INTRODUCTION
Depuis que notre maître M.le D: Calot a prouvé par des statistiques queletraitement des tuberculoses chirurgicales par la méthode des injections et des ponctions était le seul appliquable, ies maîtres les plus éminents sont devenus les apologistes de cette méthode. La plupart des praticiens les ont suivis dans cette voie, encouragés par le nombre de bons résultats qu’ils obtenaient. Lorsque ce traitement est bien conduit, les abcès ne s'ouvrent pas au dehors et la petite plaie produite par le trocart se cicatrise en peu de jours.
Il semble donc rationnel que les fistules tuberculeuses auraient dû disparaitre dès ce jour. Mais elles sont encore trop nombreuses, parce que des médecins ou des malades, dénués de patience et découragés
par la longueur du traitement, laissent le processus tuberculeux évoluer de lui-même. Par ce fait, des abcès parfaitement aseptiques se irouvent exposés à des infections secondaires et les malades sont placés dans des conditions inférieures de résistance dans leur lutte contre le bacille de Koch. Il ne faut pas croire cependant qu'il n’y ait rien à faire pour eux: ils sont encore susceptibles de guérison et il n’est point permis de les laisser victimes d’une suppuraiion interminable qui aboutit le plus souvent à la dégénérescence viscérale et à la mort.
C’est cette terminaison fatale que voulaient éviter les chirurgiens, lorsqu'ils pratiquaient l’avivement des parois de la fistule avec larges ablations. Les sujets qui guérissaient n'étaient point très nombreux et encore pour la plupart avaient-ils subi une amputation comprenant parfois un membre tout entier. Et puisque l’on admettait queles tuberculoses fermées devaient mieux guérir avec des injections, pourquoi ne traitait-on pas Îes tuberculoses fistulisées de la même façon ? C’est ce qu’a voulu faire M. Calot lorsqu'il
a donné à ses substances modificatrices une consistance assez ferme pour les maintenir dans des cavités
ouvertes. Ainsi ont été créées les pâtes naphtolées et iodoformées que nous employons tous les jours. Pendant les deux années où le Dr Calot nous a permis de le suivre dans sa clinique de l'avenue Montaigne à Paris, et depuis que nous sommes son interne à Berck, nous avons vu les résultats de ce traitement, et nous avons été surpris de la rapidité
avec laquelle se fermaient des fistules restées ouvertes depuis de nombreuses années. C’est un fait journalier de défaire un pansement et de n'y plus trouver de pus. Nombreuses sont les observaiions de cette sorte que nous avons relevées ; nous n’en retiendrons que les plus importantes pour les exposer à la fin de ce travail. Pour ne pas être accusés de partialité, nous avons employé divers médicaments : quelques uns nous ont donné de bons rèsullats, mais leur tort était de ne pouvoir être maintenus dans une fistule à cause de leur consistance trop liquide. Mais aucun ne nous a paru réaliser aussi bien l’asepsie, et mieux favoriser la cicatrisation que celui dont nous parlerons plus longuement.
Nous comparerons ce traitement avec ceux qui ont été employés jusqu'ici. Mais avant d’en aborder l'étude, il nous paraît utile de dire le caractère et
l'évolution des fistules tuberculeuses.