‹ Contribution à l'étude de l'hérédité du diabète sucré: Considérations d'hygiène préventiveChapitre 23 sur 29 · PER; PUR · texte numérisé non relu

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ditaire est indéniable dans le diabète, comme dans le mal de Bright, et l'hypertension essentielle par exemple. De nombreux travaux ont été faits pour élucider le mécanisme de leur hérédité. Ces recherches demandent des méthodes d'investigation rigoureuses, des examens bio-chimiques de contrôle, des statistiques étendues. C’est indiquer déjà la difficulté de telles recherches.

Sur le terrain expérimental, Cammidge s’efforce de compléter les données de ces statistiques. Il utilise dans son expérimentation des races de souris : une race de souris hyperglycémiques, l’autre de souris de glycémie normale, Après croisement, il obtient une première série d’'hybrides. Fait important, la glycémie apparaîtrait normale chez tous les animaux de cette première génération. Conjuguant entre eux ces hybrides de glycémie normale, Cammidge trouve à la générat on suivante un lot important de souris de glycémie normale, mais aussi quelques individus hyperglycémiques. D’autre part, les hybr'des de la première génération donnent avec des souris hyperglycémiques une proportion importante de souris hyperglycémiques. Au contraire, l’union de ces hybrides de première génération avec des souris de glycémie normale ne donne qu’une proportion infime de souris hyperglycémiques. C’était 1à un premier résultat. Cammidge poursuit ses travaux sur de nombreuses générations de rongeurs. Confrontant les résultats obtenus, il pense avoir démontré que l’hérédité diabétique est réglée par les lois de Mendel.

Doit-on admettre cette conclusion ? Le professeur

D REES Labbé a nié l'existence d’une race de souris hyperglycémiques, mais même sans tenir compte de”cet argument, il nous paraît difficile de rapprocher ces faits expérimentaux de la pathologie humaine. Comparer en effet l’hérédité d’un caractère tel que l’hérédité d’une hyperglycémie avec l’hérédité complexe des divers aspects cliniques du diabète paraît arbitraire. Mendel, dans ses travaux, étudiait en le règre végétal l’hérédité de caractères typiques sur de nombreuses générations. Mais la complexité des phénomènes héréditaires chez l’homme est telle que Buchanan a pu nier l'existence de règles de transmission héréditaire dans le diabète.

Certaines coïncidences sont pourtant des plus curieuses. Ainsi, Landis rapporte le cas suivant : Dans une famille de diabétiques, la mère transmet le diabète à 5 filles blondes, alors que 4 sœurs brunes ne sont pas atteintes. Existe-t-il un parallélisme entre l’hérédité de certains caractères évidents, tels que la coloration des yeux ou des cheveux et l’hérédité diabétique ? Les statistiques publiées par Joslin, par Maddox, semblent bien montrer qu’il ne faut voir là que des curiosités dont on ne peut tirer argument.

Plus intéressant nous paraît être l'étude des groupes sanguins, dans les familles de diabétiques. Peutêtre ces recherches, faites d’une façon systématique, permettront-elles d'apporter des précisions nouvelle:.

Partant des lois de Mendel, et considérant que la distribution héréditaire du diabète semble s’opérer comme celle d’un caractère récessif, Hogben, faisant

intervenir des tables de correction et de variabilité, établit des formules complètes. Il arrive ainsi mathématiquement à des règles de probabilités voisines de celles établies d’une façon analogue par Allan et Joslin. Allan établit que si un des parents présente un diabète de caractère récessif, les enfants, dans une proportion de 10,6 %, devraient être diabétiques si l'incidence générale est 1,4 comme l’admet Joslin dans ses tables. Vérifiant ensuite ses données mathématiques par l’étude de ses statistiques, portant sur 143 enfants ayant un diabétique parmi leurs collatéraux, il trouve 17 diabétiques, soit une proportion de 12 %. Maddox et Mad. Scott publient des chiffres assez voisins. Sur 632 enfants, 66 sont atteints, soit une proporton de 10,4 %. Dans un autre groupe de 412 enfants, 51 sont atteints, soit une proportion de 12,3 %. Ainsi, l'étude des lois de Mendel permettrait de prévoir mathématiquement avec une approximation suffisante la proportion des diabètes héréditaires dans certaines conditions. Nous ne voulons pas voir là une règle absolue, il nous semble difficile, même par des spéculations mathématiques savantes comme celles de Hogben, d'établir des règles de probabilité. Nos investigations ne portent, en général, que sur un nombre relativement restreint de cas intéressants de quelques générations ; il est évident que de nombreux aspects du problème nous échappent. Aussi ne retiendrons-nous pas ces travaux dans l’étude du pronostic héréditaire du diabète.

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