‹ Contribution à l'étude de l'hémoglobinurie essentielle paroxystiqueChapitre 17 sur 19 · A RE · texte numérisé non relu

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que, on trouvait un certain nombre de cylindres hyalins minces; la température dans le rectum était de 37,4 centigrades; le sang obtenu par piqûre de la peau, normal. Quelques minutes plus tard, les bâillements deviennent plus fréquents ; l’enfant s’étira, pâlit; les pieds et les mains se refroidirent, tandis que les parties couvertes devinrent plus chaudes ; la température atteignit 389,8, et dix minutes plus tard, 39,1, L'enfant qui s'était endormi, fut alors réveillé et rendit (vingt minutes après l’émission précédente) environ 20 c. c. d’une urine rouge sombre, ayant une densité de 1009, plus albumineuse que la précédente. faiblement alcaline et montrant au microscope des globules blancs, d'assez nombreux cylindres d’hémoglobine et des. cylindres hyalins, recouverts de grains d’hémoglobine; au microscope, cette urine présentait les raies caractéristiques de l’hémoglobine. L'examen du sang obtenu par piqûre ne produisit que des résultats négatifs ; notamment, on ne trouva que les débris des globules rouges, décrits par Ponfick. Un quart d'heure plus tard, la température s'était élevée à 39°,5; et alors, elle commença à décroître. Une demi-heure plus tard, elle était retombée à la normale; un peu avant, le front s'était recouvert de sueurs. L’urine émise après le retour de la température à l’état normal présentait les mêmes caractères que les précédentes.

L'examen ophthalmoscopique pendant l'accès ne révèle rien autre que la coloration foncée de la veine rétinienne.

Une autre fois, l’enfant étant à l’état normal, M. Rosenbach lui fit mettre les pieds dans de l’eau d’abord à 15° réaumur, puis à 14°. Il y resta trois quarts d'heure ; on le fit alors uriner, L'urine était de couleur rouge ; à leur sortie de l’eau, les pieds étaient froids. L'enfant ne tarda pas à se plaindre de la tête et tomba dans un état de collapsus ; immédiatement on l’entoura de couvertures chaudes; la température du rectum était de 370,5 ; le pouls était tombé de 100 à 80, il présentait un dicrotisme manifeste ; sa tension paraissait normale. Progressivement, pendant que l’enfant s’endormait, la température s’élève à 39, Au bout d’une demi-heure on l’éveilla ; l’urine émise alors était tout à fait noire, non transparente et d’une densité de 1008. Un quart d’heure après elle avait la couleur du vin de Bourgogne et une densité de 1009. L’urine des trois émissions pré-

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cédentes était albumineuse, la deuxième (de couleur noire) se prenait en quelque sorte en masse ; toutes trois présentaient, au spectroscope, de l’hémoglobine ; la première et la troisième contenaient un assez bon nombre de globules rouges, en partie bien conservés. Après le réveil la soif était très vive ; la région rénale de chaque côté était douloureuse ; la rate paraissait un peu augmentée de volume; le sang recueilli par piqûre était normal, gauf un nombre un peu considérable de globules blancs, ainsi que cela se rencontre souvent dans les étais fébriles.

Dans l’urine rendue après l'accès, de couleur rouge brun, alcaline, on trouvait au microscope. des globules rouges et blancs, de grosses cellules épithéliales vésicales renfermant trois à quatre noyaux colorés par la matière colorante du sang, et de l'épithélium rénal. Le lendemain l'urine était normale.

OsskrvarTion X, (Résumée.) Fleischer. Berlin, Klin, Wochens., n° 47, p, 691, 21 nov. 1881.

Soldat de 23 ans, nullement anémique, sans antécédents héréditaires ; il a eu. sa première maladie, une pneumonie, il y a un an, depuis qu'il est au service.

Î! y a trois mois, pour la première fois, après une marche fatigante, son urine devint de couleur rouge-sang, sans qu'il ait eu aupäravant ni frissons ni douleurs rénales ; depuis, le même phénomène s'est reproduit à chaque fatigue semblable, mais sans jamais durer plus de vingt-quatre heures. Il n’a rien de semblable pendant l'hiver, parce qu’il ne marche pas longtemps.

Dans les intervalles, Fleischer a constaté que l'urine était normale ; les accès ne sont précédés et accompagnés que d’inappétence et ne laissent après eux que de la lassitude. L'urine fournit alors, au Spectroscope, les trois raies de l'oxÿhémoglobine et de la méthémogiobine ; le microscope y montre des ainas de gouttelettes jaunes d’hémoglobine (qu’on retrouve dans la sérosité des vésicatoires appliqués sur le patient), mais ni globules, ni cylindres, ni épithéliums. Pas dé fièvre, ni d’ictère, ni de sensibilité des reins. Le sang est parfaitement normal comme composition, même au moment de l’accès.

