, de cataplasmes sinapisés.

L'auscultalion des poumons est rendue plus facile : le murmure vésiculaire est diminué aux deux sommets, surtout à gauche : à ce niveau, rales humides discrets, avec respiration soufflante ; à droite, respiration rude, expiralion saccadée.

Crachats : Assez rares bacilles de Koch ; peu de microbes d'infection secondaire (diplocoques non capsulés, bâlonnets, cocci). Albumo-diagnoslic positif, 25 centigrammes d’albumine environ.

Traitement : Gaïacol, Opiacés, cacodylate de soude, suralimentation.

La malade sort le 17 février 1910, améliorée ; pendant tout son séjour à l'hôpital la température s’est tenue au-dessus de la normale, évoluant entre 37° et 38°2,

Joséphine B... revient à l'hôpital le 21 mars 1910, beaucoup plus fatiguée, amaigrie, dyspnéique, souffrant de nouveau d’une douleur vive dans l’hémithorax gauche, toussant et crachant beaucoup, toux -émétisante ; Sueurs nocturnes profuses ; pas de diarrhée.

Signes pylmonaires : Amaigrissement extrême du thorax, douleur très vive à la palpation et à la percussion de l'hémithorax gauche. Signes cavitaires très étendus à gauche et en avant, s'étendant jusqu’au 4° espace intercostal.

Au sommet droit, lésions de ramollissement au début. En arrière, signes cavilaires du côté gauche, frottements dans les deux tiers inférieurs ; au sommet droit, respiration soulflante, craquements humides.

Expectoration purulente, très abondante; nombreux bacilles de Koch (10 à 12 par champ d'immersion), quelques microbes d'infection secondaire.

Pouls, 27 au quart de minute, égal, régulier ; tension artérielle très faible.

Pas d'appétit, toux émétisante, pas de diarrhée, parfois douleurs abdominales fugaces.

6 avril. Etat stationnaire, mêmes signes pulmonaires, l’amaigrissement s’accentue.

La courbe thermique très élevée présente des ascensions quotidiennes avec maximum vespéral; grandes oscillations entre 37°2 et 40°; fièvre hectique.

1°" mai. La cachexie est extrème; les douleurs persistent dans l'hémithorax gauche nécessitant les applications laudanisées ou chloroformées qui amènent peu de soulagement; les lésions ulcéreuses du poumon gauche ont pris une extension considérable ; les signes cavitaires sont perceptibles du haut en bas du poumon, en avant et en arrière. A droite, signes cavitaires localisés au sommet droit.

16 mai. La malade, excessivement amaigrie, cyanosée, livide depuis plusieurs jours, évacuant une quantité considérable de muco-pus par la bouche, meurt rapidement dans la soirée,

Dupérié 11

Nécropsie faite trente heures après la mort.

Appareil pulmonaire : Des adhérences fibreuses très serrées symphysent les deux feuillets pleuraux du côté gauche ; on est obligé d’arracher le poumon qui s'elfrite; on met ainsi à jour une caverne très étendue intéressant tout le lobe supérieur et le tiers supérieur du lobe inférieur, caverne irrégulière et anfractueuse avec des crêtes, des ponts, des saillies en abondance; lésions de broncho-pneumonie caséeuse du lobe inférieur.

A droite, au sommet, caverne de la dimension d'un gros œuf de poule ; emphysème des parties environnantes ; congestion et ædème de la base.

Cœur: Dilatation du cœur droil; myocarde décoloré, mou.

Foie de volume plus que normal, foie gras, avec congestion des veines sus-hépatiques et début de cirrhose.

Rate petite, scléreuse, peu de pulpe splénique.

Moelle osseuse sternale ; moelle abondante, rouge, en activité.

Examen microscopique. — Moelle osseuse sternale (frottis) : tissu en pleine activité myéloïde ; beaucoup de myélocytes neutrophiles à granulations avides des colorants basiques ; beaucoup de normoblastes ; quelques myéloblastes ; très peu de leucocytes polynucléés, pas d’éosinophiles, pas de mast{zellen. En somme, transformation myéloïde à l'état jeune, sans différenciation. On trouve un leucocyte polynucléé sur une trentaine de cellules ; ces leucocytes ont un noyau pycnotique; il n'y

a dans cette moelle que des myélocytes, des promyélocyles, des myélo-

blastes et des normoblastes dont quelques-uns ont des noyaux fragmentés, deux noyaux ; on ne voit pas de mégaloblastes ; çà et là quelques cellules plasmatiques.

