PROPHYLAXIE DES MALADIES HÉRÉDITAIRES
Depuis quelques années, une des branches les plus jeunes de l’Hygiène, l’Eugénique a pris dans certains pays une prépondérance nette sur tous les autres moyens thérapeutiques. À priori, il est évident que l’Eugénique représente la préoccupation prophylactique, hygiénique au maximum puisqu'elle tend à sélectionner les individus dans le but d’éliminer les plus débiles et multiplier les résistants.
Une Eugénique scientifique, rationnelle et précise nejpeut être basée que sur des données rigoureuses. Or, ces données, comme nous venons de le voir pour la pathologie humorale, sont encore bien loin de posséder toute la précision nécessaire.
Ce défaut de base apparaît surtout lorsqu’on envisage les mesures d’eugénique qui peuvent être considérées comme négatives. En effet, 1l existe dans certains états de l'Amérique du Nord et en Allemagne des lois édictant la stérilisation des sujets dont la descendance est indésirable. La liste actuelle des maladies justiciables d’une stérilisation eugénique ne
comprend Jusqu'ici que des maladies nerveuses et
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mentales et certaines malformations. Cependant, en Allemagne on a discuté l'opportunité d’une stérilisation des diabétiques.
Des mesures négatives même moins radicales telles que le certificat prénuptial entraînant un veto matrimonial tel qu’il est en usage dans les pays scandinaves ou le birth control des Anglais se sont révélées soit trop sévères soit inopérantes.
Au point de vue d’une eugénique générale, tendant à améliorer la race, les mesures positives semblent plus rationnelles. Encourager la procréation chez les individus les plus aptes, les plus sains, voilà certes un programme plus séduisant. Du fait de cette eugénique positive, on laisserait à la sélection naturelle le soin d'éliminer les inaptes. En pratique cependant tout cela est bien plus difficile à réaliser. L’assortiment des couples humains ne se fait pas sur commande, rationnellement comme la sélection des animaux domestiques. Dans bien des cas, un individu sain est attiré par un sujet taré et 1l est fort douteux que même des dispositions légales y puissent quelque chose.
En fait d'interdiction, le maximum qu’on puisse espérer c’est d'empêcher les mariages consanguins dont l’influence néfaste est surabondamment démontrée. Cette seule mesure pourra déjà avoir pour résultat d'éliminer un certain nombre de maladies se transmettant sur le mode récessif.
Il existe encore une troisième sorte d’eugénique,
celle qui est avant tout pratiquée en France, c’est
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l’eugénique corrective(Paucot). Elle est basée sur l’idée que les tares transmissibles sont susceptibles de disparaîitre par la thérapeutique. Malheureusement, cette méthode qui donne des résultats remarquables dans la syphilis héréditaire est absolument inopérante dans l’hérédité mendélienne. Même lorsque les parents sont phénotypiquement sains, ils transmettent à leur descendance un génotype malade et sans que nous puissions y apporter la moindre correction.