Des expériences répétées de l’auteur lui ont appris qu’une heure de marche ne suflisait pas pour rendre son malade hémoglobinurique; il fallait au moins une heure trois quarts.

Les efforts musculaires autres que la marche (pilage de sucre, sciage et fendage de bois), bien que continués pendant deux heures et plus, ne déterminaient pas d’hémoglobinurie. Tout aussi inoffensifs se sont montrés la sudalion artificielle, le bain froid prolongé, la suractivité rénale déterminée par des boissons profuses, la diminution de l’alcalinité du sang provoquée par une injection de six grammes d’acide lactique ou phosphorique, l'augmentation de l'alcalinité de ce fluide par l’adminiscrauon de 12 gr.. de bicarbonate de soude.

Ogservarion XI,

M. Mesnet, Arch. de méd., 1881.

X... est un homme de 37 ans, ébéniste, entré dans mon service le 4 janvier 1881.

Ses antécédents héréditaires ne présentent rien à signaler.

Dans ses antécédents personnels nous trouvons une rougeole dans son enfance, la fièvre Hpaotde pendant le temps de son service militaire.

La syphilis, il y a environ cinq ans, à l’occasion de laquelle il fut traité pendant trois mois à l’ hôpilal du midi, sans avoir présenté depuis aucune manmifestalion vers ia peau ou vers les membranes muqueuses.

Il y a deux ans, une légère atteinte d’ictère de cause indéterminée, qui dura trois ou quatres semaines et disparut sans accidents.

Pas de fièvres intermittentes, à aucune époque.

Pas d’hématidroses.

Pas d’hémophilies.

Le 21 janvier, jour où il se présente à ma consultation, ce malade était si profondément décoloré, avec teinte jaune bistre de la peau, que je crus avoir affaire à une affection organique arri- -vée à la période de cachexie.

A la visite du lendemain, il me raconta que sa santé habi-

tuelle était bonne, mais que chaque fois qu’il rendait des urines rouge foncé, il devenait pâle, anémique et souffrant comme nous le voyons aujourd’hui. Je le fis immédiatement uriner devant moi, ei nous trouvons une urine claire, limpide, très légèrement ambrée, qui ne contenait n1 albumine ni sucre. Interrogé de plus près, il nous apprit qu’il y a trois ans, étant en bonne santé, il s’aperçut, à sa grande surprise, qu'il rendait des urines de couleur vin rouge, que, n’ayant éprouvé aucun malaise, il ne prit aucun soin de cette indisposition ; mais qu'il ne tarda pas à remarquer que le même phénomène se reproduisait invariablement chaque fois qu’il subissait l’impression du froid, et surtout du froid aux pieds ; que pendant l'été, ‘il n’avait jamais rien de pareil, et que même pendant l'hiver il pouvait facilement se soustraire à cet accident, en ne quittant point son lit, et en évitant avec soin toute cause de refroidissement. L'examen que nous fimes de tous ses organes nous permit de constater leur intégrité. Les voies digestives sont intactes et l’appétit est conservé. Les poumons sont sains. Les bruits du cœur normaux, avec un léger souffle à la base, au premier temps, se prolongeant en souffle doux dans les vaisseaux du cou. La palpation du ventre est indolore, ainsi que celle des reins et de la région hépatique ; le foie descend de deux travers de doigt audessous des fausses côtes, mais il est proportionnellement abaissé d'autant à sa limite supérieure, ce qui rétablit à peu près sa mesure normale. La force musculaire n’est pas diminuée, pas d’amaigrissement appréciable. Nulle trace de fièvre. La pâleur cachectique de la peau ne s'accompagne d'aucune apparence d’ictère sur les conjonctives, non plus que vers la muqueuse buccale ; du reste, les urines sont claires, comme nous venons de le dire, et les matières fécales colorées. A la visite du lendemain, 6 janvier, nous fimes uriner le malade devant nous; son urine, semblable à celle de la veille, était limpide, sans trace d’albumine. Aussitôt il descendit dans le jardin et se promena librement au grand air, sous la surveil- lance d’un externe du service ; la température extérieure était à 0°, Une demi-heure après il vint de nouveau uriner devant nous et remplit un grand verre à expérience d'une urine sanguinolente, très rosée, presque couleur de vin de Bordeaux et trans-

lucide. Examinée au spectroscope, par M. Hayem, elle donnait d’une facon très nette les deux raies de l’hémoglobine, alors que le microscope ne découvrait aucune trace de globules sanguins.

Traitée par la chaleur et l’acide nitrique, elle fournit un abondant précipité d’albumine, bruni par la couleur rouge de l’urine.

Le repos laissait au fond du vase un léger dépôt de peu d’im— portance que nous examinerons plus tard.

Qu'avait éprouvé ce malade pendant l'expérience à laquelle nous venions de le soumettre ?

