‹ Contribution à l'étude de l'hérédité dans la pathologie humoraleChapitre 19 sur 21 · MOYENS THÉRAPEUTIQUES CURATIFS · texte numérisé non relu

MOYENS THÉRAPEUTIQUES CURATIFS

Les mesures draconiennes dont les maladies héréditaires sont l’objet, sont basées sur une idée de fatalité irrémédiable qui, à nos yeux, ne se justifie que pour les grandes malformations anatomiques. En effet, pour ce qui concerne la pathologie humorale, rien ne subsiste de cet aspect effrayant.Qu’un diabète soit héréditaire ou non, il sera traité de la même façon et 1l sera susceptible d’être amélioré par une thérapeutique appropriée.

Les travaux récents de Haldane ont bien mis en évidence une distinction fondamentale entre le génotype et le phénotype pathologiques. Le génotype, comme on le sait représente l’ensemble des caractères héréditaires tels qu'ils se trouvent déterminés dans l’œuf fécondé. Le génotype ne se présente jamais à l’état pur. Dès le nouveau-né, le génotype se trouve modifié par des éléments acquis pendant la vie intrautérine et qui forme le commencement de la constitution phénotypique.

Si l’œuf fécondé est porteur d’un gène pathologique dominant ou d’un couple de gènes pathologiques récessifs, il est évident que le génotype sera

De

pathologique et le restera définitivement non seulement chez l'individu lui-même mais aussi chez ses descendants. Théoriquement donc une maladie héréditaire échappe à toute intervention médicale autre que l’Eugénique coercitive. Cependant, pratiquement les éléments phénotypiques jouent dans la personnalité morbide un rôle au moins aussi grand que les éléments génotypiques.

Par exemple, chez un sujet il peut y avoir une détermination génotypique anormale d’une glande endocrine comme le pancréas. Ce sujet sera donc génotypiquement un diabétique mais dès qu’on lui administrera de l’insuline, il cessera de présenter toutes les manifestations de sa maladie tout en gardant son génotype malade.

Tous ces faits nous indiquent que les maladies humorales héréditaires peuvent parfaitement s’arranger par une thérapeutique appropriée soit pathogénique soit symptomatique.

Aschner s’est fait le promoteur d’une méthode de traitement qu'il qualifie de constitutionnelle dont le but serait de modifier la constitution de l'individu. Il s’agit de ne pas se faire des illusions à ce sujet, On ne peut changer, à l’état actuel de nos connaissances que la constitution phénotypique d’un individu, le génotype reste immuable. Cependant, comme nous

venons de le voir, pratiquement une modification du

phénotype est suffisant pour guérir le malade. Les moyens actuels de cette thérapeutique constitutionnelle sont assez précaires mais il n’est pas douteux qu'une connaissance approfondie des échanges humoraux ne nous permette un jour de suppléer par des modifications judicieuses du phénotype aux anoma-

lies de la constitution génotypique.

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