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que, chez les fœtus et, en particulier, chez les fœtus issus de parents syphilitiques, les lésions de la moelle ne sont pas rares; la syphilis héréditaire agit, avant la naissance comme fait la syphilis acquise chez les adultes et voilà pourquoi nous avons insisté dans notre observation sur les antécédents spécifiques que présente le père du jeune malade, pourquoi nous faisons remarquer que sa syphilis, est une syphilis nerveuse et qu’elle était en pleine période d’acuité au moment de la conception.
« Enfin nous appelons l’attention sur ce fait que la sy— philis est coutumière dé ces malformations, les exemples en abondent : spina bifida, division de la voûte palatine, etc.. »
Que la syphilis ait joué un rôle important dans la production du cas d’héminélie rapporté par M. Gasne, nous sommes tout disposé à l’admettre et nous en reparlerons, lorsque nous nous occuperons des influences pathologiques des ascendants sur la production des monstres ; mais
nous ajouterons que la lésion n’a pas porté primitivement sur les centres nerveux; nous ne saurions mieux le prouver qu’en citant opinion de M. Dareste (1) : « Peut-on admettre que ces atrophies partielles du cerveau et de la moelle épinière seraient la cause de l’ectro-
= mélie ? Pour ma part, j'ai la conviction que ces atro- phies sont la conséquence et nonla cause de la monstruo-
sité. La formation du système nerveux, comme celle du
système vasculaire est sous la dépendance des organes
1. Dareste. Recherches sur la production arlificielle des mons-
truosités, 1891, page 547.
auxquels ils apportent l’inneérvation et le sang. Siles or- | | ganes se forment d’une manière incomplète, s'ils sont | lus ou moias arrètés dans leur développement, ces mo- <# difications de l’évolution retentissent, si l’on peut parler ainsi, dans le système nerveux lui-même.
« Cette dépendance où se trouve le système nerveux, des organes auxquels il apporte l’innervation, est d’ailleurs bien prouvée par les faits d’atrophie partielle des centres perveux, qui se produisent consécutivement aux sections des nerfs et aux amputations. »
M. Troisier, dans son cas, n’a trouvé aucune lésion organique de la moelle, l’atrophie consistait en une diminution du nombre des cellules nerveuses. D’après M. Troisier : « Un seul mécanisme peut en rendre compte, c’est l’agénésie des élémexts nerveux, liée intimement, et
5 , L L A La > probablement consécutive à Parrêt de développement du à membre, à moins qu’elle ne soit sous la dépendance même 2 de la cause de la monstruosité ». : RE
Les recherches de Vulpian (1) sur les altérations des centres nerveux consécutives à la section des nerfs des membres, doit nous conduire à admettre qu'ici la malformation est primitive, l'atrophie des centres nerveux secondaire. S
Théorie de M. Varynshi (2). — Pour cet auteur, ce
1. Vulpian., Archives de physiologie nor ‘male el EE — 1868 — (page 443).
2. Hermann Fol et Varynski. Recherches expér mentales sur 1& 2 cause de quelques monstruosilés simples. (Recueil zoologique suisse, tome I, n° 1, 7 novembre 1883). : |
serait dans la majorité des cas la compression de la membrane vitelline, ou celle de la coquille, qui interviendrait dans l'arrêt de développement que l’on observe sur les œufs de poule soumis à l’expérimentation.
Théorie de M. Jules Guérin (1). — M. Guérin attribue
une action prépondérante au système nerveux, il dit
« Le système nerveux, troublé, altèrèé par la maladie, imprime à la genèse des organes un trouble qui se traduit par trois ordres d’effets également évidents : il pervertit, il arrête ou empêche toute action formatrice ». É
M. Guérin admet en outre, que le système musculaire
lorsqu'il est formé, peut intervenir sous l’influence de
Pexcitation morbide que lui enlève le système nerveux, pour produire des déformations dans les organes déjà formés.
M. Dareste s’est élevé contre ces deux dernières théories, et pour les combattre, il s'appuie sur ses propres expériences.
Intervention de l'imagination de la mère. — Bien que l’on puisse admettre que des causes morales agissent, par
retentissement sur la circulation utéro-placentaire et puissent produire des malformations, il faut cependant re-
marquer qu’elles sont en général invoquées à posteriori ;
ou bien on les rattache à une époque de la grossesse à laquelle elles ne peuvent plus avoir aucune influence sur le développement du fœtus.
Causes diverses. — Les malformations simples des
Pr J. Guérin. Ré“onse à une lettre de M. Joly, Gazette Médicale, 1866 (page 471).