INTRODUCTION
Parmi les affections abdominales aigües, l’occlusion est une de celles qui restent obérées d’une très lourde mortalité. « Plus longtemps un malade atteint d’occlusion vit avant d’être opéré, plus rapidement il meurt après », a dit Van Beuren. On peut attribuer une part importante aux difficultés et aux incertitudes du diagnostic, conduisant à des indications incertaines, à des voies d'abord mal assurées, à des explorations dangereuses; aussi devons-nous retenir toute méthode qui permet d’atténuer ces difficultés et procure au malade, avec le minimum d'inconvénients, le maximum de bénéfices.
La radiographie semble être une de ces méthodes. Ce n'est pas une panacée, mais une aide susceptible de rendre au chirurgien des services précieux. À l'utiliser systématiquement, certains auteurs comme Rabwin et Carter ont vu le taux de la mortalité s’abaisser de près de moitié, passant de 45 p. 100 à 23 p. 100.
Dans ce travail, après une étude historique retraçant les différentes étapes de la méthode, nous essaierons de dégager les signes radiologiques qui permettent dans la plupart des cas de poser un diagnostic d’occlusion de l'intestin grêle ou du gros intestin, de le confirmer ou de l’infirmer; ensuite nous exposerons la technique à employer, car il nous semble utile d’indiquer, pour une méthode qui doit entrer dans la pratique journalière, les procédés susceptibles de donner les résultats les meilleurs.
Dans nos conclusions, nous verrons les renseignements qu'apporte la radiologie dans le diagnostic différentiel de l’occlusion, sur le siège et la nature de celle-ci, sur la conduite
opératoire.