Pulpe splénique (frotlis). Beaucoup plus de leucoblastes qu'à l’état

normal ; un bon nombre de lymphocytes ; très peu de leucocytes polynu-

cléés et de myélocytes neutrophiles ; très peu d’éosinophiles et de mastzellen ; quelques formes de mégakaryocytes, mais assez rares ; pas de globules rouges nucléés. Les autres cellules sont des splénocytes. Fe

TS

QE

DATE (1910) 22 mars 29 mars 20 avril 5 mai

Hémoglobine.. ur. 80 °/. GO °/, 55 °/, 758), Globules rouges. . .….:........ 4.371.000!4%.340.000!%.247.000/3. 720.000 Globules blancs ............ £ 13.640 9.300 8.680 11.780 À Polynucléés neutrophiles .| 77,85 °/, | 83,80 °/, | 88,4% °/, | 90,09 v, £| Grands lymphocytoides...| 0,82 » 0,25 »

8 Lymphocytes (moyens, petits). | 13,87 11587 9,04 5,40 £ Mononeléés (grands)... 5,38 4,04 4,02 3,60 2 ]Polynucléés éosinophiles. .| 0,82 0,47 0,75 0,30 E MastroHen ir. 2, un » » » »

£\ Mononucléés multilobés...| 1,24 0,31 » »

Quotient neutro-leucocytaire .| 3,5 5,1 6,3 9

Pmage neutrophile du sang et valeur nucléaire

RP clement |. |" Valeur (1910) parm.mi.c. | nn lors nucléaire °lo | °/e | °/o | %/o | fe 22 mars 10.618 26 | 57 | 16 il 0 226 29 mars 7.193 DA SOURIS 2 1 211 20 avril 7.676 40 | 51 9 0 0 217 5 mai 10.611 54 | 38 7 1 0 259

En résumé, une femme atteinte de tuberculose pulmonaire cavilaire, à lésions très accentuées, présentant toutes les réactions spéciliques de la tuberculose, vient mourir à l'hôpital.

L'examen de la formule hémoleucocytaire donne les renseignements suivants : Anémie de moyenne intensité allant progressant, hyperleucocylose variant de 8.000 à 15.000 ; polynucléose intense et croissante (jusqu'à 90 °/,) ; baisse des autres éléments ; quotient neutro-leucocytaire s’élevant de 3,5 à 9. La valeur nucléaire est restée basse, mais sans fléchir d’une façon continue ; la veille de la mort elle était un peu plus élevée que deux mois auparavant.

En somme, courbe d’aggravalion progressive, rapide.

A noter que la nécropsie a révélé une réaction médullaire dans le sens neutrophile en rapport avec l’état du sang périphérique. d

OsservarioN XLIV

Tuberculose pulmonaire ouverte à évolution fibro-caséeuse Hémoptysies répétées. Mort

Jeanne T..., trente-neuf ans, ménagère, entre le 29 mars 1910, salle 5, lit 17, dans le service de M. le Professeur Cassaët. Souffre depuis trois ans de la poitrine, tousse, crache et maigrit.

Début par une bronchite qui succède à un refroidissement, bronchite mal soignée qui lraine et à la suite de laquelle s’installe une toux chronique, accompagnée d'expecloralion jaune verdâtre.

En juin 1908, pleurésie gauche, ponctionnée (quantité de liquide inconnue); la malade fait un séjour de deux mois à l'hôpital Saint- André; sort améliorée, mais bientôt réapparaissent toux, expectoration, filets de sang dans les crachats, amaigrissement, perte de forces, sueurs nocturnes très abondantes.

Antécédents personnels. — Pas d'affection pulmonaire de l'enfance. Règles régulières, pas de troubles génitaux, pas de grossesse.

Pleurésie droile avec épanchement, non ponctionnée, il y a cinq ans; traitée par la révulsion (vésicaloires, pointes de feu).

Pas de tuberculose familiale.

1 avril 1910. Malade très amaigrie, cyanotique, aux lèvres décolorécs, très dyspnéique, sucurs nocturnes abondantes, toux quinteuse très fatigante, expecloralion spumeuse avec grumeaux muco-purulents.

Pouls rapide, régulier, petit; tension artérielle faible.

Amaigrissement cachectique du thorax; submatité au sommet gauche, jusque dans la région mammaire; sabmatité plus limitée à droite, dans la fosse sous-claviculaire, tympanisme au-dessous.

En arrière, des deux côtés, submatité du tiers supérieur, tympanisme des régions moyennes ; malité à la base gauche, sonorité normale à la base droite.

Auseultation : Soulfle cavilaire au sommet gauche en avant et en arrière, avec gargouillements. Dans le tiers moyen, respiration de suppléance. Emphysème vicariant, avec räles humides de congestion. À la base gauche, murmure vésiculaire très diminué, frottements; la paroi manque d'élasticité ; râles humides profonds,

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