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TRAVAUX PERSONNELS CONCERNANT LES ASCARIDIOSES

Dans les tableaux suivants nous exprimons nos statistiques par rapport

Tableau statistique (1948-1949)

à l’âge et au sexe de nos cas d’Ascaridiose.

à : à au-dessus Nombre total

ss 0 à 6 ans 6 à 12 ans |12 à 22 ans Hood des

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M. F. MIRE M. F. M. F. |vées par nous

Novembre......... 6 4 4 3 2 2 5 3 29 5 6 6 4 4 2 3 0 30 Décembre ........ 3 3 0 2 1 1 1 2 13 4 6 2 2 0 l 0 1 16 1949 :

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Tableau statistique (1949-1950)

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Sur le premier tableau (1948-1949) nous relevons :

Décembre : 13 cas

Février : 12 cas Mars : 12 cas Juillet : 13 cas

Sur le deuxième tableau (1949-1950) nous relevons :

Décembre : 12 et 11 cas

Janvier : 9 et 13 cas Février : 9 cas Mars : 12 cas Mai : 10 cas

Août : 13 cas

ENT y

Ces minima sont répandus sur toute l’année, sans aucune indication saisonnière bien déterminée; peut-être la moyenne de 18 est-elle un peu élevée par suite des maxima extrêmement accusés et que ce soit ce fait qui conditionne tant de valeur en dessous de la marge normale. De toute façon, ces minima ne sauraient donner lieu à interprétation, puisqu'ils sont atteints aussi bien en hiver qu’en été et au printemps.

L'analyse des maxima nous paraît plus concluante. Nous pensons que ces maxima sont atteints vers la fin de l’été et au début de l’automne pour les

raisons suivantes :

19 Présence d’un grand nombre d’enfants émigrés de la ville à la campagne en été, ce qui entraîne un contact fréquent avec la terre des jardins et des champs, et amène parfois la consommation d’eaux souillées.

20 Emploi, en été, d’un grand nombre de légumes consommés sous forme de crudités (carottes râpées, salades, etc.).

30 Le développement des Ascaris est favorisé dans la nature par les pluies du printemps et les chaleurs de l’été.

L'influence de la consommation des crudités explique encore un autre aspect des statistiques. En effet, si nous analysons les tableaux pour déterminer l’influence du sexe, nous nous apercevons que pour la quatrième catégorie seule, c’est-à-dire pour les adultes, les cas d’infestation masculins sont nettement supérieurs aux cas féminins. Pour les autres catégories, le sexe ne semble avoir aucune influence. Nous avouons qu’il semble difficile de trouver une explication plausible à ce fait, mais en examinant les professions des différents porteurs, nous nous sommes aperçu qu’un nombre élevé de ceux-ci sont soit représentants de commerce, soit employés S.N.C.F. (personnel roulant). Ces personnes prennent fréquemment leurs repas en dehors de leur famille et consomment des crudités et des salades plus ou moins soigneusement préparées. C’est là également le sort d’ouvriers monteurs en déplacement ou de certains célibataires ou veufs.

L'influence de la présence des citadins à la campagne, pour être moins nette ne nous paraît cependant pas moins certaine. En effet, alors que le nombre de porteurs d’Ascaris d’origine rurale est sensiblement invariable durant toute l’année, celui des citadins augmente précisément de septembre à novembre; c’est-à-dire après le séjour à la campagne.

Analyse des tableaux statistiques

Nous avons adopté pour le dénombrement des Ascaridioses les mêmes catégories que pour celui des Oxyuroses, et ce pour les raisons suivantes :

19 Les traitements respectifs de ces deux helminthiases comportent beaucoup d’éléments de similitude.

Se

2° Nous avons fréquemment rencontré les deux parasitismes chez le même individu; 19 % des porteurs d’Ascaris hébergeaient également des Oxyures (pour la plupart des enfants de moins de 10 ans).

Si nous effectuons l’analyse dans cet ordre d’idées, nous voyons que pour 2715 cas d’Oxyuroses, étudiés de novembre 1948 à octobre 1950, nous avons pour la même période de temps, 862 cas d’Ascaridiose, soit un rapport de

En — 0.14.

