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MÉTHODE DE DIAGNOSTIC DANS L’OXYUROSE

Jusqu’à ces dernières années, le diagnostic de l’oxyurose souffrait de ce que les examens coprologiques étaient souvent négatifs. Les statistiques qui s’appuyaient sur ces examens amenaient à des conclusions visiblement erronées. C’est ainsi que plusieurs études coprologiques concernant les habitants de la région lyonnaise indiquaient un pourcentage infime de porteurs d’oxyures. En fait, cette absence d’œufs ou de parasites adultes dans les matières fécales ne pouvait infirmer le diagnostic clinique tout simplement parce que les femelles pondent au niveau de la muqueuse de la marge de l’anus, et que par conséquent les œufs sont rares dans les selles. Ceci interdisait donc toute recherche systématique.

Cependant, depuis quelques années, la difficulté a été surmontée aussi bien par SCHÜFFNER et SWELLENGREBEL (7), que par GRAHAM (1940) (8) et Jacogs (1942) (9).

Tous ces auteurs recueillent les éléments parasitaires là où ils se trouvent réellement, et souvent en abondance.

SCHÜFFNER et SWELLENGREBEL se servent d’un pilon de dimension déterminée, humide, pour faire un massage de l’anus du présumé porteur. Puis ils raclent soigneusement le pilon et étalent la substance ainsi obtenue sur une lame et analysent ensuite au microscope.

GRAHAM, JAcoBs et d’autres auteurs anglo-saxons après eux, préconisent l’emploi d’une bande de cellophane adhésive qu’ils appliquent autour de l’anus. Les œufs de parasites se fixent ainsi sur la cellophane, que l’on peut passer ensuite directement sous le microscope, pour ce que BRUMPT (qui, par ailleurs, ironise sur la méthode du massage humide) appelle la lecture du degré de l’infestation d’après le nombre d’œufs que l’on découvrira par champ.

Nous avons cité ces méthodes d’une part, parce qu’elles constituent une acquisition essentielle dans le domaine de la détermination de l’oxyurose, et d’autre part, parce que nous estimons qu'ici en particulier, toute statistique doit publier ses méthodes d'investigation et entre autres se situer par rapport à l’emploi ou le non-emploi de l’une ou l’autre de ces méthodes.

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Pour notre travail, nous n’avons cependant pas eu à recourir à ces techniques. En effet 70 % des personnes qui se présentaient à nous avaient pu, à un moment donné, reconnaître la présence d’Helminthes soit dans les selles, soit à l’anus même, lorsqu'il s'agissait d’un enfant que ses parents examinaient méthodiquement le soir sous la lumière, «avant de le mettre au lit, je lui en sors de pleines poignées ». La mère de famille pouvait alors dire : « Mon enfant a la fourmillière » et le diagnostic ne souffrait aucune difficulté.

Pour les cas incertains, on recommandait l’administration d’un vermifuge durant quelques jours et la surveillance des selles pendant ce laps de temps. Dans la plupart des cas, on finissait par découvrir ainsi la présence de parasites.

Nous n’indiquons finalement le traitement que nous exposerons plus loin, que lorsque la présence d’oxyures avait été réellement décelée, et dans nos statistiques, nous n’avons considéré comme positif que ces cas. Nous n’en dirons pas cependant pour autant que tous les autres cas étaient négatifs, car il nous arrivait quelquefois de noter à leur propos bon nombre des symptômes que nous avions pris l'habitude de remarquer et dont nous pouvons par ordre de fréquence de leur apparition donner le tableau suivant :

Troubles engendrés par l’Oxyurose

Saison Symptômes °/o de fréquence durant laquelle le trouble est le plus marqué

Pruritanaleter" PTS REA EE + dE. 76% Hiver

Perte de poids ou arrêt de la crois-

sance chez le jeune enfant .... 18% Printemps NETVOSITÉ MR en miel SORA 215 Printemps Nausées, vomissements ......... 1597 Été | Haleine chargée, fétide ........ 1502 Été ASTHME ren et ee Ne 20% Automne Modification de l’appétit ....... 40% Printemps - automne Énurésiesi ie nr Ets SU Hiver Phénomènes épileptiformes ..... HAS Printemps Cerne bleu desyeux..:...... 22 VA Printemps

Inégalité pupillaire ...:..:.44.. DD Toutes saisons

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Ce tableau, loin de prétendre à établir une hiérarchie des symptômes de l’oxyurose, résume simplement, en les ordonnant pour la clarté de l’exposé, les troubles que nous avons eu l’occasion de relever chez les différents individus porteurs d’oxyures, conseillés par nous dans leur thérapeutique.

