‹ Contribution à l'étude de l'hémoglobinurie essentielle paroxystiqueChapitre 10 sur 19 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Les accès de l’hémoglobinurie par eux-mêmes n'offrent aucune gravité, mais si ces manifestations paroxystiques deviennent fréquentes, elles déterminent alors chez l'individu qui les présente des manifestations permanentes et durables, caractérisées par des signes d’anémie, la coloration subictérique des téguments et de la cornée ; Neale (1) a signalé une diminution des appétits sexuels ; Du Cazal de l'anorexie et de l’amaigrissement. Le plus souvent, la marche est lente, chronique, sujette fréquemment à de longues rémissions survenant pendant la belle saison, ou en dehors de toute cause appréciable. Quelquefois même, mais ce sont ià des cas exceptionnels, une affection intercurrente aiguë supprime les accès jusqu’à l'établissement de la couvalescence: Neale a signalé ainsi un cas où la pleurésie avait agi de cette façon.

Le pronostic de l'hémoglobinurie essentielle est donc relativement bénin , et jusqu’à présent l’on ne connaît pas de cas ayant déterminé la mort. Ponfick, au Congrès des médecins allemands, de Wiesbaden, en 1883, admet théoriquement plutôt que comme état réel l’exis-

(1) Neale; The Lancet, 1879, t, Il, p. 725,

Spot RE tence de trois degrés d'hémoglobinhémie. Dans lepremier degré, c’est l’altération du sang qui demeure le phénomène essentiel, la rate et le foie entrent seuls en action d’une façon insensible. Dans le deuxième degré, la rate, le foie et les reins participent à la fois de la façon la plus active à la transformation et à l'élimination des débris globuleux, l’hémoglobinurie apparaît pour ne durer que peu de temps. Dans le troisième degré, l’obstruction des canalicules biliaires est si étendue, qu’il y a anémie et mort du premier au quatrième jour.

Nous n'avons pas trouvé dans la littérature médicale de cas rentrant dans le troisième degré.

Signalons enfin ce fait, qui aurait sa valeur au point de ‘vue du pronostic, mais que nous n’avons trouvé confirmé nulle part, et sur lequel Frantzel a attiré l’atteu-

ion de la Société de médecine de Berlin, à propos de l'observation de Paetsch, à savoir que les hémoglobinuriques avaient une prédisposition toute particulière pour les affections ipulmonaires chroniques.

Page 1