Étant donné la similitude de recrutement pour les deux statistiques, nous pouvons dire que l’Oxyurose est environ trois fois plus fréquente que l’Ascaridiose. Si nous approfondissons cependant l’examen et que nous établissions des rapports dans chaque catégorie, nous arrivons aux résultats suivants :

ls

Ire catégorie : moins de 6 ans: —— — 3,97

IT, catégorie: 6 à:12 ans: tot 0921

1Hiecotésorer, 1214-22 ans me 02,05 ET

IVe catégorie : plus de 22 ans: Fe =) 0

Les chiffres exprimant les rapports : 3,97 - 3,21 - 2,95 - 1,91 diminuent en relation directe avec l’âge des sujets parasités.

Nous pouvons donc conclure que l’ascaridiose est relativement plus fréquente chez les adultes que chez les enfants. Nous verrons plus loin quelle interprétation nous pouvons en tirer quant à l’étiologie et à l'hygiène de l’ascaridiose. Nous tenons à rapporter ici les conclusions publiées par SZIDAT et WIEGAND (40) en 1933; ces auteurs ont établi une courbe de fréquence de l’infestation par Ascaris d’après l’âge des porteurs. Ils ont constaté qu’à la campagne le maximum était atteint entre 7 et 14 ans, puis la courbe diminue notablement pour se rapprocher de 0, après que l’enfant a quitté l’école.

I1 semblerait que les adolescents de 18 à 29 ans (c’est-à-dire d’après nos auteurs « à un âge où l’on a grand soin de son aspect extérieur et où l’on s’occupe peu d’enfants ») ne sont, pour ainsi dire, jamais parasités.

De 30 à 40 ans, la fréquence augmente de nouveau. Ce serait suivant ces auteurs l’âge où les jeunes mariés ont à s’occuper de leurs enfants, fréquemment atteints.

La courbe remonte une troisième fois pour les vieillards, qui eux, seraient contaminés par leurs petits-enfants.

Sans doute ne pouvons nous établir un parallèle rigoureux entre nos résultats et ceux publiés par SzIDAT et WiEGAND pour la raison que les dénombrements opérés par ces derniers, l’ont été année par année, alors que nous mêmes avons procédé par catégories.

C’est ainsi que la lecture de nos tableaux ne peut établir de façon précise que la courbe de fréquence de l’infestation atteint son minimum à l’âge de 25 à 29 ans. Nous avons remarqué que l’ascaridiose est nettement moins fréquente de 18 à 25 ans; quant à affirmer qu’elle tende vers 0, nous ne saurions le faire, car nous avons tout de même eu affaire à bon nombre de cas. Nous savons sur combien de cas porte le dénombrement qui a permis aux auteurs allemands de tracer leur courbe, et comme nous n’avons trouvé aucune statistique, faite dans des conditions analogues, nous ne saurions établir de comparaisons valables, pour confirmer ou infirmer les assertions émises à ce propos. Nos résultats confirment cependant ceux de ces auteurs quand ils voient dans l’âge scolaire l’âge maximum de parasitisme. Mais si nous établissons une comparaison entre les chiffres fournis par nos deux premières catégories, c’est-à-dire 305 et 244, nous voyons qu’il y a à peine 60 d'écart, ce qui nous donne une courbe beaucoup moins inclinée, moins rapidement décroissante que celle des auteurs allemands. Nous n’avons non plus remarqué que pour les vieillards la fréquence fut particulièrement élevée.

Si nous étudions maintenant l'influence saisonnière, nous nous devons d'établir la moyenne des cas traités par quinzaine pour les deux tableaux.

Elle est de :

, Soit sensiblement 18.

Cette moyenne de 18 étant fixée, nous considérerons comme normaux les chiffres ne s’en écartant pas de plus de 4; soit donc 18 — 4 — 14 comme minimum, et 18 + 4 — 22 comme maximum. Si nous comparons ce maximum et ce mini-

mum, nous trouvons qu'ils sont sensiblement dans la proportion —:

Relevons dans le premier tableau (1948-1949) les chiffres supérieurs à 22 : Novembre : 29 et 30 Septembre : 36 et 33 Octobre : 25

Dans le deuxième tableau (1949-1950) :

Novembre : 34 et 31 Octobre : 30 et 35 Ces maxima, pour être peu nombreux, n’en sont pas moins très marqués. Ils sont relatifs à une seule période de l’année : septembre, octobre, novembre, et ne peuvent être en aucune façon, rapprochés de ceux enregistrés pour l’oxyurose (janvier-février, avril-mai).

