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Nous pensons donc pouvoir affirmer que le ténia n’est pas essentiellement un parasite d'adultes, mais que le degré de parasitisme est à peu près uniforme entre 6 et 55 ans.
À quoi attribuer cet état de choses? Sans doute l’adulte mange-t-il généralement plus de viande que l’enfant de moins de dix ans par exemple. Mais il nous faut noter une tendance très marquée dans le public à donner de la viande (Saignante » comme fortifiant aux enfants. C’est probablement cette pratique dont les dangers sont méconnus qui fait, de nombreux enfants, des porteurs quelquefois assez difficiles à traiter.
Dans l’ensemble, nous pouvons donc conclure à une infestation uniforme entre l’âge de 6 et 55 ans, indépendante du sexe et des saisons.
TRAITEMENT Conditions générales
Si l’emploi de la fougère mâle est encore très répandu et son efficacité indiscutée, il n’en est pas de même de certaines pratiques qui, selon WIEGAND (47) tiennent d’un empirisme un peu mystique.
À ce propos, on a coutume un peu partout, d’expulser le ver dans un seau rempli d’eau chaude (dans certaines régions on place même dans le récipient du lait chaud, dans l'espoir d’attirer le Taenia par une nourriture qu’il priserait tout particulièrement). On veut ainsi éviter une éventuelle rupture en un point déterminé de l’animal en voie d’expulsion, rupture qui pourrait être provoquée selon les uns par un mouvement de contraction des anneaux déjà émis au contact du froid, ou selon les autres, par le poids des anneaux suspendus dans le vide.
Ces considérations ne semblent pas empreintes d’une très grande logique. On sait en effet, que le ver est fixé par un seul point : le scolex. On peut alors dire : ou bien le scolex, sous l’effet de la fougère mâle anesthésiante n’est plus fixé à la paroi intestinale, ou bien l’effet anesthésiant n’a pas été complet.
Nous envisageons la première hypothèse : le scolex a lâché prise et le parasite progresse vers la sortie, poussé par les mouvements péristaltiques que le purgatif administré après la fougère, accentue. Il ne semble pas, dans ce cas, que le scolex une fois parvenu dans le gros intestin puisse se fixer même en supposant qu’un encombrement dans ce gros intestin ou tout autre cause retarde assez longtemps l'évacuation, pour que le ver puisse se réveiller, avant l’expulsion totale.
Dans ces conditions, un lavement pratiqué plusieurs heures après l’administration de taenifuge, réalisera l’évacuation complète. Nous ne pensons pas nous éloigner de la réalité, en interprétant ainsi le mécanisme d’un traitement taenifuge. On nous a fréquemment relaté des expulsions qui avaient commencé par être fragmentaires, et n'étaient devenues totales que 24 heures après l’absorption
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du taenifuge. Le fragment terminal n’était à ce moment sous aucun effet d’anesthésie, et s’avérait parfaitement mobile.
Comment expliquer alors les éliminations partielles, les traitements qui se soldent par l’évacuation de centaines d’anneaux où pour ainsi dire seul le scolex manque ?
Une seule explication nous paraît valable : le tuenifuge ne s’est pas répandu jusqu’au scolex, et l’anesthésie de celui-ci n’a pas eu lieu. L’accentuation des mouvements péristaltiques intestinaux a provoqué alors une rupture en un point quelconque du parasite, la partie sans scolex étant consécutivement poussée vers l’intérieur.
Dans ces conditions, nous ne pensons pas que le fait de recevoir ou de ne pas recevoir le parasite en voie d’expulsion dans un seau rempli d’eau soit d’une importance capitale.
De même, selon KourY et GRADwouL (49) certains auteurs anglo-saxons recommandent d’injecter dans le taenia en voie d’expulsion, un centigramme de Chlorhydrate de morphine, si l’expulsion semble arrêtée et qu’un tronçon de Taenia reste suspendu à l’anus.