Prurit anal

Si nous comparons ce pourcentage à celui fourni par Roman et COuDERT (10), nous le trouvons nettement supérieur. Ces auteurs se sont livrés dans la région lyonnaise à des recherches systématisées sur des enfants hospitalisés. Ils ont utilisé pour leurs travaux la méthode de SCHÜFFNER et SWELLENGREBEL, dont nous venons de parler, et parmi les porteurs d’oxyures ainsi déterminés, 20 % seulement se plaignaient de démangeaisons anales. L’explication dé cette différence entre les deux pourcentages (20 °/, et 76/,), nous paraît résider essentiellement dans la différence de recrutement des cas. Le nôtre est très particulier en ce sens que nous nous sommes occupé de sujets qui présentaient tous des signes cliniques d’Helminthiase et qui venaient nous trouver parce qu’ils en souffraient ou bien qu’ils les avaient remarqués. ROMAN et COUDERT, eux, opéraient sur des individus hospitalisés pour des symptômes dont certains étaient souvent tout autres que ceux de l’oxyurose, et dont l’Helminthiase avait été révélée secondairement au microscope, soit dans les selles, soit dans le prélèvement obtenu par massage humide. Il conviendra d’ailleurs de distinguer entre les «porteurs d’oxyures » et les cas d’oxyurose (car il est bien entendu que l’on peut être porteur d’oxyures et ne présenter aucun des signes cliniques qui instituent le symptôme de l’oxyurose).

Par ailleurs, notre statistique porte sur des sujets de tout âge, alors que celle des deux auteurs lyonnais est relative à des enfants dont certains ne pouvaient peut-être pas exprimer parfaitement ce qu’ils ressentaient ou se souvenir de façon très précise de ce qu’ils avaient éprouvé. Pratiquement, nous pouvons dire que le pourcentage que nous avons déterminé est relatif à la fréquence du prurit dans des cas d’oxyurose, alors que celui de RoMAN et COUDERT se rapporterait plutôt à des porteurs d’oxyures.

Comme nous l’avons indiqué dans notre tableau, le prurit anal est noté plus fréquemment en hiver qu’en toute autre saison. Ceci nous semble en raison inverse du nombre de bains que l’on prend. Dans bien des milieux populaires, par exemple, pour la valable raison d'éviter le refroidissement et ses conséquences rhino-pharyngées et pulmonaires, on réduit au strict minimum les ablutions durant le froid, entre autres les enfants sont peu baignés et l’usage du bidet est également réduit. |

Nous avons également essayé de nous rendre compte si le prurit se produisait plus fréquemment à un moment déterminé de la journée, après les repas

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par exemple, ou après les émissions de selles, ou encore s’il était ressenti plus volontiers dans une certaine position du corps (assis, debout, allongé). Si certains auteurs ont pu signaler, entre autres, que le prurit était surtout sensible le soir, nous n’avons pu, quant à nous, établir quoi que ce soit de bien défini à cet égard. Tout au plus, pouvons-nous indiquer que certains individus à la fin de repas prolongés et riches en calories (repas du dimanche) semblent avoir éprouvé une recrudescence particulière de leurs démangeaisons.

Le prurit nous a semblé également plus fréquent chez les adultes que chez les enfants. Mais, ici encore, il nous faut faire la réserve relative à nos conditions spéciales d’investigation et rappeler que pour les adultes, ce qui déterminait surtout leur venue en notre officine, c’est le prurit anal intolérable qui leur faisait passer des nuits blanches.

