‹ Contribution à l'étude de l'hémoglobinurie essentielle paroxystiqueChapitre 1 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Par hémoglobinurie on entend la présence dans les urines de l’hémoglobine ou matière colorante du sang, en l’absence de toute hématie, même altérée ou détruite en partie.

Cette absence des globules du sang la distingue essentiellement de l’hématurie, avec laquelle on pourrait la confondre tout d’abord si l’on n’avait recours à un examen plus minutieux fait à l’aide du microscope. L'hémoglobinurie ainsi définie est un symptôme commun à de nombreux troubles pathologiques ; on peut la trouver dans quelques affections rénales, dans certaines intoxications, enfin dans les maladies générales et en particulier dans les inaladies infectieuses qui entraînent de si grandes perturbations dans le système circulatoire. Dans tous ces cas, on le comprend, au lieu d’être l’observation dominante, le phénomène qui attire tout d’abord l'attention par son importance ou sa gravité, elle n’est, le plus souvent, qu’un symptôme particulier, ne se montrant parfois que pendant une certaine période

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de temps, subissant les variations de la cause première et disparaissant avec elle.

Mais il est une affection dont l’hémoglobinurie est la manifestation la plus saisissante, la manifestation essentielle, celle qui inquiète le plus le malade. Frappant d'habitude les sujets en pleine santé, elle prend les allures d'accès intermittents, périodiques, accompagnés de phénomènes généraux, et dont la caractéristique est l'émission d’urines contenant la matière colorante du sang en l'absence de toute hématie. Jusqu’à présent, on n’a pu incriminer absolument aucun organe pour expliquer ces accès, et on a donné à cette maladie le nom d'hémoglobinurie paroxystique ; la plupart des auteurs ajoutent, a frigore, car pour eux le froid serait indispensable pour faire naître la crise,

Presque inconnue, il y a une vingtaine d’anaées, cette affection a été depuis fort étudiée ; de nombreuses observations en ont été publiées tant en France qu’à l’étranger et elle commence à être décrite dans les traités didactiques de pathologie interne.

Nous avons eu l’occasion de voir, dans le service de M. Dujardin-Beaumetz, à l'hôpital Saint-Antoine, un homme atteint d'hémoglobinurie paroxystique, ne présentant pas dans ses antécédents les circonstances pathologiques que l’on trouve le plus ordinairement, Après avoir fait quelques recherches bibliographiques, nous avons cru qu'il pourrait être intéressant de publier cette observation et nous en avons fait le sujet de notre thèse.

Nous publions cette observation avec l'agrément de M. Dujardin-Beaumetz, à qui nous devons tous nos remerciements.

Nous prions M. le professeur Ball de vouloir bien agréer l'expression de notre vive reconnaissance pour l'honneur qu'il nous a fait en acceptant la présidence de cette thèse.

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