Nous ne voyons pas, quant à nous, l’utilité d’une telle pratique : ou bien l’anesthésie du scolex est réelle et l’expulsion aura lieu, ou bien il y a eu rupture, et le Chlorhydrate de morphine ne parviendra pas jusqu’au scolex.
En somme, dans la première hypothèse, l’injection est inutile et dans la deuxième inefficace.
De toutes façons, comme pour la pratique précédemment discutée, celle-ci ne nous paraît non plus revêtir une importance réelle.
Diète
Si tous les auteurs sont d’accord sur la nécessité d’observer une certaine diète la veille du traitement, les avis sont cependant partagés quant à l’importance de celle-ci, les uns allant jusqu’à imposer un jeûne de 24 heures, d’autres comme les anglo-saxons demandant simplement une alimentation légère composée essentiellement de jus de fruits. De leur côté, certains auteurs allemands recommandent l'absorption de choucroute.
Devant cette diversité d’opinions, il nous paraît nécessaire de définir au préalable le but de cette diète.
Celui-ci nous paraît double : d’une part, éviter un encombrement de l’intestn, qui gênerait l’évacuation, d’autre part, provoquer une sorte d’assèchement du Taenia qui lui fera absorber d’autant plus avidement le «taenifuge », lorsque celui-ci arrivera à son contact.
Nous ne saurions dans ce débat apporter un avis personnel. Nous nous contenterons de signaler que la veille du traitement nous exigions un jeûne absolu
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de 13 heures à 20 heures, qu’à ce moment nous permettions l'absorption d’un léger bouillon de poireaux, et que le jeûne continuait alors jusqu’au moment du traitement, le lendemain matin.
Cette façon de faire s’étant toujours avérée suffisante, nous n’avons jamais songé à la modifier, en quoi que ce soit.
Médicaments taenifuges
Les médicaments taenifuges ont fait l’objet de nombreux travaux et publications. Nous nous proposons ici, après avoir mentionné rapidement les principales méthodes de traitement actuellement en usage, de rapporter certaines observations que nous avons eu l’occasion de faire, relativement à l'extrait éthéré de fougère mâle et de la graine de courge.
Notons tout d’abord que des médicaments comme le Kamala et le Thymol sont de nos jours de moins en moins employés. De même, l’Oxyde d’étain et l’essence de Chénopode dont l'efficacité est trop souvent incertaine ne connaissent non plus une faveur très grande dans la thérapeutique de ces helminthiases. Quant à la Pelletiérine, tirée de l’écorce de Grenadier, sa trop grande toxicité limite son utilisation.
En Amérique, on a, en général, recours à une association d’extrait éthéré de Fougère mâle et de Tétrachlorure de carbone chimiquement pur, dissous dans une quantité suffisante d’huile de Ricin pour obtenir une action purgative.
Quoique certains auteurs pensent que cette association risque d’être toxique, Koury et BASNUEVO (49) affirment n’avoir constaté aucune sérieuse intoxication lors de plusieurs milliers de traitements ainsi institués.
Leur médicament qui porte le nom de Taenicida Kuba, est administré par doses de quatre cc. par année d’âge pour les enfants et soixante cc pour les adultes. Ce médicament peut également être délivré en capsules, qui sont administrées à raison d’une capsule par deux années d’âge pour les enfants et de douze capsules pour les adultes.
Emploi de l’extrait éthéré de Fougère mâle
Tous les cas rapportés dans nos statistiques ont été traités avec de l'extrait éthéré de Fougère mâle en émulsion, en appliquant l'échelle posologique classique, compte tenu de l’âge du sujet. Celui-ci une heure après avoir absorbé l’émulsion d’extrait éthéré de Fougère mâle, prend une purgation dont la composi-
tion est la suivante :
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9 ans : 5 à 8 grammes de sulfate de soude desséché; 17 ans : 0,75 g de poudre de Jalap; 0,25 g de résine de Scammonée; au-dessus de 17 ans: 1,50 g de poudre de Jalap; 0,50 g de résine de Scammonée.
