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HISTORIQUE

Avant Wegner en Allemagne et Chipault en France, l'existence des angiomes lymphatiques était admise un peu théoriquement par les anatomo-pathologistes comme un pendant logique aux angiomes vasculaires, mieux connus. Ce sont ces deux-chirurgiens qui les premiers esquissèrent, chacun à leur facon, une classification des lymphangiomes.

Les dermatologistes anglais Tilbury-Fox et Colcott- Fox publièrent en 1879 la première observation détaillée de lymphangiome cutané. L'année suivante, deux observations analogues furent publiées par Jonathan Hutchinson. Il donna à cette affection le nom de « lupus lymphaticus ».

En 1883, Kôbner en Allemagne, en 1889 Colcott Fox en Angleterre, en signalèrent deux cas nouveaux sous le nom de lymphangiectasie. L’appellation de Iymphangiome circonscrit fut donnée à la lésion, la même année, par Malcom Morris.

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Hebra, Kaposi, Biesiadecki et leur école de Vienne avaient quelques années auparavant décrit le lymphangiome tubéreux multiple. Il s'agissait Ià d'une lésion tout à fait différente de celle qui était étudiée en Angleterre ainsi qu'on peut s’en rendre compte par la lecture comparée de la description dé Kaposi et de celle d'Hutchinson. D'ailleurs, en 1890, Finch, Noyes et Tôrôk publièrent un important mémoire où ils montrèrent que « le processus morbide se développe aux dépens « des vaisseaux lymphatiques, et qu'il consiste en une « véritable néoplasie de l’endothélium lymphatique avec « néoformations de cavités Iymphatiques aui se dila- « lent ». Ces conclusions furent corroborées les années suivantes par les observations de Schmidt, de Jamieson, d'Elliot, de Hartzell, et surtout par les notes et addilions que Besnier fit en 1891 à la traduction du traité de Kaposi. Cet auteur montra particulièrement que le lymphangiome tubéreux multiple du dermatologiste viennois représentait simplement un cas de cystadénome épithélial bénin. Dorénavant, la confusion n'était plus possible. La clarlé ne devait pas subsister longtemps dans les esprits : Besnier, s'appuyant sur un fait personnel où l'élément vasculaire sanguin paraissait très prédominant, estima nécessaire une revision des observalions de lymphangiomes circonscrits publiées jusquelà. Pour lui, les cas de Colcott Fox, ceux de Schmidt et celui de Tôrôk et Noyes devaient être regardés comme des hématangiomes lymphangiomatoïdes, ou mieux, comme des angiomes lacunaires de la couche papillaire du derme, nettement différents des lymphangiomes circonscrits proprement dits. Thibierge, Schmidt et de

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Bock généralisèrent celte remarque de Besnier et mirent en doute « la nature lymphatique de la néoplasie qui se

« serait développée au dépens du système sanguin, et

« pour laquelle ils proposèrent le nom d’'angiome kys-

« tique de la peau, appellation qui, selon eux, convenait « à tous les cas antérieurs décrits comme !ymphangio- « mes circonscrits ». Ultérieurement, Tôrôk, dans le laboratoire d'Unna, reprit la question, la discuta et prouva histologiquement la nature lymphangiomateuse des lésions. La discussion fut définitivement close lorsque, en 1899, Brocq et Bernard, publièrent un remarquable mémoire à propos d'un lymphangiome circonscrit de la muqueuse buccale dont nous donnons plus loin l'observation.

Plus spécialement, sur le lymphangiome de la muqueuse buccale, Bryant avait été le premier, en 1882, à ‘ atürer l'attention. Dans son « Traité des affections congénitales », Lannelongue rapporte cette observation ainsi qu'une autre de Baldy, antérieure (1827), et jusqu'ici inaperçue. |

Bryant considéra celte maladie comme un naevus ayant subi une dégénérescence particulière. De même, en 1885, Butlin tomba dans la même erreur en faisant connaître un cas semblable, mais cetie fois l’auteur accompagnait sa description d'une figure en couleurs qui ne laisse place à aucun doute sur la nature de la tumeur.

Enfin, en 1891, Samter publie les observations que l'on retrouvera dans ce travail, ainsi que d’autres de lésions semblables mais situées sur la muqueuse des le-

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Parmi les observations de lymphangiome circonscrit de la muqueuse buccale, il faut mentionner les cas rapportés par Leroux (face interne de la joue) et d’autres faits semblables publiés par Labit et par Moure. La dernière étude en date du lymphangiome circonscrit de la langue est celle de Camus, dans sa thèse, Lille, 1903.

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