Nous avons trouvé plus fréquemment moins de 14 cas par quinzaine.

DE

L'étude de la répartition topographique des ascaridioses dans Lyon et sa banlieue proche, nous montre que deux localités périphériques, Vaulx-en- Velin et Caluire, fournissent à elles seules plus de 50 % des cas, alors que leur population correspond environ au 1/20 de la population totale de Lyon. L’explication de ce fait est la suivante : ces deux localités sont des centres maraîchers, et leurs habitants pratiquent ce qu’en jargon lyonnais on appelle le « gandousage », c’est-à-dire l’utilisation de l’engrais humain.

Pour Vaulx-en-Velin, le problème se complique du fait d’inondations se produisant presque toutes les années; sur des centaines d’hectares de jardins l’eau répand les matières fécales, même sur des jardins auxquels leurs propriétaires ne destinaient pas l’engrais humain.

Pour Caluire, au contraire, situé sur une hauteur, c’est le prix élevé de l’eau qui fait préférer par certains maraîchers l’emploi gratuit de l’engrais humain. Nous n’en dirons pas plus sur ces pratiques, sinon qu’elles relèvent d’une intervention énergique des pouvoirs publics, d'autant plus que des marchés de quartiers extrêmement populeux comme Montplaisir, approvisionné par des maraîchers de Vaulx-en-Velin, et La Croix Rousse par ceux de Caluire, en subissent les conséquences, confirmées par nos observations.

Nous retiendrons donc de l’analyse de ces chiffres les rôles joués dans la propagation de l’ascaridiose, d’une part, par l’eau et les légumes, d’autre part, l’utilisation de l’engrais humain dont les conséquences sont ignorées de la plupart de ceux qui la pratiquent.

TRAITEMENT DE L’ASCARIDIOSE

Si, à première vue, le traitement de l’ascaridiose semble pouvoir être mené plus efficacement que celui de l’oxyurose, l’œuf d’Ascaris n’étant pas comme celui de l’oxyure directement infectieux, et une partie du cycle évolutif de cet helminthe s’effectuant en dehors de l’homme, il n’en demeure pas moins que ce traitement pose des problèmes nouveaux. En effet, comme nous l’avons rappelé dans la partie de notre exposé relatif à la biologie, une partie du cycle larvaire normal se déroule en dehors de l’intestin et notamment dans les bronches, sans qu’il s’agisse pour autant de parasitisme erratique.

Or, à supposer que l’on puisse diagnostiquer l’ascaridiose avant que le Nématode n’ait atteint son état adulte, on ne disposerait pas pour autant de médicaments permettant d’agir sur les larves. Que ce soit la Santonine ou l’essence de Chénopode, ou l’Hexylrésorcinol, tous ces médicaments agissent en excitant le système musculaire du parasite, provoquant ainsi son évacuation, mais leur action se limite aux parasites séjournant dans l'intestin. Nous n’avons pas connaissance de travaux relatifs à une thérapeutique visant le parasite à l’état larvaire, et pourtant les manifestations pathogènes existent à ce stade. Il serait

AT ete

particulièrement intéressant de connaître et d'utiliser éventuellement dans ce domaine, l’action des Sulfamides, comme également dans le domaine des ascaridioses erratiques qui, jusqu’à présent, relèvent pour ainsi dire toutes de l’intervention chirurgicale. Il convient d’ajouter qu’une thérapeutique ne saurait se concevoir comme visant uniquement à l’évacuation des parasites adultes, mais doit également s'occuper des différents symptômes.

Ces remarques préliminaires étant faites, il convient d’étudier rapidement les différents médicaments employés. Mais notre propos n’étant pas d’effectuer une nomenclature complète, nous n’envisagerons ici que la généralité des médicaments les plus usités.

Santonine

Extraite du Semen contra ( Flores cynae) en 1830, la Santonine a été, jusqu’à ces dernières années, à peu près universellement adoptée dans le traitement de l’ascaridiose. Excitant leurs muscles, la santonine provoque une migration des parasites vers le gros intestin d’où une action purgative les contraint à progresser vers l’extérieur. En général, les Ascaris sont éliminés vivants et meurent au contact du milieu extérieur par suite du changement de température. Cette action spécifiquement musculaire de la Santonine a pu être mise en évidence expérimentalement en provoquant par addition de quelques centigrammes de ce produit de véritables contractions de muscles d’Ascaris isolés dans une solution de RINGER.

