PANNE
Sur ces statistiques ne figurent pas non plus de cas de porteurs ayant moins de 6 ans. Nous ne prétendons pas par là qu’il n’existe pas de porteurs d’un âge inférieur en réalité, nous n’avons eu à nous occuper en deux ans que d’une vingtaine de cas de cette catégorie. Nous en parlerons dans notre paragraphe consacré à la thérapeutique, à propos de l’emploi de la courge.
Enfin, les catégories proposées ici sont sensiblement différentes de celles de la classification des oxyuroses et des ascaridioses. Ces trois nouvelles catégories :
6 à 9 ans
9 à 17 ans
au-dessus de 17 ans correspondent en réalité au mode thérapeutique appliqué, c’est-à-dire à l’utilisation de purgatifs différents, comme nous le verrons plus loin.
Variations saisonnières
L’étude du nombre total de cas traités selon les différents mois nous amène à poser la question de l’existence d’une variation saisonnière.
Comparons les deux tableaux :
1948-1949 : 899 cas traités, 1949-1950 : 955 cas traités,
soit une différence de 56 cas, au moins de 7 %.
Le fait que cette différence soit si peu considérable, nous incite à fixer une moyenne d’ensemble.
Soit : 899 + 955 — 1854 cas en 24 mois, ou encore sensiblement, 77 cas mensuels.
C’est donc à ce dernier chiffre qu’il nous faut comparer maxima et minima, et nous considérerons comme normaux tous les chiffres compris entre 61 et 93 (16 en moins et 16 en plus).
Ce qui nous donne un minimum égal aux deux tiers du maximum. Sur les 24 chiffres mensuels, un seul s’avère inférieur à la normale ainsi déterminée : novembre 1949, avec 59 cas.
De même, nous ne trouverons que deux chiffres dépassant nettement la norme supérieure de 93 : avril 1950 (98 cas), septembre 1950 (102 cas).
Ces deux chiffres se trouvent pour ainsi dire isolés et ne sont pas corroborés par ceux du tableau 1948-1949.
On semble donc pouvoir conclure à une certaine régularité du nombre de cas traités mensuellement. i
La comparaison des semestres ne s’avère pas beaucoup plus riche en indications :
Octobre-mars 1948-1949 : 429 cas. Avril-septembre 1948-1949 : 470 cas.
Octobre-mars 1949-1950 : 435 cas. Avril-septembre 1949-1950 : 520 cas.
On ne peut, dans ces conditions, conclure à l’existence d’une variation saisonnière. À peine avons-nous pu remarquer, dans le nombre de cas traités en fin d’été, une légère augmentation. Celle-ci nous paraît relever en grande partie de l'explication suivante, confirmée en général par les déclarations des sujets traités : de nombreux citadins durant leurs promenades, l’été, à la campagne, observent une « discipline fécale » plus ou moins rigoureuse et pratiquent ainsi un examen coprologique qui s’avère quelque fois révélateur.
Influence de l’âge
Si l’on s’accorde généralement à penser que l’oxyurose et l’ascaridiose sont surtout réservées à l’enfance, on est bien souvent amené à dire, par antithèse, que les Taenias sont les vers des adultes.
C’est ce que nous nous proposons d’examiner maintenant.
Le tableau 1948-1949 nous indique :
57 cas de 6 à 9° ans, 104 cas de 9 à 17 ans, 738 cas au-dessus de 17.
Le tableau 1949-1950 nous indique :
67 cas de 6 à 9 ans, 126 cas de 8 à 17 ans, 762 cas au-dessus de 17.
Sans doute y a-t-il intrinsèquement plus de porteurs adultes que d’enfants. Mais si nous voulons procéder à une comparaison rigoureuse, pour avoir une estimation précise, il nous faut tenir compte des faits suivants :
a) de 6 à 9 ans, nous couvrons 3 ans d’âge, b) de 9 à 17 ans nous couvrons 8 ans d’âge, c) et de 17 à 56 ans, nous couvrons 39 ans.
(Nous avons adopté le chiffre limite de 56, parce que très rares sont les porteurs d’un âge supérieur que nous ayons eu à traiter).
Si nous voulons donc comparer les chiffres de a) à ceux de c), il nous faut multiplier les premiers par 39 : 3 — 13, ce qui donne : pour 1948-1949 : 57 X 13 — 741, pour 1949-1950 : 67 X 13 — 871.
Il ressort alors que ces nouveaux chiffres sont du même ordre de grandeur que ceux de la catégorie c). Le même raisonnement est valable pour la catégorie intermédiaire et amène aux mêmes conclusions.