LAB R ES
pour deux grandes considérations : le présent et Pave nir du malade.
Deux cas, en effet, peuvent se présenter: ou bien l'astragale enucléé de la mortaise fait saillie sous la peau, ou bien il fait issue à lextérieur.
Dans ce dernier cas, avec complication de plaie, si de guerre lasse, on abandonne le malade, il s’infectera, aura une arthrite subaiguë avec fusées purulentes dans les gaines rétro-malléolaires, puis du sphacèle avec des phénomènes généraux graves et alors le chirurgien, la main forcée, lui amputera la jambe, mais le malade, là encore, ne Sera à l'abri d'aucune complication des plaies.
Dans les cas plus heureux, si la plaie a été soigneusement désinfectée, la réunion se fera et le malade guérira comme s’il n'avait pas eu de luxation compliquée ; mais avec sa cicatrice adhérente et la difformité causée par son os luxé, faisant saillie sur le pied, il rentrera dans la catégorie suivante.
Supposons en effet qu’il n’y ait pas de plaie, ou que cette plaie soit guérie ; le blessé reste dans des conditions absolument déplorables. C'est un véritable infirme; il est impossible que le pied reprenné sa forme normale ; son fonctionnement est compromis et les déformations, en admettant même que la tumeur osseuse soit tolérée, iront en s’accentuant, le malade marchera sur le bord externe du pied, ïl souffrira, il se produira à ce niveau des bourses séreuses, des callosités ; toute pression au niveau de l’astragale pourra
amener le sphacèle et le blessé retombera sous le coup des plus graves complications.
Dans l’un et Pautre cas, l’extirpation complète de l’astragale s'impose donc.
Mais ici se pose une autre question.
Faut-il opérer de suite ou attendre par exemple que tout symptôme phlegmasique ait disparu ?
Si le praticien se trouve seul, isolé, sans aide au moment du traumatisme, le malade pourra certes attendre sans grand danger, à condition que toutes les précautions rigoureuses aient été prises pour Jui faire un pansement antiseptique convenable. Mais si l’on à tout sous la main, il est, eroyons-nous, préférable d'opérer d'emblée, car, à ce moment, il n'y aura pas d'adhérences, l'opération est facile, tandis que sur une luxation ancienne, il faudra lutter contre les tractus fibreux et disséquer péniblement l'os.
Le procédé opératoire, dans ce cas, est toujours un procédé de nécessité, on incisera sur l'astragale en ayant soin de ménager les tendons. « Une incision rectiligne, curviligne ou en croix, pratiquée sur la portion d'os proéminente ou prolongeant les plaies CxXIStantes permettra souvent d'enlever l'os qu'on rase avec le bistouri. » (Delorme.)