‹ Contribution à l'Étude de l'HelminthiaseChapitre 10 sur 46 · REMISE · texte numérisé non relu

REMISE

L’anus se trouve à environ 2 mm de l’extrémité postérieure et la vulve transversale, dans le premier quart antérieur du parasite.

Les œufs sont oblongs et asymétriques, avec une face plane et une face convexe; ils mesurent environ 60 u de long et 30 u de large.

Ils présentent une double paroi dont l’externe est albumineuse. Ceci fait que les œufs sont agglutinés les uns aux autres.

Biologie

Rappelons brièvement la conception classique de BRUMPT (1).

Nous citons son Traité de parasitologie : «l’oxyure à l’état adulte habite le gros intestin de l’homme. Dans les premiers stades de son existence, il vit dans l'intestin grêle. On le trouve fréquemment dans l’appendice. On les trouve parfois en très grande abondance, mais comme ils ne pondent pas d’œufs tant qu'ils sont dans le tube digestif, il n’existe pas de procédé coprologique pour évaluer leur nombre approximatif. Leur longévité est probablement faible, car la femelle ne peut assurer la ponte et par conséquent la conservation de l’espèce qu’une fois sortie du tube digestif... Dans les conditions habituelles, les oxyures ne pondent pas dans l'intestin. Les œufs müûürs s’accumulent dans le volumineux utérus et quand la femelle est devenue un sac à œufs, un tropisme particulier la dirige vers l’anus d’où elle est entraînée à l’extérieur par les selles.

Quand cette femelle migratrice est rejetée avec les déjections, elle vide son utérus en quelques instants et son corps se recroqueville. La masse pondue reste au niveau de la vulve du ver (blanche au moment de l’émission, elle brunit rapidement). Tous les œufs, au nombre de plusieurs milliers sont au même stade de développement, ce qui montre bien que l’absence de ponte dans le tube digestif est due à des adaptations particulières de ce Nématode. Quand les femelles sortent par l’anus en dehors des selles, elles évacuent leurs œufs sur le pourtour de l’anus où ils sont faciles à mettre en évidence. Au moment de la ponte, l’œuf renferme un embryon gyriniforme. Si ce dernier rencontre un degré hygrométrique favorable et une température d’environ 300, il se transforme en quelques heures en un embryon vermiforme replié sur lui-même. Ces conditions se trouvent réalisées dans le mucus rectal et à l’anus. Le mucus rectal ou les déjections renferment donc des œufs ayant un embryon infectieux contrairement aux autres Nématodes parasites de l’homme. Il peut donc y avoir auto-infestation. L’embryon une fois formé peut rester longtemps à l’état de vie latente, mais contrairement aux œufs d’Ascarides, il ne résiste pas à l’action prolongée de l’eau. Les expériences de LEUCKART (1865), Grassi (1879) et CALANDuccUo (1888) ont démontré que ces vers évoluent directement et que l’infection se fait par l’ingestion d’œufs embryonnés. La coque ramollie par le suc duodénal met en liberté l'embryon,

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qui évolue dans l’intestin grêle. Mis en liberté dans le tube digestif, il est permis, d’après son aspect morphologique, de penser qu’il se développe sur place dans l'intestin, sans accomplir de migrations dans le corps de son hôte.

Après avoir subi deux mues dans l'intestin (HELLER 1903), (mais peut-être bien trois ou quatre) les vers s’accouplent et gagnent le gros intestin pour y achever leur développement. On prétend d’habitude, qu’après l’accouplement les mâles meurent et sont expulsés. En réalité, ils sont encore très nombreux. Les femelles gravides s’approchent de l’anus et par leurs morsures incessantes et surtout leurs mouvements de reptation, provoquent un prurit insupportable. La durée du cycle est de 2 semaines (CoBBoLp, 1889). Dans des cas exceptionnels, dus peut-être à l’arrivée de sucs de l'intestin grêle dans le gros intestin, on a observé l’éclosion de larves dans cet organe.»

Si l’absence d’hôte intermédiaire dans le cycle évolutif de Dette ne fait de doute pour personne, il n’en est pas de même de la théorie pronée par PENSO(2) et certains auteurs allemands, qui soutiennent non seulement que l’évolution de l’helminthe en question peut se faire, mais se fait le plus souvent à l’intérieur de l’intestin.