Quinze ou vingt minutes après son arrivée dans le jardin, il avait éprouvé : une sensation très accentuée de froid aux pieds ; presque aussitôt après de légers frissonnements ; puis de la cépbalalgie accompagnée d’un état semi-vertigineux ; une sensation pénible de constriclion épigastrique; un malaise général avec léger engourdissement, et mal de cœur sans nausées ni vomissements.

L'examen thermométrique fait avant et après l’expérience accusait une différence de température en rapport avec le fait pa-

-thologique qui venait de se produire. La chaleur avait monté de

2? degrés ; elle était de 36 au départ et de 38 pendant la crise. Le -malade se remit au lit qu’il ne quitta pas de la journée avec recommandation de garder les urines de chaque heure.

À une heure, nouvelle miction d’une urine beaucoup plus rouge, beaucoup plus foncée que les premières. Elle est de la couleur du vin de Malaga.

A deux heures, même urine que la précédente.

A trois heures, la teinte est moins foncée, à peu près du vin de Bordeaux.

A cinq beures, retour des urines à l’état normal avec disparition complète de l’albumine.

OBSERVATION \II, Br K, Gordon Murril. Boston Med. and Surg. Journ., n° 5, 1882. Gordon Murril a vu un cas d’hémoglobinurie paroxystique

chez un homme qui avait contracté des fièvres intermittentes en Californie.

Pendant les crises, les urines avaient une densité de 1025 ; elles étaient faiblement acides, albumineuses, déposant une matière granuleuse, amorphe, contenant quelques cylindres granuleux, mais sans globules sanguins et sans oxalates,

Le traitement a consisté en fer et en quinine,

: OBSERVATION XTIT, (Résumée,)

Deutsche Med. Woch., n. 1, 1882. D' Strubing de Greiswald.

Homme de 29 ans, chez lequel le premier symptôme de l'affection fut une coioration grisâtre de la face. Les attaques, pendant lesquelles il rendait une urine noirâtre, avaient toujours lieu le matin et généralement après un exercice musculaire violent. Après les attaques, il lui restait des douleurs dans la rate, qui était augmentée de volume, et dans le foie ; de la dyspnée, des palpitations, des mouches volantes, des tintements d'oreille, des vertiges et de l’acablement.

Il n’y avaitaucune sensation de froid ou de chaleur ; il ne semblait pas non plus que le froid fut la cause de ces attaques. Le sang, examiné après les crises, était à peu près normal; il contenait seulement quelques corpuscules petits, pâles et déformés.

L'urine rendue après les crises contenait une couche abondante de sédiments, de cylindres finement granuleux et hyalins, ces derniers adhérents à quelques cellules de l’épithélium rénal ; il contenait également quelques cellules d’épithélium jaunâtre, provenant du rein et de Ja vessie, des cristaux d'acide urique et d’oxalate de chaux, des cristaux en aiguille d'hématoïdine et des masses d’un brun rougeâtre formées également d’hématoïdine. Après les paroxysmes, l’urine contenait de l’albumine et donnait les caractères spectroscopiques de la méthémoglobine ; elle contenait également un excès d’acides biliaires. Pendant les crises, le malade était très abaltu ; il y avait peu de matières azotées dans les urines excrétées ; l’acide phosphorique de même s'y trouvait en quantité moindre qu'à l’état normal.

OBsERvATION XIV.

Beitrag zur Lehre von der paroxysmalen Hämoglobinurie (Contribution à l’étude de l’hémoglobinurie paraxystique, par Isidore Boas (Inaug. Diss. Halle, 1881, et. D. Arch, f, klin. med., Band XXXHI, Heft 3 u, 4, p. 355, 1882,

Garçon de 10 ans, se plaint à la fin de septembre 1877 d'une suppression partielle d'urine datant de quelques jours et coïncidant avec de la bouffissure de la face et des paupières, Les urines étaient hautes en couleur et albumineuses. Les accidents étaient survenus après qu’il avait subi une averse et s’était mouillé.

Quelques jours après survinrent des convulsions qui cédèrent rapidement à 50 centigrammes de chloral, donnés toutes les deux heures. Le 5 octobre, les urines devinrent subitement noires comme du café, en même temps apparurent des taches hémorrhagiques sur les membres inférieurs, puis, au bout d’un jour, ces phénomènes disparurent presque totalement. L'urine, de couleur acajou, était fort albumineuse et renfermait, sous le microscope, des cellules et du pigment, mais aucun globule sanguin. (Traitement par le perchlorure de fer.)

En novembre, nouvelle crise accompagnée encore d’une éruption purpurique, sans hématies dans l’urine. (Traitement par la térébenthine.)

De semblables paroxysmes se reproduisirent en décembre, en janvier et en février; on recourut alors au chlorure d’ammonium à la dose de 25 centigrammes, à partir de ce moment, il n’y eut plus de nouvel accès d’hématurie et l'enfant quitta l’h6ôpital en juin, parfaitement guéri.

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