Nous nous sommes aussi demandé, à un certain moment, si le trouble en question n’était pas d’avantage ressenti par les hommes que par les femmes, ce qui paraîtrait un peu paradoxal, étant donné la nature hyperesthésique que l’on prête généralement à ces dernières.

Si pratiquement nous avons pu constater qu’un peu moins de femmes que d’hommes se plaignaient du prurit anal, c’est probablement parce que l’habitude de bains de sièges fréquents pour la toilette féminine constitue un traitement préventif, sinon de l’oxyurose, tout au moins du prurit.

Nervosité

Dans la hiérarchie des symptômes que nous avons pu établir, les manifestations d'ordre nerveux viennent en second lieu. Nous groupons sous cette rubrique, aussi bien l’irritabilité ou les variations d’humeur à caractère presque cyclothymique chez l’adulte, que les crises épileptiformes chez les enfants et adolescents, ou encore les crises convulsives chez les enfants en bas âge. Nous avons pu constater l’existence de phénomènes de cet ordre dans vingt pour cent des cas. Il semble que le sexe ait ici son importance, car aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant de plus de six ans, l’élément féminin paraît nettement plus réceptif. Pour les enfants en bas âge, les crises convulsivantes s’avèrent aussi fréquentes chez les garçonnets que chez les fillettes. Une caractéristique de ces troubles est que leur sédation semble être beaucoup plus facilement obtenue par la médication bromurée que par toute autre, y compris les barbituriques. Nous avons pu nous en rendre compte par comparaison de notre traitement avec les thérapeutiques antérieurement appliquées.

Quelquefois cette nervosité de l’enfant peut être absente à l’état de veille et se manifester seulement durant le sommeil, soit par une crispation de quelques instants de la mâchoire, ou par un mâchonnement continuel.

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Les crises convulsivantes peuvent également se produire plusieurs fois pendant une journée, et semblent présenter un certain caractère de chronicité. C'est ainsi que la mère de famille arrive très fréquemment à nous dire en parlant de son enfant : « Le gosse a eu sa tournée de vers avec la lune ». Les témoignages à ce sujet sont très fréquents, comme ceux d’ailleurs sur l’influence du vent du midi. Nous n’irons pas cependant jusqu’à affirmer la certitude d’une corrélation entre le cycle de l’Helminthe et ces différents phénomènes.

Perte de poids

Presque aussi fréquemment que des troubles nerveux, apparaissent chez les adultes, les adolescents et les enfants de plus de dix ans, des pertes de poids, ou chez les jeunes enfants des arrêts de croissance (dans ces derniers cas, nous avons eu très rarement à constater de réelles pertes de poids). Chez les adultes, nous avons pu noter des pertes de 5 à 7 kg subies en quatre à dix semaines par des personnes pesant de 52 à 80 kg. Ces pertes ont fréquemment lieu malgré un très gros appétit, ce qui les rend attentives à la vigilance populaire et on note régulièrement à leur propos l’échec des thérapeutiques anti-anémiques ou fortifiantes.

Chez les enfants, cette perte de poids s’accompagne, et s’explique à la fois, par un manque d’appétit. Ce dernier phénomène est rarement noté chez des adultes, si ce n’est la constance d’un certain état nauséeux. Les variations d’appétit chez les enfants sont très sensibles et présentent un certain caractère chronique, tout comme pour la nervosité. Nous avons pu maintes fois remarquer une sorte de parallélisme entre ces ceux symptômes; l’appétit revenant lorsque l’enfant est moins agité.

Parmi les autres symptômes souvent remarqués par les parents qui venaient nous demander notre traitement, nous nous devons de mentionner l’énurésie nocturne, l’inégalité pupillaire et le cerne bleu autour des yeux. Ce dernier signe est particulièrement sensible chez des enfants au teint clair, ce qui nous a souvent valu l’affirmation suivante : «mon enfant est blond, il a des yeux bleus, il doit avoir des vers ».

L’énurésie se manifeste par périodes, chez des enfants âgés (jusqu’à 14 ans) et on peut vraisemblablement l’attribuer à un dérangement des mécanismes inhibiteurs réflexes, provoqués par les migrations des parasites.

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