Est-il possible, comme l’affirme PENSO, que les oxyures, après avoir creusé dans la muqueuse intestinale, pondent dans son épaisseur des œufs qui s’y transforment en larves et que ces larves retournent dans l’intestin pour y continuer leur développement jusqu’au stade d’adulte? — PEnso s’élève contre la conception leuckartienne de l’auto-infestation par voie orale et pense que la persistance de l’oxyurose chez un individu et les difficultés de la thérapeutique en cette matière s’expliquent par le fait de l’évolution intra-intestinale du parasite plutôt que par la théorie de LEUCKART, qu’il estime erronée.

D’après lui, entre autres, l’absence d’œufs dans les matières fécales d’individus éminemment parasités et les multiples récidives de l’infestation après des cures qui semblaient définitives, relèvent du fait que la phase embryonnaire et les premières phases du cycle évolutif ont lieu à l’intérieur de la paroi intestinale.

Cependant, dans une publication, LENTZE (3) en 1932 s’oppose à PENSO et se range derrière les biologistes russes ZAWADOWSKI et SCHALIMOV (4) dont les travaux auraient établi qu’à un certain stade de son développement, l’oxyure a besoin d’oxygène et que ce besoin ne peut être satisfait dans le milieu anaérobie de l’intestin. La phase critique serait la transformation de l'embryon gyriniforme en larve pour laquelle non seulement la présence d'oxygène serait indispensable, mais encore une certaine humidité et une température d’au moins 260. Les auteurs russes pensent que le suc gastrique libérerait la larve dans l’œuf mûr et que si l’on a pu noter chez certains individus une sorte d’immunisation ou, si l’on veut un état réfractaire à l’oxyurose, c’est probablement parce que la teneur en Acide chlorhydrique de leur sécrétion gastrique est insuffisante pour effectuer

cette libération de la larve.

PO

Dans cette controverse, il convient de citer les expériences de Kocx (5) qui réussit à infester des enfants sains en leur administrant des lavements contenant des œufs d’oxyures.

Il est vrai que des essais analogues avaient été voués à l’échec antérieurement, à la tentative de Kocx et semblaient ainsi confirmer les vues de ZAWA- DOWSKI et SCHALIMOV. Il convient d’ailleurs de préciser que ces tentatives de contamination par lavements contenant des œufs ne sont que dans une faible mesure couronnées de succès. Kocx lui-même, souligne ce faible pourcentage de réussite qu’il attribue au fait que les œufs sont transportés par le lavement dans le colon descendant et non point dans le caecum. Il n’en demeure pas moins que l'expérience de KocH prouve que des œufs d’oxyures peuvent se développer dans l'intestin, sans la présence d'oxygène. Cette possibilité d’une évolution en milieu anaérobie n’entame cependant pas fondamentalement la conception classique de la propagation de l’infestation, à savoir : les femelles viennent pondre dans la région perianale, leur reptation provoque un prurit auquel le porteur d’oxyures répond par un grattage de la région irritée. 1] accumule sous ses ongles ce faisant, des œufs müûrs et parfois même des vers adultes.

Toutefois, nous pensons que l’évolution intra-intestinale est souvent importante. Nous avons pu noter, en effet, lors des traitements que nous conseiilions, le rôle capital, quant à l’obtention d’une guérison définitive, joué par les lavements. Selon que les porteurs de parasites s’astreignaient ou non aux neuf lavements mensuels, selon qu’ils les pratiquaient plus ou moins consciencieusement, les résultats définitifs variaient totalement.

Notre ambition en rapportant cette observation n’est point d’infirmer ou de confirmer telle théorie biologique, mais simplement d’attirer l’attention du thérapeute sur la pratique des lavements dans le traitement des oxyuroses.

Nous pensons d’ailleurs également, que sous cet angle, l’évolution qui se fait dans la région de l’anus doit être prise très sérieusement en considération. En effet, le simple fait de prendre quotidiennement plusieurs bains prolongés permet aux peuplades d’Indonésie d’être pour ainsi dire indemnes de toute oxyurose, comme a pu le constater le Hollandais KE1ZER (6) qui, lors de nombreux examens coprologiques pratiques dans ce pays, n’eut même pas à noter une seule fois la présence d’oxyures alors que les Ascaris et d’autres parasites abondaient.

Dans l’ensemble, cette question très controversée de l’évolution des oxyures est loin d’être résolue entièrement et il s’avère que bien des points avancés un peu hâtivement, restent encore à démontrer sérieusement.

Nous l’avons rappelé parce que d’une part, telle qu’elle est, elle permet tout de même certains enseignements d’ordre thérapeutique, d’autre part, l’incertitude partielle où l’on s’y trouve, explique les hésitations et les échecs dans le domaine de la prophylaxie et de la thérapeutique.

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