‹ Contribution à l'Étude de l'HelminthiaseChapitre 19 sur 46 · ART ARTE · texte numérisé non relu

ART ARTE

Non seulement l'insuffisance de durée d’une médication peut être, dans la perspective de la thérapeutique individuelle, la cause d’un échec, mais encore l'ignorance et la non-application de mesures d'hygiène concernant le sujet traité peut signifier dans ce domaine auto-réinfestation, et par. conséquent recrudescence de la maladie.

À notre sens, lors du traitement d’un individu infesté, il faut :

19 Chasser l’oxyure de l'intestin.

29 Détruire les œufs qui se trouvent accumulés sur le corps du malade.

39 S’occuper de remédier au prurit anal, à l’inflamation de la muqueuse intestinale, et aux autres troubles (nervosité, asthénie, perte de poids, etc.), particulièrement chez les enfants où ces troubles sont souvent très accentués et comportent des dangers d’infection secondaire.

On peut donc dire que le traitement d’un porteur d’oxyures comporte à la fois une thérapeutique médicamenteuse et une hygiène thérapeutique. Les difficultés de celle-ci ne sont pas les moindres.

WIEGAND soutient que pour arriver à la perfection dans ce domaine, il conviendrait de traiter les malades dans une clinique spécialisée qu’il imagine pourvue de chambres de traitement aux murs lisses et lavables, au plancher carrelé et incliné nanti d’ouvertures servant à l’évacution de l’eau chaude et froide, dont on se servirait en abondance. Dans cette clinique, les malades, après chaque selle, prendraient une « douche anale ».

WIEGAND imagine même à cet usage, des cabinets dont la cuvette serait en tronc de cône, et où les selles seraient acheminées vers l’extérieur grâce à une eau bouillante sous pression. D’amples bassins où le malade pourrait facilement plonger ses mains et ses avant-bras seraient irrigués par une eau également sous forte pression et l’entraînement mécanique des œufs de parasite collés aux mains serait ainsi assuré. Dans cette clinique idéale, le personnel attaché au centre de désinfestation serait soumis à une rigoureuse discipline d’asepsie, tout comme celui d’une salle d’opération. On trouverait dans ce centre de désinfestation des récipients parfaitement stériles et des ballons contenant des solutions pour lavements, du linge de rechange stérilisé en abondance, et manipulé par un personnel ganté de caoutchouc, etc.

Comme le dit WIEGAND, non seulement la construction d’une telle installation est hypothétique, mais peu nombreux sont ceux convaincus de la nécessité de pratiques aussi rigoureuses pour venir définitivement à bout d’une oxyurose. L'expérience nous a montré, à nous, que peu nombreux seraient même ceux qui admettraient la possibilité d’une hospitalisation quelconque, si tant est qu’on veuille jamais la leur proposer; et que si d’une part, il convient de dire que l’infestation vermineuse est une notion généralement admise dans le public, il n’en est pas moins vrai d’autre part, que la gravité de certaines Helminthiases est à peine soupçonnée. |

Page 1