‹ Contribution à l'Étude de l'HelminthiaseChapitre 40 sur 46 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

Pour déterminer les différentes possibilités prophylactiques, il suffit de rappeler brièvement le cycle biologique du Taenia :

L'homme, hôte définitif consomme de la viande ladre. Le Taeniase développe en lui à partir du scolex. Le sujet ainsi parasité évacue des anneaux (ces anneaux sont généralement émis avec les selles). Les matières fécales retirées des fosses d’aisance sont répandues sur les champs, et avec elles les œufs qui ont été libérés. Le bœuf, paissant avale l’œuf. Il est parasité, sa viande est ladre.

La viande ladre

La facilité relative avec laquelle on reconnaît la ladrerie du porc et la réelle difficulté que présente la détection de Cysticercus bovis sont chose connue et fréquemment relatée. On y voit fort logiquement les raisons pour lesquelles les statistiques donnent un Taenia solium pour 100 Taenias saginatas (nous avons indiqué pourquoi nos chiffres sont différents). Ce que l’on ne souligne cependant pas assez, c’est l’ignorance du public en cette matière. Nous pouvons affirmer que 80 % au moins des personnes que nous avons eu l’occasion d'interroger à ce sujet étaient persuadées que le Taenia dont elles venaient d’expulser les anneaux provenait de la consommation de la viande de porc. Pour les mêmes personnes, le danger que peut présenter la consommation de viande de bœuf insuffisamment cuite est absolument inconnu.

Il y a donc dans ce domaine toute une éducation à faire, tout comme dans certains milieux ruraux où l’on consomme de la viande de porc ladre après une simple salaison. Dans ces mêmes milieux ruraux, l’on s’accommode souvent des années durant, de l’existence en soi d’un Taenia, comme s’il s’agissait là d’un commensal tout naturel. Sans doute, si l’on se place à un point de vue individuel, on peut dire que le rôle pathogène du Taenia est souvent fort limité,

LPO

cependant, ce qu’il faut considérer en la matière, c’est la source d’émission d'éléments parasitaires que constitue d’une façon permanente un porteur non traité (voir les chiffres cités antérieurement).

En ce qui concerne la consommation de la viande crue, sans doute constituet-elle, dans certains cas, une indication thérapeutique, cependant n'est-ce pas risqué d’aller à l’encontre de ce que l’on escomptait, que de risquer de parasiter le sujet traité. Comment éviter ce danger ?

D’une part en recommandant aux consommateurs de viande crue, la viande de cheval ou de mouton, ou encore de la viande de bœuf traitée préalablement dans un réfrigérateur à moins 8 degrés, pendant 4 à 5 heures.

Par ailleurs, à moins d'indications thérapeutiques spéciales, il conviendra de consommer de la viande suffisamment cuite pour éviter tout danger de contamination.

Pour souligner la fréquence de la ladrerie du bœuf, GRADWoOuL et KourY (50) rapportent les statistiques effectuées par le Docteur ARENAS, aux Abattoirs de la Havane. Sur trois mille bœufs abattus, 103 étaient parasités, soit 3,43 %,. Quand on imagine les difficultés que constitue la détection de quelques rares cysticerques, disséminés dans un grand animal, quoique l’on connaisse le siège de prédilection de ces cysticerques (tissu conjonctif adipeux entourant les muscles volontaires et le tissu cardiaque), on se rend aisément compte que ce pourcentage est vraisemblablement inférieur à la réalité.

On pourrait souhaiter ici la mise au point de tests biologiques qui rendraient infaillible le diagnostic du vétérinaire chargé du contrôle de la viande.

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