La posologie varie pour plusieurs raisons dont l’une est la nécessité d’associer des purgatifs (par exemple le Calomel). La toxicité de la Santonine, dont les manifestations sont connues et ont été beaucoup étudiées, est une autre raison qui incite à la prudence dans son emploi.

La crainte des accidents dus à cette toxicité est telle dans le monde médical anglo-saxon, qu’elle a fait abandonner presque totalement l’usage de la Santonine, au profit de celui de l’essence de Chénopode.

Essence de Chénopode

En Amérique du Nord, on l’associe à l’huile de ricin. Elle est administrée aux enfants à raison de 2 gouttes par année d’âge et aux adultes par doses allant de un à deux grammes ; fréquemment, on renforce son action helminthique par addition de Tétrachlorure de carbone ou de Tétrachlorure d’éthylène.

L’essence de Chénopode peut occasionner des troubles d’intoxication, on a donc essayé d’en extraire le principe actif; un de ces produits est l’Askaridol ou 1,4-Peroxydo-p-menthène ; d'habitude on le donne associé à un purgatif : huile de ricin par exemple. Ces produits sont seulement indiqués pour l’Ascaridiose et ne doivent pas être administrés contre l’Oxyurose pure ou associée.

Hexylresorcinol

(1-3 - hydroxy-4 hexyl-benzène)

Administré aux adultes, en doses de 1 gramme, aux enfants de 6 à 10 ans 0,80 g, et aux enfants de moins de 6 ans 0,60 g, par capsules de 0,20 g, prises le matin à jeun. Deux heures après l’absorption du vermifuge, on complète son action par l’ingestion d’une purge saline.

On peut encore mentionner un dérivé du Thymol : l’acide n-iso-amylcarbamine - 3 méthyl-6-isopropylphényl-ester (Egressine), qui doit être actif dans les oxyuroses et les ascaridioses.

Tout comme le Violet de gentiane pour l’oxyurose, ni l’essence de Chénopode, ni l’Hexylresorcinol, ni encore le Tétrachlorure de carbone ne sont près d’être utilisés partout. En France, en particulier, certains s’en tiennent aux sulfamides (Phénotiazine) et beaucoup continuent à avoir recours à l’association Santonine- Calomel.

Méthode thérapeutique du D' TREILLE

employée au cours de nos expériences sur les Ascaridioses +

Nous avons, quant à nous, appliqué une technique semblable à celle que nous avons exposée à propos des oxyuroses.

Après émissions de plusieurs Ascaris adultes, ou bien encore quand l’examen de selles révélait un très grand nombre d’œufs, donc un très grand nombre de femelles, nous complétions le traitement par une série de cachets contenant du Calomel, et quelquefois même de faibles doses de Santonine dont nous recommandions la prise aux différents jours d’intercure, c’est-à-dire

pour les enfants :

les : 6€ 8e 10e 16e 18e 20e 26€ 28e 30e 36€ 38€ 40€ jours de traitement;

pour les adultes :

les : te 8e 2e 10€ LT 18e 19e 20€ 27e 28e 29e 30€ 37e 38° 39e 40€ jours de traitement.

VAL. ee

Dans les cas d’association de parasites, le traitement était donc le suivant : pour enfants : gouttes vermifuges indiquées dans le chapitre des oxyuroses aux .

doses indiquées précédemment :

les :

Lavements les :

Tisanes laxatives les :

Cachets les :

73° jours de traitement.

jours de traitement.

jours de traitement.

40€ jours de traitement.

En ce qui concerne les doses de Calomel, nous restions très largement en

deçà des doses maxima. Les cachets étaient administrés le matin à jeun et le

soir à 17 heures, et nous avions toujours recommandé d’éviter l’absorption

de toute nourriture salée dans les deux heures suivant la prise des cachets.

Pour les adultes, le traitement était le suivant :

Gouttes les :

1er BLE 21° 31° 4Le o1e 61e TL

5e 15€ 25° 35° 45e 55° 65e 752 jours de traitement.

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