Une des grandes difficultés de l’emploi de l’exirait éthéré de Fougère mâle est la saveur de ce produit qui entraîne très fréquemment des vomissements. Pour éviter ceux-ci, on a recours tantôt à l’administration préalable d’un anti-vomitif, tantôt on essaye de masquer le goût en administrant le remède en capsules. Quelquefois on a également recours à un édulcorant comme par
Pour enfants de 6
exemple dans la formule proposée par WIEGAND : Extrait éthéré de Fougère mâle : 10 g “Essencetde Ménthe 777.7 RARES SITOP SIMPIe RCE HP NSADOUTAE 0
Il nous semble que tenter de masquer le goût de l'extrait éthéré de Fougère mâle est une entreprise quasi impossible à réaliser complètement. Aussi faisant la part des choses, recommandions-nous aux sujets traités de se gargariser avec une eau parfumée, immédiatement après avoir absorbé, en une seule prise, la dose d’extrait éthéré.
De toute façon, il ne faut jamais avoir recours à des boissons alcoolisées pour corriger la saveur désagréable. En effet, l'absorption simultanée d’alcool et d’extrait éthéré peut engendrer de sérieuses intoxications. Ce danger est trop rarement signalé pour que nous ne le soulignons ici. Par contre, on s’est attaché bien souvent à mettre en garde contre les intoxications que provoquerait l’association d'extrait éthéré de Fougère mâle et d’huile de Ricin. Nous pouvons citer ici l’expérience de notre prédécesseur qui, avant 1939, a traité des milliers de cas en ayant recours à cette association, sans avoir eu à noter aucune intolérance sérieuse.
Quant à l’intoxication qui résulte de l’ingestion de boissons alcoolisées après l’absorption d’extrait éthéré de Fougère mâle, elle ne semble pas devoir être attribuable à l’ Acide filicique même, puisque celui-ci n’est pas soluble à froid dans l’alcool.
L’absorption sous forme de capsules, comme par exemple les capsules de CRÉQUY Limousin (extrait éthéré de Fougère mâle 0,50 g + Calomel 0,05) ne nous paraît pas être une solution heureuse et ce pour les raisons suivantes :
d’une part, on est loin de masquer parfaitement la saveur de l’extrait éthéré ;
d’autre part, trop fréquemment la gélatine durcie n’est pas digérée assez rapidement pour libérer en temps utile l'extrait éthéré de Fougère mâle.
IL arrive ainsi que l’on recueille dans les selles du sujet traité une ou plusieurs capsules intactes, dont le contenu en extrait éthéré n’a évidemment eu aucune action anesthésiante.
Inutile de dire que dans ces cas, le traitement est voué à l’échec.
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Par ailleurs, il arrive également que ces capsules préparées depuis trop longtemps ont perdu de leur efficacité, par suite des altérations dues aux transformations chimiques que subit l’extrait éthéré de Fougère mâle.
L'efficacité d’un extrait semble, pour ainsi dire, être fonction inverse du nombre de jours qui sépare la date de sa préparation de celle de son emploi.
L'idéal, en ce domaine, serait en quelque sorte, la préparation extemporanée du médicament. Celui-ci, au moment de sa préparation contient une quantité de principes actifs, dont cependant les actions ne sont pas parfaitement déterminées. Quoique l’Acide filicique semble jouer un rôle éminent, on ne peut cependant en dire qu'il soit unique.
Nous avons eu l’occasion d’enregistrer des résultats étonnants et apparemment contradictoires. C’est ainsi qu’il nous est arrivé d’obtenir le même jour des expulsions totales avec des doses pour enfants, et des expulsions sub-totales avec des doses pour adultes. Il semble bien que dans ce domaine, la réaction personnelle du sujet traité, de même que le point de fixation du scolex, soit un facteur déterminant de la réussite du traitement. WIEGAND pense que le scolex provoque fréquemment une sorte de spasme dans la région de l'intestin où il se fixe ; ce spasme empêcherait l’action de l’extrait éthéré de Fougère mâle en mettant pour ainsi dire le scolex hors de son atteinte. Dans certains cas de renouvellement de traitement après échec, nous avons ainsi été amené à recommander au sujet traité de se coucher alternativement sur le côté droit et le côté gauche après avoir absorbé le taenifuge, et avant l’ingestion de la purgation.
