‹ Contribution à l'étude de l'Hématocèle Funiculaire et des Kystes hématiques du cordon spermatiqueChapitre 14 sur 17 · NAT · texte numérisé non relu

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angiome, surtout si cette tumeur est moins régulière, présente plusieurs noyaux, est diffuse, mal limitée.

2. La tumeur est encore une fois congénitale, mais elle s’est accrue brusquement, elle est devenue plus résistante et plus dure. Elle est arrondie et lisse, unique, bien limitée. Il est probable qu’il s’agit alors d’un kyste du cordon, d’une hydrocèle funiculaire enkystée transformée secondairement en kyste hématique.

3. La tumeur existe chez un homme d’un certain âge, elle est apparue après un traumatisme des régions inguino-scrotale ou périnéale, ou brusquement encore après un effort violent. Les jours suivants, la tumeur ne s’est pas résorbée ou tout au moins ne l’a pas fait en totalité, un kyste s’est formé, dur et résistant. Dans ce cas, il est probable qu’il s’agit d’une hématocèle funiculaire enkystée.

Enfin, l'examen doit encore être complété par un examen approfondi des organes génitaux, cet examen doit faire reconnaître l'intégrité complète du testicule et de l’épididyme qui sont, de plus, en situation absolument normale.

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

1. A première vue, après un examen sommaire, on pourrait croire à une hernie inguinale, et plus particulièrement, à une hernie épiploïque, à une épiplocèle. Le siège de la tumeur, sa consistance, pourraient jusqu’à un certain point permettre la confusion; mais dans l’épiplocèle on trouve une tumeur qui occupe tout le canal inguinal, les anneaux inguinaux sont élargis, la tumeur est en général réductible en totalité dans l’abdomen; il existe de l’impulsion à la toux, enfin la tumeur est distincte du cordon spermatique et on peut la trouver en avant, en arrière ou latéralement par rapport à lui. De plus, on peut reconnaître les éléments du cordon et en particulier le canal déférent. Il ne faut d’ailleurs pas oublier qu’il peut y avoir coexistence d’une hernie inguinale et d’un kyste du cordon. Il faut savoir encore qu'un sac herniaire déshabité ou les vestiges de ce sac, réséqué au cours d’une intervention, peuvent subir la tranformation kystique, ce qui ne peut manquer de rendre le diagnostic plus difficile.

C’est ainsi que dans notre observation, la confusion, on pourrait presque dire la confusion logique, a été faite par le médecin traitant entre un kyste saccu-

laire et un kyste hématique; logique, puisqu’une

hernie avait été duement constatée; ce n’est que l’intervention qui a levé le voile en nous permettant d'examiner directement la tumeur extirpée,

2. Une autre affection qu’il est facile de différencier est l’ectopie testiculaire : la découverte du testicule en son siège normal dans les bourses suffit pour lever les doutes.

3. Facile encore est le diagnostic entre l’affection qui nous occupe et le varicocèle. Ce dernier n’atteint pas un tel développement au niveau du cordon, il donne, au palper, la sensation d’un paquet de vers, enfin il s’accompagne d’une tumeur scrotale.

4. Le kyste de l’épididyme est encore relativement facile à différencier, il est lisse, un peu fluctuant, il est le plus souvent piriforme, à grosse extrémité supérieure; le testicule, masqué par lui, devient plus difficile à distinguer; la tumeur enfin est transparente. En somme, la symptômatologie des kystes de l’épididyme se rapprocherait plus de celle de l’hydrocèle de la vaginale que de celle des kystes du cordon. Toutefois, on peut éprouver une certaine difficulté à différencier un kyste de l’épididyme de moyen volume d’un kyste siégeant très bas sur le cordon. De toutes façons, l’examen de la transparence fera distinguer le kyste séreux du kyste hématique et c’est ce qui nous intéresse ici.

5. I1 devient bien plus difficile de faire la distinction entre ces kystes fort rares et les autres formations kystiques du cordon. Les kystes séreux sont moins durs, moins résistants et, par ailleurs, sont

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eux aussi transparents. On pensera aux kystes sacculaires, lorsqu'une hernie aura disparu, remplacée par une tumeur mâte irréductible; nous le rappelons encore, l'hypothèse de kyste sacculaire fut admise dans le cas que nous relatons. Les kystes hydatiques, fort rares eux aussi, se reconnaîtront assez facilement si l’on prend soin de rechercher l’éosinophilie sanguine et si l’on pratique la séro-réaction de Weinberg et mieux encore l’intradermo-réaction de Casoni. — Les kystes dermoïdes que BrocA déjà avait signalé fournissent eux aussi les données d’un problème clinique bien difficile à résoudre : peut-être sont-ils plus durs, plus fermes, d’une consistance moins uniforme : ici d’une dureté ligneuse, là plus mous; en tous cas, ils sont, eux, comme les kystes hématiques absolument opaques aux rayons lumineux.

6. Le cordon, à côté de formations kystiques, peut être le siège de tumeurs, celles-ci pouvant être ou bénignes ou malignes. Parmi les tumeurs bénignes, on trouve surtout des lipomes, quelquefois des fibromes, des adénomes.

Les tumeurs malignes, elles, sont presque exclusivement représentées par des sarcomes : fibro-sarcomes; myo-sarcomes; fibro-myxo-sarcomes.

THOMPSON (Surgery, Gynecology and Obstetric de Chicago. Avril 1936), rapporte 26 cas de tumeurs variées du cordon, parmi lesquelles 21 lipomes, 1 fibrome, 1 cystadénome, 1 fibro et 1 myosarcome, 1 hémangiome. Par ailleurs, les cas de tumeurs ma-

lignes du cordon commencent à devenir relativement nombreux si l’on en juge par les cas récemment rapportés : en 1932, MACKENZIE, de Montréal, arrivait à un total de 198 observations; d’autres cas sont depuis venus s'ajouter à cette liste.

Les tumeurs du cordon ne sont donc pas tout à fait des raretés et la question se posera parfois de savoir si lon est en face d’une de ces tumeurs ou devant un kyste hématique du cordon. Les tumeurs malignes qui s’étendent plus rapidement, sont plus irrégulières, plus mal limitées, aboutissent assez vite à la généralisation (ce sont des sarcomes), peuvent être assez aisément reconnues. Mais le problème devient particulièrement difficile lorsqu'il s’agit d’établir une différence clinique entre un lipome par exemple, et un kyste hématique du cordon.

Il faut d’ailleurs avouer que bien souvent on devra se contenter de poser le diagnostic de tumeur du cordon, sans trop s’arrêter au diagnostic de la variété de tumeur. L’essentiel n’est-il pas d’extirper cette tumeur quelle qu’elle soit. Le diagnostic sera précisé lors de l’intervention et, s’il est besoin, lors d’un

examen microscopique ultérieur,

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