Naturellement, pour éviter les vomissements, nous recommandions l’absorption préalable d’un anti-vomitif.
Ces différentes remarques étant faites, nous pouvons dire que l'extrait éthéré de Fougère mâle, fraîchement préparé est un taenifuge de choix, de par sa faible toxicité et sa remarquable efficacité. On doit cependant éviter de l’utiliser
pour des sujets de moins de 6 ans.
Graine de courge
Pour les sujets de moins de 6 ans que nous avons eus à traiter, nous avons utilisé quelquefois la graine de Courge. Il convient de souligner ici la nécessité d’employer des graines fraîches et complètes, c’est-à-dire des graines comprenant l’amande et l'écorce.
Il s’agit là d’un traitement dont la principale qualité est de présenter une très faible toxicité.
Nous avons utilisé des doses de 60 à 80 grammes de graines, finement hachées et pilées très longuement au mortier, avec leur poids de sirop simple (certains auteurs recommandent l’emploi de miel liquide). On obtient ainsi une
préparation agréable au goût.
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On fait observer à l’enfant le jour précédant le traitement, une diète liquide et en cas de constipation, on procède à un lavement. La préparation de graine de Courge est absorbée le matin à jeun par cuillerées. Il faut éviter de la donner trop rapidement à l’enfant, de peur de provoquer des vomissements. Cependant, il ne convient pas de dépasser 15 à 20 minutes comme durée d’absorption.
Une heure après celle-ci, on administre une purgation.
Si les résultats obtenus par cette méthode n’ont pas toujours été complets, nous pouvons cependant dire que dans l’ensemble nous obtenions l’élimination d’une très grande partie du parasite. Ceci était très appréciable, car nous permettions ainsi au sujet traité de reprendre du poids.
D’autres fois, nous obtenions les mêmes résultats partiels en faisant prendre à l’enfant parasité des gouttes de Vertreil au même rythme et au même dosage que ceux constituant le traitement des Nématodes.
Nous ne voudrions pas terminer ce chapitre consacré aux taenifuges sans signaler que nous avons eu l’occasion de noter deux expulsions pour ainsi dire spontanées, et complètes. Les sujets parasités avaient tous deux absorbé la veille, de la salade d’Oseille. Peut-être s’agit-il là d’une simple coïncidence, ou peut-être encore l’Acide oxalique ou d’autres éléments renfermés par l’Oseille ont-ils une action taenifuge.
Dans toutes nos recherches bibliographiques, nous n’avons rencontré aucune mention de pareil fait, sinon une relation que nous a faite notre Maître, Monsieur le Professeur J. MEYER, d’une préparation qu’il avait eu l’occasion d'employer avec succès :
Écorce de racines de Grenadiers (Cort. rad. Granatae) .... 30 g
Eau froidéerordinairen ts Cr MER RENE Re “1290800
Faire macérer à froid pendant 12 heures.
Filtrer. Faire bouillir le filtrat jusqu’à réduction à 150 cc.
Ajouter Ext. flic Mas PCR CREER HEURES OU 2 g
Sirup. Zingiberis re Rene LEE, 02074307
Agitez bien et à prendre le matin à jeun en 3 portions espacées de 5 à 10 minutes.
Une heure après la dernière portion, prendre :
Élulerde-Ricmf 2er Re Rs A PTT A RE Pt ES 25 à 30 g
Notre Maître nous signalait également que parmi les essais de l’écorce de Grenadier qu’il effectuait, il attachait une valeur toute particulière au dosage de l’Oxalate de Calcium (15 à 20 % selon les espèces).
IL est vraisemblable que l’action taenifuge de l’écorce de Grenadier n’est pas uniquement due à la présence de la Pelletiérine, mais également à celle de l’Oxalate.